The Rapture

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Rencontre avec Luke Jenner lors du passage à la Route du Rock de The Rapture, fin prêts à enflammer la piste de danse.

The Rapture a ce pouvoir de créer des bombes dansantes avec un naturel déconcertant, la voix de Luke Jenner cotôyant des cimes d’aigus sans qu’on s’en offusque le moins du monde. Plus trop de nouvelles depuis l’album Pieces Of The People We Love sorti en 2006 et ses tubes Gonna Get Myself Into It, The Devil ou Don’t Gon Do It, c’est dire si l’attente commence à se faire sentir. La surprise devrait arriver en début d’année prochaine confiait le groupe en conférence de presse à la Route du Rock, juste avant qu’on retrouve Luke en interview : on cause production, Flaming Lips et religion.

Quatre ans sont passés depuis la sortie de Pieces Of The People We Love. Qu’en penses tu avec le recul ?

Luke Jenner : Depuis cet album, ma mère est morte, mon fils est né, Matt a quitté le groupe…beaucoup de choses se sont passées dans ma vie et je suis vraiment content d’être désormais de l’autre côté de tout ce changement. Ça a été difficile. C’était bien d’avoir du boulot, quand ces choses se sont passées. Dans ce cas là on a beaucoup de sentiments et c’est bien d’avoir un projet (Rires).

Vous avez un label, Throne Of Blood, comment ça a commencé et quel genre de musique y paraît ?

Pour l’instant ce sont surtout des amis, c’est un ami DJ à nous qui s’en occupe, James Friedman. C’est surtout de la dance music, plutôt nerd et spécifique.

Ça vous inspire pour votre propre musique ?

On a créé le label pour sortir des vinyles de remixes notre album quand personne ne voulait plus y mettre d’argent, c’était aussi un moyen de faire ça pour nous.

Vous enregistrez actuellement votre prochain album avec Philippe Zdar, comment l’avez-vous rencontré ?

Nous voulions travailler avec lui depuis longtemps. Quand nous sommes allés en Australie pour faire quelques concerts en novembre dernier, nous avons passé pas mal de temps avec Pedro Winter, le manager d’Ed Banger, il habite près de chez Philippe et ils se connaissent depuis longtemps. On lui a demandé avec qui on devrait faire l’album et il nous a conseillé de le faire avec Philippe. Il l’a appelé et c’était bon.

Tu as aimé le dernier album de Phoenix, qu’il a également produit ?

Oui j’ai vraiment aimé cet album, je n’écoute pas beaucoup de musiques actuelles d’habitude.

Quelles directions vous a donné Zdar ?

On avait trop de son, il nous a aidé à nous concentrer. On avait une palette trop large et il a  pu nous dire « voici le meilleur ». Il a sélectionné les choses les plus chaudes, les plus positives.

J’ai entendu dire que le son serait plus soul ?

Je ne sais pas, c’est une façon de le décrire. Il n’y pas de balades dessus ou de choses comme ça mais pour moi, en tant que songwriter, je suis un peu retourné à la mort de ma mère, la naissance de mon fils, il y a beaucoup d’émotions, c’est plus direct.

Vous n’avez pas de label pour cet album pour l‘instant ?

On a quelques options, ce n’est pas encore sûr, mais on saura dans les prochains mois.

Vous allez clôturer le festival, comment le sens-tu ?

Je sais pas, on va passer après les Flaming Lips, après les confettis, la boule de hamster. On a parlé avec Wayne, on le connaît depuis quelques temps. Je me souviens, quand les Strokes ont dû jouer après les Beastie Boys…ce n’était pas bon (Rires) ! Les Flaming Lips sont un groupe légendaire, je pense que ça ira pour notre concert mais à mon avis ils vont emporter la scène (Rires) ! On ne peut pas se comparer, on n’a qu’un album encensé dans le monde, ils en ont au moins cinq. Mais ils sont cools. Je peux au moins dire ça.

Je pense que les gens seront au contraires encore motivés après le concert et que ce sera cool…

J’aime ton attitude ! (Rires)

Vous n’avez pas beaucoup joué ces derniers temps, seulement Cannes il y a quelques jours et l’Australie en novembre ?

On n’a pas fait grand-chose, on a eu de bonnes offres pour jouer donc on est venus mais on ne promeut rien, donc il n’y a pas de raison de jouer beaucoup de concerts. Les gens savaient qu’on étaient disponibles pour jouer, mais il n’y a pas vraiment d’intérêt pour ça pour le moment.

Vous n’allez donc pas jouer de nouveaux titres ?

Non, en tant que fan, surtout dans les grands festivals, on n’a pas vraiment envie d’entendre de nouvelles chansons. Les gens veulent faire la fête et on ne peut pas vraiment faire la fête sur quelque chose qu’on n’a jamais entendu avant. (Rires)

Si tu n’écoutes pas beaucoup d’albums récents, qu’écoutes-tu alors ?

Entre ces deux albums, j’ai rejoint une chorale, et j’écoute beaucoup de musique classique. J’ai écouté aussi pas mal de soul music des 50’s et des 60’s, du gospel.

Tu vas en écouter dans les églises, parfois ?

Ce n’est plus comme dans les 60’s. Ça a changé… on est allés à Saint-Malo hier, il y avait une chorale qui répétait dans une église, c’était très beau. Les meilleurs échos sont dans une église de toute façon. J’aime beaucoup les églises.

En Bretagne, il y a beaucoup d’églises…

Ma femme est française, elle est originaire d’Avignon, et la première chose qui m’a frappé quand j’ai été dans sa famille c’est qu’on dirait que tout est catholique. J’ai grandi aux Etats-Unis, et notamment à San Diego et Los Angeles, et ce n’est pas comme ça. C’est religieux mais pas de cette façon. La France est très catholique. C’est vraiment ce qui m’a frappé en France. En tant qu’étranger, on se rend compte de ça, j’imagine que les gens nés ici pensent « bien sûr qu’il y a des croix partout ! » (Rires)

Hmm, j’y réfléchirai…merci !

Merci et reste au sec !

Crédits photo : Eva E. Davier pour New Release

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A propos de l'auteur

Image de : Depuis 2004, Julia parcourt les festivals et les salles de concerts en quête de sensations musicales fortes et affiche un net penchant pour la scène indépendante montréalaise, le folk, l'électro et le rock. Malgré une enfance biberonnée à la culture populaire des années 90, sa bibliothèque ITunes n'affiche presque rien entre 1985 et 2000. Repêchée trois fois par le vote du public, Julia anime désormais la rubrique Musique avec Pascal et Laura. "Discordance m'a sauvée". Mon blog / Twitter

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