Immune

par Domino|
Immune. Un nom étrange, dont il est difficile de deviner l'origine au premier abord. Immune, c'est un groupe qui a su se trouver un univers paisible, aux antipodes du métal et d'autres styles bien agressif. Immune, c'est un monde posé, ou le temps ne semble pas défiler comme ailleurs et dans lequel il fait bon s’y perdre, tout comme dans Not Until Morning, ce deuxième album du groupe.

Mais avant l’analyse en détail de cette pièce musicale pleine de magie, découvrons un peu le groupe avec Martin, l’un de ses membres.

Pourrais tu nous présenter le groupe ? Comment s’est faite la rencontre, comment en êtes vous arrivés à faire de la musique ensemble.

photo-groupe-music-and-videDans Immune nous sommes 4 personnes : Jean Sébastien, son frère Julien, Garry qui est le chanteur, et moi même. Tout a commencé un beau jour de septembre. Jean Sébastien et moi étions ensemble au collège, et n’étions pas forcément très amis. Un jour, nous nous sommes croisés par hasard à la Fnac, et nous nous sommes rendus compte que nous regardions les mêmes CDs. Comme quoi la Fnac fait bien les choses. A partir de là, on a commencé à faire de la musique ensemble.

Après les années passant, Jean Sébastien a commencé à faire de la musique plus sérieusement. Il a d’ailleurs fait un album seul en 1999 sous le nom de Yawn . Et c’est donc après cela qu’il a eu envie de donner à son projet une nouvelle dimension, et il a appelé son vieux copain Martin . On a alors commencé à bosser ensemble, puis on s’est mis à la recherche d’un chanteur. Un ami commun nous a présenté Garry, puis Julien le frère de Jean Sébastien nous a également rejoint. On a donc commencé à faire des choses ensemble. On peut dire en gros que ça a commencé vraiment en 2001.

Et donc depuis 2001, qu’a t’on fait ? Et bien pas grand chose en fait ( rires ). On a fait un premier disque du nom de Sound Inside qui est sorti en 2006 sur un label belge du nom de Stilll (avec trois l oui), qui est spécialisé dans l’électro, ce qui nous convenait bien parce qu’il y avait pas mal de choses un peu électro sur ce premier album. Il a donc mis beaucoup de temps à sortir, car entre temps on a mis des morceaux sur des compiles… On a aussi fait quelques concerts, ce qui est assez compliqué pour nous, car nous venons de 4 villes différentes et pas vraiment proches.

Juste après la sortie de Sound Inside on s’est mis à travailler sur ce nouvel album qui nous a pris pas mal de temps. Jean Sébastien est à Lyon, Julien à Dijon, Garry à Angoulême, Moi à Paris. C’est forcement assez difficile de se réunir, donc c’est surtout Jean Sébastien et moi qui nous retrouvions pour bosser ensemble, les autres venant se greffer après. En fait, on va dire que la base de travail c’est Jean Sébastien et moi, même s’il faut mettre également beaucoup en avant le travail de Garry, qui est le chanteur et qui, comme tout les chanteurs a un ego incroyable. On pourrait par exemple parler de sa voix soyeuse et caressante, qui installe une ambiance ouatée, nous rappelant les souvenirs d’un autre temps. ( rires )

Combien de temps a pris la composition de ce nouvel album ? De quelle manière ça s’est passée ?

728875210_lEt bien, ça a quand même pris pas mal de temps il faut l’avouer. Je ne sais pas si ça se sent vraiment, mais c’est un album ou il y en a un peu partout. Comme nous ne sommes pas vraiment de grands songwriters, c’est une manière de compenser. Par exemple ça part toujours d’une boucle de guitare très simple, ou alors d’une boucle de piano. Et après tout se joue sur l’enchevêtrement, pour créer une ambiance. Ce sont des morceaux qui sont très étirés, où tout prends le temps de se mettre en place au fur et a mesure. D’ailleurs on peut dire que ce sont des morceaux où les gens peuvent éventuellement se faire chier. Mais ça je n’aurais pas dû le dire parce que pour la promo, c’est très moyen… Donc je n’ai rien dis en fait…

Mais bon pour être sérieux, l’esprit est vraiment quelque chose de très simple à la base. Par exemple, un arpège qui tourne, un riff et après on vient rajouter plein de choses au dessus. Il y avait aussi un parti pris qui était de toujours s’appuyer sur des instruments organiques. Il y a de la vraie batterie, de la vraie guitare sèche…. Mais tout ça a été traité de manière électronique. Par exemple si on a un morceau de 8 minutes, l’arpège est mis en boucle, la batterie aussi et donc on vient faire des superpositions de tous ces éléments.

C’est un parti pris, car comme on n’est pas de très grands musiciens, c’est assez difficile pour moi de faire exactement le même arpège pendant 8 minutes… ( rires ). Bon après concernant les superpositions, on n’en fait pas trop car il faut que ça reste accessible quand même. Mais dans les faits purs, c’est comme cela que ça a été traité.

Je vois oui, et donc tu me disais que le premier album était plus électronique. Tu peux nous parler un peu des références/influences du premier album et du deuxième album ?

En effet, le premier album avait une tendance électro pop, avec un coté déjà étiré. Mais peut être avec plus de fond, avec une véritable recherche de planant. Pour le premier album, si on devait prendre des références pour cet album, ça serait plus Marc Hollis, Hank, tout ces groupes qui font attention à avoir un son très pur, mais sans se perdre dans l’esbroufe. Néanmoins, il y avait déjà dans le premier un coté acoustique, mais moins marqué. Après le groupe qui traverse vraiment les deux albums au niveau de l’influence qu’ils ont pu avoir sur nous, c’est Hood . Ça c’est la référence absolue, faut le dire parce que c’est le groupe préféré de Jean Sébastien quand même. Ne serait-ce qu’au niveau de la production, ça nous a beaucoup influencé. C’est une musique simple, fondée sur des arpèges très simples, tout en ayant une production qui est très léchée. Forcément, comme ils ont plus de moyens, ils peuvent plus s’investir dans la qualité du son, avec toujours la recherche de la petite boucle qui fait la différence. Le genre qui ne va faire tripper que les gens qui font de la musique. Tu vas écouter au casque, et tu vas te dire  » Oh punaise à droite, y a eu un truc, oh punaise, là il y a 3 guitares qui viennent d’un coup « . Tu vois l’idée… C’est un peu ça qu’on a essayé de faire… On s’amuse comme on peut hein… ( rires )

Donc on parlait de production, au niveau de la mise en place de l’album, ça c’est passé comment?

Déjà sur ce deuxième disque, on a essayé d’avoir un meilleur son, car le premier a quand mémés été fait assez à l’arrache, avec des morceaux enregistrés sur un 8 pistes, d’autres qui avaient commencé à être enregistrés en studio. Et au final le tout était loin d’être uniforme. Personnellement je pense qu’il y avait des morceaux qui n’étaient pas mal, mais qui péchaient vraiment par la qualité du son qui était loin d’être top. Le deuxième disque lui, a été entièrement fait en home studio avec notre matériel à nous, mais toujours avec le même matériel, pour chercher une vrai cohérence au niveau du son. Le premier album, on peut vraiment le voir, comme une collection de chansons assez disparates dans le son et les ambiances. Alors que le nouveau a vraiment été pensé comme un tout.

C’est vrai qu’à l’écoute de l’album, j’avais presque l’impression d’assister à une histoire… Tout a donc été vu comme ça ?

728876045_lOui car il devait y avoir une cohérence minimale dans le son en enregistrant par exemple dans des périodes concentrées dans le temps. Par exemple, on a essayé d’enregistrer 5 jours de suite. Ça peut paraitre très con vu comme ça, mais quand tu fais ça, au bout d’un moment, tu viens à faire vraiment corps avec tes morceaux. Quand tu travailles un week-end ici et là, t’as pas le temps d’assimiler la chose. Mais comme là les morceaux sont plus longs, fallait qu’on vienne s’adapter à la chose, impossible de les travailler dans un laps de temps plus court. C’est des choix qui peuvent paraitre cons, mais quand tu fais ça, tu peux vraiment bosser ta musique.

Après il y avait aussi des choix en termes d’instruments, on voulait qu’il y ait de la vraie batterie, alors que sur le précédent, c’était des boites à rythmes. On ne voulait plus de guitares avec du delay, on voulait des sons d’orgues, on voulait donner plus d’importance à la basse. Là encore, ça peut paraitre bête, mais c’est comme ça que commence un album, en faisant tes choix. On voulait aussi un coté plus boisé, un coté rampant, donc on a pris de l’orgue. On ne voulait plus d’électro, donc on est revenu à des guitares classiques. On voulait aussi avoir des sons de cuivres, donc on l’a fait avec une direction bien définie.

Et oui, il y avait une vraie unité à la base. Une fois que cette base a été définie, on s’est mis au travail avec Jean Sébastien, sur quoi Garry est venu poser son chant, et après selon ses propositions on a retravaillé la chose. A moins bien sûr qu’il colle de suite à l’esprit du morceau, ce qui évidemment, se produit tout le temps. ( rires )

Qui écrit les paroles ? Garry ?

Pour cet album, Garry en a fait, j’en ai fait moi même, et on en a même fait à deux ? Ce ne sont pas des paroles dans lesquelles il faut aller chercher de grands messages. Je ne sais même pas si c’est intéressant de développer ce point. Généralement, il y a la démo de la chanson, Garry chante en yaourt, et après on essaye de trouver des mots qui s’adaptent à la musique. Il y a quand même des textes qui ont vraiment un sens, mais pas de thématiques particulières de développées. Bien sûr je pourrais te répondre en évoquant un texte précis, de se poser là et de te dire (prends un voix grave et sérieuse)  » Oui, cette chanson vient traiter du thème profond de…  » Et d’un autre coté, je ne veux pas tomber non plus dans le truc  » Oui nous, on cherche la sonorité des mots, à recréer une harmonie intérieure au sein des lyrics « , donc bon… ( rires )

En dehors des groupes qui vous inspirent, avez vous eu des influences plus cinématographiques ?

728868946_lCertainement. Mais te dire lesquelles c’est autre chose… Jean Sébastien a fait des études de cinéma et pour son mémoire de fac, il avait fait un film dont il avait composé la musique avec son frère. C’était un film assez contemplatif, tourné en super 8, avec beaucoup de plans très lents, dans lesquels la caméra bougeait à peine, et où finalement il se passait peu de choses, mais en même temps, il se passait plein de choses. C’est à dire que, quand tu fais ça, le moindre petit mouvement parait tout de suite très important et donc c’est clair que oui, Jean Sébastien baigne dans un univers visuel. Et cet aspect va naturellement se traduire dans la musique d’ Immune .

Si le morceau dure 6 minutes, il faut accepter que pendant 3 minutes, il y ait une base qui se pose lentement. Et si là on considère que la musique c’est uniquement fait pour danser et s’éclater, cela ne marchera pas du tout. On ne peut pas écouter tout le temps

Madonna

non plus..

C’est vrai que, de par le travail par couches, l’album a un caractère qui nous pousse à vraiment se poser pour apprécier.

Voilà. Et donc nous on a multiplié les arrangements pour cette raison. C’est ce que j’aime quand j’écoute un disque, de trouver au fur et a mesure des écoutes des éléments que je n’avais pas entendu avant. Exactement comme un album de Marc Hollis sorti en 1998. C’est un peu paradoxal avec la musique : il y a coté très vaporeux, qui ferait presque berceuse, mais en même temps si tu te concentres dessus, il y a plein de choses à découvrir. T’as l’impression que c’est un album hyper silencieux, où il se passe peu de chose, tu vas lui trouver des vertus apaisantes et si tu l’écoutes vraiment en détail, tu es fasciné par la pureté des sons et des choses que tu n’avais pas entendu avant. Il y a vraiment deux cotés, le coté relâché et le coté sophistiqué. Je ne suis pas en train de dire que notre musique est très sophistiquée mais j’ai le sentiment qu’à l’écoute, il se passe quelque chose.

Pour retourner sur la question du cinéma, nous on va beaucoup aimer un gars comme Tarkovski forcément, pour le coté très lent, très spirituel… C’est un cinéaste russe très célèbre pour ses plans séquences. Tout à fait le genre de films ou on réfléchit sur le rapport profond que l’Homme établit avec la Nature et avec Dieu. C’est une question qu’on se pose au quotidien, n’est ce pas ? ( rires )

Et donc c’est vrai que certains morceaux pourraient être considérés comme les bandes sons de ce genre de films. Mais la encore on ne se dit pas qu’on est en train de faire une B.O. mais c’est a posteriori que tu réalises ça. Autant tu pourrais faire le choix musical d’un concept, autant là ça vient par hasard. Si tu cherches à faire telles choses dès le départ, tu te bloques. Il ne faut pas se dire d’entrée:  » Tiens on va faire un album évanescent « , il vaut mieux se le dire après.

Comment se passe votre jeu sur scène ?

728874028_lC’est quelque chose de très compliqué au point de vue logistique. Comme on habite loin des autres, quand on doit répéter, on prévoit cela 3 mois à l’avance. Avant à l’époque de Sound Inside, on a fait un certain nombre de concerts car on était à peu près rattaché à Dijon. On a donné notre premier concert en première partie d’un artiste qu’on adore qui s’appelle Matt Eliott et on a fait également la première partie de Bed . Pour les morceaux du premier album, on s’appuyait beaucoup sur des séquences programmées. Concrètement tu as un ordi qui tourne, tu as le batteur qui joue au casque avec un clic, ce n’est pas très … sexy ( rires ). Mais ça permet que tout vienne au bon moment, sachant que tout ce qu’on voulait faire, c’était donner un minimum de densité à la chose et cela peut passer par plein de choses.

Mais avec le nouveau disque on va s’essayer de s’appuyer moins sur ça, car comme il a un coté plus organique, et comme le coté « séquences » reste un peu suspect du point de vue éthique, car ce n’est pas toi qui joue et qu’il faut quand même que le concert reste une « performance ». Ce qu’on essaye aussi de faire, c’est de compenser par une projection de film derrière nous, qui est le film de Jean Sébastien dont je parlais plus haut. Il s’appelle Head Light .

C’est quelque chose qui est assez en raccord avec qu’on fait, et comme on ne cherche pas à se mettre en avant dans le live, mais plutôt à créer une atmosphère à la fois paisible et avec un minimum d’intensité, ça convient vraiment. Cela dépasse même la performance de 4 mecs qui jouent ensemble. Le film permet d’aller du concert à une performance globale qui englobe à la fois l’image et la musique.

C’est comme quand U2 joue devant 80000 personnes et qu’il y a plein d’écrans partout pour un show incroyable. ( rires ) Non sérieusement, on va à l’essentiel sur scène, là où sur le disque t’as 7 arpèges de guitares, en live il n’y en aura qu’un, le plus marquant. Au fond, ça fait ressortir l’aspect nu de la chose, ce n’est pas désagréable

Mais pour résumer, pour nous, les concerts sont très compliqués, et c’est pour cela qu’on est à la recherche d’autres moyens de promouvoir notre musique.

Cela pourrait éventuellement passer par des side projects ?

l_6c41caa143a4d2e69e6f43a21bbbbd0bVoilà. Julien et Jean Sébastien ont d’ailleurs un projet parallèle qui se nomme Recorded Home . A la base, c’est un blog que Jean Sébastien avait fait avec un photographe. Il prenait une photo et Jean Sébastien faisait une sorte d’instantanée de musique par dessus. C’était quelque chose de principalement instrumental avec un parti pris lo-fi .
Jean Sébastien a donc tiré de ce projet, un album que les lecteurs de Discordance peuvent acheter par exemple. ( rires ) Il a également voulu lui donner un prolongement sur scène, et on peut dire que d’une certaine manière cela se substitue à Immune . Dans Recorded Home ils sont trois, dont deux Immune . C’est une organisation plus souple qui leur permet de faire plus de dates. La promo d’ Immune peut passer par là, ce ne sont pas les mêmes morceaux, mais c’est le même esprit. Avec encore la dimension des vidéos…

Parmi les autres projets dont je pourrais parler, on essaye de bosser sur l’illustration sonore. On collabore avec une boite qui s’appelle Justement Music et qui font des compiles du genre, compiles ambiant, compiles rock. On fait des morceaux spéciaux pour eux, ils mettent cela sur des compilations, pour ensuite démarcher des gens qui font de la pub. Cela nous permet d’avoir une approche différente de notre musique et de composer des choses qu’on n’aurait pas forcément composées. Par exemple, ils ont fait une compiles pop, et on a donc fait des morceaux qui donnaient envie de danser, ce qui est assez éloigné de ce qu’on fait. C’est intéressant parce que ça nous force à réinvestir notre petit savoir faire dans des styles de musiques nouveaux et en même temps ça permet de gagner de l’argent.

Parce qu’il faut savoir que quand tu fais de la musique comme nous, tu ne peux pas t’attendre à devenir riche ( rires ). Quand tu fais de la musique, pour en vivre, soit tu fais du commercial, soit tu fais des concerts, soit tu trouves autre chose. Il n’y a pas 36 solutions, mais bon c’est loin d’être une fatalité aussi. Il y a quand même tout le coté orfèvre qui est plus que plaisant.

On va terminer en évoquant vos projets futurs.

C’est assez flou encore. On aimerait donner plus d’intensité à notre musique, et pas uniquement en live, mais aussi en studio, faire des choses plus rythmées car pour l’instant c’est très feutré. Et au bout d’un moment, il faut avouer que cela nous épuise un peu… Quand je réécoute l’album, je me dis qu’il y a peut être trop d’arrangements. Parfois un seul arrangement bien mis en avant peut faire la différence. Peut être que le mixage est un peu plat, que rien ne ressort vraiment. On aimerait aller vers du plus brut, du plus rapide, plus rythmé, en privilégiant un coté saillant.

Après en termes de compositions, ça pourrait rester quand même un peu mélancolique, voir un peu dépressif parfois. Même si on ne l’est pas dans la vie… Enfin en tout cas pas moi. En gros, il faut que nous capitalisions sur ce qu’on a fait, pour casser ce coté trop propret de notre musique. D’ailleurs on a déjà essayé de le faire sur les derniers morceaux de l’album, avec une sorte de déluge de batterie sur la fin. C’est un peu une manière d’annoncer ce qui viendra pour le groupe.

Not Until Morning

l_2f0e556c49819703527221131d166ad3-2Et en attendant de ce qu’il adviendra du groupe, il serait sage de se pencher sur ce deuxième album. Not Until Morning pourrait se définir comme un joli voyage, une plongée lente et douce dans un univers de rêve, de mélancolie. Hello débute l’album en venant nous chercher langoureusement… Le morceau, étiré, assez lent, constitue une mise en bouche parfaite.

Au bout de six premières minutes et après une douce et relative apothéose, le morceau se termine, nous laissent en attente de la suite. Les atmosphères vaporeuses se suivent alors, installant un climax qu’on pourrait qualifier d’intrigantes rêveries. Les images se succèdent, le temps ne semble plus avoir d’importance.

Si les morceaux d’ Immune sont effectivement lents, ils ne sont en aucun cas chiants. Et ce n’est qu’une fois confortablement installé, le casque sur les oreilles, les yeux fermés ou bien encore perdu dans la contemplation un paysage, que l’univers d’ Immune saura se faire apprécier. Martin n’a pas menti, la voix de Garry semble sortir d’un autre temps, particulièrement sur Misplaced … Un titre qui nous donne l’impression d’assister à un conte, à une histoire lointaine et impalpable.

Et l’album se déroule encore, toujours avec cette sensation de planer, tout en s’arrêtant ici et là sur quelques titres en particulier.

Recorded Home, possible référence à un autre aspect de l’univers d’ Immune .

Slow Backwards, et ses percussions hypnotiques en arrière fond.

Le final sur When We Faint, et son atmosphère délicieusement feutrée qui nous laisse redescendre sur Terre doucement…

Comme si le générique de fin se déroulait devant nos yeux…

Not Until Morning est un album doté d’un charme terriblement subtil. Tout en douceur, en retenue, et en intelligence, ces 8 titres sont à conseiller à un public patient, contemplatif, mais c’est un univers qui mérite également que d’autres oreilles s’y attardent, car il serait tellement dommage de se refuser un tel voyage.

A ceux qui tenteront l’aventure, je promets une belle histoire…

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