I’m F*ckin’ Seth Rogen !

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Alors que sort sur nos écrans le dernier film du frenchy Michel Gondry, THE GREEN HORNET, petit retour sur le phénomène comique US de ces dernières années.

Méga-star outre-Atlantique, il est pourtant méconnu dans nos contrées. Plus pour longtemps. Welcome, Mister Rogen.

Little Seth deviendra grand

Seth Rogen est un comique, acteur, scénariste et producteur canadien, né le 15 avril 1982 à Vancouver. Dès l’âge de 13 ans, il improvise sur scène, dans un genre typiquement américain, le stand-up[1]. Très vite, il est repéré aux États-Unis, où il a déménagé à ses 16 ans, notamment par celui dont sa carrière est désormais indissociable, le producteur-scénariste-réalisateur et grand manitou Judd Apatow. En à peine douze ans, le comédien devient un acteur renommé et un emblème de la nouvelle génération comique américaine. À l’instar de Jim Carrey ou Ben Stiller avant lui, il devient la nouvelle star du cinéma comique hollywoodien.

Cependant, il y a de grandes différences entre Seth Rogen et les autres acteurs auxquels il vole la vedette. Outre son origine non étatsunienne, et sa voix au léger accent canadien, Rogen se démarque avant tout par son physique. Plus proche de l’ours que gendre parfait, comme peuvent l’être Carrey ou Stiller, le physique du bonhomme en « légère surcharge pondérale » détonne dans cet univers stéréotypé ; mais cet univers, et c’est bien là la deuxième différence notable, Rogen n’y appartient finalement pas : contrairement à Jim Carrey ou Ben Stiller toujours, mais aussi à la très grande majorité des comiques actuels aux États-Unis, Seth Rogen n’est pas issu de la télévision américaine. Grandes révélatrices de comiques, des émissions comme le Saturday Night Live sont les réserves inépuisables depuis maintenant plus de trente ans de ces acteurs qui font rire de l’autre côté de l’Atlantique[2]. Seth Rogen, lui, n’a que son expérience sur scène lorsqu’il arrive enfin sur les grands écrans.

Deux critères qui démarquent un premier temps le comédien. Pourtant, ces deux seuls aspects ne peuvent justifier ce statut qu’occupe Rogen. Pour cela, il ne faut pas se pencher sur ce qu’il est – ou n’est pas –, mais bien plus sur ce qu’il incarne.

Mister Rogen (por favor !)

Image de En 1999, à l’âge de 17 ans, il est engagé pour jouer le rôle du freak Ken Miller dans la série Freaks & Geeks, créée par Paul Feig. La série ne marche pas, et est arrêtée au bout de la première saison. Mais elle sera décisive pour Seth Rogen. Déjà, il tourne avec Jason Segel, qui deviendra un de ses amis les plus proches à la ville et avec qui il partagera quelques futurs films, ainsi que James Franco. Mais surtout, c’est lors du tournage de la série qu’il fait la connaissance de Judd Apatow, alors producteur, scénariste et réalisateur du show. Cette rencontre s’avère primordiale pour la carrière de Seth Rogen, qui deviendra « le Jean-Pierre Léaud » d’Apatow[3]. Deux plus tard, ce même Apatow embauchera Rogen pour un des personnages principaux d’un nouveau show, dont il est cette fois le créateur, Les Années Campus. Mais cette nouvelle série subira le même sort que Freaks & Geeks, arrêtée elle aussi au terme de sa première saison[4].

Il faudra attendre 2005 pour vraiment voir Seth Rogen au cinéma, dans un second rôle important. Dans 40 ans, toujours puceau, qui est aussi le premier long-métrage réalisé par Apatow, Seth Rogen incarne le bedonnant et tatoué Cal, ami et collègue de travail d’Andy Stitzer, qui souffre d’une virginité malgré son âge un peu avancé. Le film est un énorme succès critique et commercial aux États-Unis, rapportant plus de 100.000.000 de dollars de bénéfices, et étant nommé dans le Top 10 de l’année par l’AFI. Avec 40 ans toujours puceau se révèle donc Seth Rogen – mais aussi Steve Carell, splendide dans son rôle de puceau geek et complexé, au jeu « keatonnien ». Face à ce succès, Judd Apatow enchaine vite avec son deuxième film en tant que réalisateur. Ce sera En cloque, mode d’emploi, où le cinéaste offre le premier rôle à son ami Seth Rogen : c’est la consécration. Le film est encore une fois un succès, rapportant cette fois près de 150.000.000 de dollars de bénéfices, et figure encore une fois dans nombre de classement des meilleurs films de l’année 2007. Seth Rogen, avec En cloque, mode d’emploi, n’est désormais plus un simple second rôle, mais devient une véritable vedette de la comédie américaine contemporaine.

S’ensuit alors une multitude d’apparitions, de caméos, de clins d’œil et de seconds rôles dans des comédies, des sketchs ou des vidéos sur Internet[5], autre lieu incontournable du rire américain. Après être apparu dans l’hilarant Anchorman : La légende de Ron Burgundy (Adam McKay, 2004), il réitère dans Frangins malgré eux (Adam McKay, 2008) ou Fanboys (Kyle Newman, 2008) ; il prête sa voix si particulière à nombre de films d’animation, comme Shrek le Troisième (Chris Miller et Raman Hui, 2007), Horton (Jimmy Hayward et Steve Martino, 2008), Kung Fu Panda (Mark Osborne et John Stevenson, 2008) ou encore Monstres contre Aliens (Conrad Vernon, 2009). Des cinéastes-auteurs, comme Kevin Smith, ancienne gloire de la comédie américaine des années 90[6], font appel à lui. Si Zack & Miri make a porno (2008) porte bien la patte de Smith, la figure de Rogen (qui campe Zack) attire indéniablement le film vers les comédies d’Apatow, nouveau « King of comedy » des années 2000…

Mais Seth Rogen n’est pas simplement un acteur comique. S’il produit aussi beaucoup des films auxquels il participe, il gagne surtout en reconnaissance en tant que scénariste. Si en solo, il signe le script de Drillbit Taylor, le premier faux pas de l’Apatow-team, il est néanmoins le coscénariste, avec son ami d’enfance Evan Goldberg, de deux des plus importantes comédies de la décennie : Supergrave (Greg Mottola, 2007) et Délire Express (David Gordon Green, 2008) – toutes les deux produites par Rogen et Apatow. Les deux films ont un énorme retentissement, toujours public et critique. En France, où tous ses films ne sont que peu distribués, des journalistes comme Jacky Goldberg des Inrocks ou Jérémie Couston et Aurélien Ferenczi de Télérama sont d’occasionnels ou de fervents défenseurs de ce cinéma. À propos des deux scénarios de Rogen, Couston parlera d’un « équivalent sur écran de ces soirées entre copains qu’on voudrait ne jamais voir s’achever [7] » (Délire Express) ou d’un « regard lucide et plutôt désabusé sur l’adolescence[8] » (Supergrave). Notons aussi que Rogen joue dans ces films : un cultissime second rôle de policier un poil attardé dans Supergrave, ou le premier rôle (au côté de James Franco, qu’il retrouve après Freaks & Geeks) dans Délire Express.

Le meilleur ami de l’homme, ou la force du bisounours.

Image de Si Seth Rogen est devenu si populaire, au vu des succès des films auxquels il participe, c’est bel et bien qu’il incarne quelque chose. Lors de la master-class organisé à la Fnac de Paris Montparnasse le 3 septembre 2009 à l’occasion de la sortie de son troisième film Funny People – où Rogen a le premier rôle aux côtés d’Adam SandlerJudd Apatow lancera à un public acquis que « grâce à [lui], des mecs comme vous peuvent enfin faire l’amour[9] ». Pourtant, celui qui incarne le mieux le cinéma d’Apatow, que ce soit ce qu’il réalise, qu’il écrit ou qu’il produit, c’est bel et bien Seth Rogen, l’acteur le plus présent dans la filmographie du cinéaste. Mais Rogen n’a physiquement rien de très glamour, et comme il le fait dire à son personnage dans 40 ans toujours puceau, « I am ugly as fuck by traditional standards[10] ». Mais cette disgrâce physique est bien un des critères du cinéma d’Apatow. Dans En cloque mode d’emploi, Ben Stone, qu’incarne Seth Rogen, un chômeur en collocation avec ses amis, tous glandeurs et fumeurs de drogues douces, couche avec Alison, une belle animatrice carriériste et pleine d’ambition. Cette dernière tombera enceinte et décidera de garder l’enfant. Pour le futur de leur enfant, Ben et Alison décident de tenter une histoire plus sérieuse entre eux. Toute l’image de la persona de Seth Rogen se trouve dans ce film. Sûr, le couple résistera aux chocs des cultures et le film se clôturera sur une happy-end prévisible. Mais la figure du geek ou du freak qu’ont installé en maintenant douze ans Apatow et Rogen est bien présente : dans le film, c’est la victoire de ce personnage. Même gros, laid ou socialement borderline, « l’homo-apatow[11] » (et donc son spectateur) peut coucher, et ce, même avec de jolies filles. C’est là la première identification possible à Seth Rogen. Plus besoin d’être présentable pour attraper filles et public.

Une deuxième identification est possible avec Seth Rogen et son public : celle de la figure du meilleur ami. Si face aux femmes, le personnage de Rogen lutte, mais vainc, il ne combat que très peu face aux autres personnages masculins. Sa silhouette de nounours grossier, mais drôle, grand-gueule, mais charmeur, fait de lui le camarade sur lequel on pourra toujours compter. Dans 40 ans toujours puceau, malgré son aspect de fan d’hard-rock, il est celui qui semble donner les meilleurs conseils à Andy, face à ceux trop connotés sexuellement de Jay (Romany Malco) ou ceux trop dépressif-suicidaire de David (Paul Rudd, autre grande figure du cinéma d’Apatow). Dans Funny People, Ira, le personnage de Seth Rogen, est engagé par George Simmons (Adam Sandler) pour lui écrire des sketchs. Son travail ira bien plus loin, Ira devenant au fur et à mesure du film un semblant de baby-sitter puis le meilleur (car le seul) ami de George. Dans Funny People, Seth Rogen incarne à merveille cet ami presque parfait : il écrit pour George, le borde, l’accompagne partout et inconsciemment, par son idolâtrie, lui flatte son égo. Au final du film, c’est aussi grâce à son ami Ira que George se rachètera, à ses propres yeux, celui d’Ira, ainsi que ceux des spectateurs. Seth Rogen est l’ami rêvé.

Image de Zack and Miri Make a Porno Une troisième identification est encore possible avec ses personnages. Dans la plupart de ses films, Seth Rogen a la réplique facile et tranchante, quasiment toujours hilarante. Même lorsqu’il est sentimentalement, physiquement ou socialement perdu, le personnage de Seth Rogen aura toujours le bon mot, le bon geste, la bonne attitude. Dans la plupart de ses films, Seth Rogen incarne le freak détendu, fumeur de cannabis sans être un drogué, chômeur sans être un poids pour la société, futur père en restant adolescent… Dans Délire Express, parodie tarantinesque du film d’action à la buddy-movie, il est Dale Denton, employé d’un cabinet d’avocat qui sort avec une lycéenne. Après être témoin d’un meurtre, il doit s’unir avec son vendeur de drogue pour échapper à une horde de tueurs à leur trousse. Toujours stone tout le long du film, le personnage de Rogen peut néanmoins s’offrir une véritable histoire d’amitié avec son dealer. Dans Zack & Miri make a porno, il est le colocataire et le meilleur ami de Miri, une magnifique blonde sentimentalement désespérée. C’est lui qui lui propose de tourner un film pornographique pour régler leurs dettes. Encore une fois, ses actions ne choqueront pas (ni le personnage en face, ni le public). Ses allusions grossières, son avoué penchant pour les sex-toys et les films pornographiques et son humour vaseux ne dérangent nullement sa partenaire, qui finira (forcement) par succomber au charme de son colocataire. Car ici, comme ailleurs, Seth Rogen incarne le stéréotype du cool guy.

C’est cette triple identification, celle du disgracieux assumé, du meilleur ami idéal et du compatriote détendu, développée tout au long de sa filmographie, qu’incarne véritablement Seth Rogen, et qui explique au mieux ce succès auprès d’un public – certes, majoritairement masculin. Kevin Smith, à propos de Zack & Miri make a porno, dira qu’il avait écrit le rôle de Zack uniquement pour Rogen, et qu’il n’aurait pas tourné son film si ce dernier avait refusé[12]. C’est bien la preuve de la persona de Rogen : non pas qu’il joue toujours un même rôle, mais il incarne véritablement un type de personnage, reconnaissable à ces différentes identifications.

« Vous connaissez Seth Rogen ? » – « Oui, chef ! »

Il s’exerce donc une certaine métonymie entre Seth Rogen l’acteur et la plupart des rôles qu’il interprète dans ses films, ses personnages trainant d’une certaine façon le capital sympathie de ses rôles précédents, d’une cohérence rare. Engager Rogen reviendrait à engager son image, et par la même donc, son statut. Aux États-Unis, Seth Rogen a été élu l’acteur le plus rentable par le journal économique Forbes sur ces cinq dernières années, engrangeant avec près de dix films plus de 890 millions de dollars de bénéfice[13]. De plus, si l’on prend par exemple un échantillon des couvertures de magazines sur lesquelles il figure, on peut noter l’influence de l’homme. En France, en octobre 2009, il fait la couverture des Cahiers du Cinéma[14] à l’occasion de la sortie de Funny People. Malgré une critique négative du film, et d’un supposé machisme du cinéma d’Apatow, le fait que le célèbre mensuel fasse de l’acteur sa Une illustre bien une certaine crédibilité dans l’industrie ou la cinéphilie, même la plus élitiste ou « à la française[15] ». Aux États-Unis, on a pu le voir entre autres en couverture du magazine Playboy[16], preuve parfaite d’une crédibilité cette fois-ci populaire. L’homme pousse le vice plus loin, s’offrant aussi une crédibilité générationnelle lorsqu’il pose pour le magazine « glamour » Vanity Fair, habillé d’un tonneau et en compagnie des autres acteurs emblématiques des comédies d’ApatowJonah Hill, Paul Rudd et Jason Segel[17]. Encore une fois, cette trinité de l’image de Rogen fait de l’acteur-emblème plus qu’un acteur-vedette, mais bel et bien un véritable acteur-star[18].

Par ce statut, qu’il a rendu indélébile en douze ans et une vingtaine de film, Rogen semble désormais, dans son métier d’acteur, avoir accès à une aura bien particulière, lui ouvrant ainsi des voies inaccessibles à d’autres. Le meilleur exemple semble être sa participation en 2009 au film de Jody Hill, Observe And Report. Dans cette comédie noire, que son réalisateur ainsi que de nombreux critiques ou fans ont qualifié de variante comique du Taxi Driverde Scorsese[19], Seth Rogen interprète le personnage principal, un vigile de centre commercial raciste, violent, vulgaire, bourré de médicaments, psychologiquement instable et qui fantasme sur l’utilisation des armes à feu pour son métier. Dans une séquence, située à un peu plus de la moitié du film, un des collègues du mall propose à Ronnie Barnhardt (Rogen) de « décompresser ». Pour cela, les deux amis boivent, fument, sniffent et se piquent sur leur lieu de travail, tirent au Taser sur des employés, brutalisent violemment des adolescents skateurs, taguent les murs, et finiront même par tenter de cambrioler eux-mêmes le supermarché qu’ils sont censés surveiller. Cette séquence, sur-mixée et « clipée » en musique, est l’apothéose de la violence du film. Mais elle est aussi à son image : Ronnie, à ce moment-là d’Observe And Report, a déjà couché avec une alcoolique comateuse, bordé à même le sol sa mère droguée, et massacré à la matraque télescopique une demi-douzaine de loubards, après avoir sèchement insulté un enfant de douze ans.

Pourtant, cette séquence, et ainsi que tout le film ne fonctionnent que, car c’est Seth Rogen qui prête ses traits à Ronnie Barnhardt. C’est son statut triplement identifié qui permet de suivre Observe And Report (qui malheureusement risquerait de ne plaire qu’aux fans de l’acteur). C’est par les rôles passés de Rogen et son statut de star de la comédie américaine – souvent assez idéologiquement puritaine – que Ronnie Barnhardt survit. Jody Hill lui aussi avoue avoir écrit le rôle du vigile avec Seth Rogen dans la tête[20], et c’est bien dans cette optique-là : n’importe quelles autres stars, de comédies ou d’autres genres, n’auraient pu porter aussi bien son film. Et Seth Rogen peut se permettre ce jeu sur sa propre image : son détestable personnage ne vivant que par le capital sympathie de son interprète, il ne court aucun risque.

Rogen 2.0

Image de La grande question qui se pose au sujet de Seth Rogen est la suivante : comment un acteur si populaire sur son continent peut-il être mêlé à tant d’indifférence auprès d’autres publics, notamment français ? Pourtant la réponse est simple. La comédie, son genre de prédilection, apparaît comme une catégorie de films difficilement exportable : différence de culture, de référents, de coutume ou encore d’attente du public. Par exemple basée essentiellement sur le corporel, la comédie américaine se différencie de la comédie française traditionnelle, plus héritière d’un humour de théâtralité. Et lorsqu’ils sortent en France, les films dans lesquels joue Seth Rogen sont malheureusement esquintés par un doublage souvent médiocre – ce qui peut aussi justifier leur peu de temps de présence dans les salles françaises[21].

Cependant la sortie du prochain film du français Michel Gondry, dont ses précédents opus, comme Eternal sunshine of the spotless mind (2004), La Science des rêves (2005) ou Be kind, rewind (2007), avaient bénéficié d’un très bon accueil critique, cinéphile et public, tous emballés par un cinéma poétique et personnel, risque de changer les choses.The Green Hornet, adaptation sur grand écran de la célèbre série télévisée qui avait propulsé Bruce Lee au rang de star en Occident, est scénarisé par Evan Goldberg et Seth Rogen, qui tient aussi le rôle-titre. Le film mêle comédie donc, mais aussi film d’action et histoire de Justiciers super-héros, très en vogue ces dernières années. On peut parier de l’équation de tout cela sur un succès du film au box-office américain, mais aussi dans l’Hexagone, où il a le droit à un programme de promotion chargé[22]. De plus, lorsque l’on se penche sur les projets de Rogen, on aperçoit désormais beaucoup plus de drames aux côtés de ses comédies de prédilection ; sortira en 2011 Paul, de Greg Mottola– le réalisateur de Supergrave et Adventureland, mais aussi, et surtout, Live with it de Jonathan Levine et Take this waltz de Sarah Polley, deux drames, le premier sur la maladie, le second l’infidélité.

Certes, si Seth Rogen est une star outre-Atlantique, il est à parier que sa renommée ne tardera pas à arriver chez nous, et l’année 2011 pourrait bien être celle qui verra débarquer ce phénomène encore trop méconnu ici. Et ça risque d’être bon, méfiez-vous.

NOTES

[1] Né à la fin du 19ème siècle, ces « monologues comiques » consistent pour le comique d’affronter un public, seul sur scène, et sans décor, en racontant sa vie, ses tracas, ses anecdotes personnels… souvent loin d’un humour qui pourrait être engagé ou politisé. En France, Jamel Debbouze et ses jeunes poulains du Comedy Club sont les premiers à se réclamer de ce mouvement américain.

[2] Sont notamment sortis de l’école SNL, Dan Aykroyd, John Belushi, Bill Murray, Eddie Murphy, Billy Crystal, Dana Carvey, Will Ferrell, Adam Sandler, Chris Rock, Mike Myers ou Tina Fey.

[3] Jacky Goldberg, des Inrocks – interview de Judd Apatow sur www.lesinrocks.com

[4] Malgré cela, ces deux séries, notamment grâce aux renommées de Judd Apatow, Seth Rogen ou James Franco, souffrent d’une aura de culte. Elles ne sont malheureusement pas encore éditées en DVD, à cause des droits musicaux.

[5] Les plus fameuses, sur Youtube ou le site Funnyordie.com, sont I’m The Boss ou I’m F*cking Seth Rogen – où l’on voit bien ce qu’incarne Rogen : « the funniest guy in América » sans être un sex-symbol…

[6] C’est à lui que l’on doit par exemple Clerks (1994) ou Dogma (1999).

[7] Couston, Jérémie – Télérama numéro 3144

[8] Couston Jérémie – Télérama numéro 3087

[9] Voir le compte rendu de la master-class, « Un cours de séduction avec Judd Apatow » sur www.lesinrocks.com

[10] « Je suis moins sexy qu’un furoncle d’après les critères standards de beauté » dans la version française.

[11] Nicholas Elliot, dans son article « Pas drôle » dans Les Cahiers du Cinéma d’octobre 2009, numéro 649.

[12] Dans la rubrique « Trivia » sur la page du film sur www.imdb.com

[13] Sur la période 2005-2009. « Seth Rogen tops Forbes’ list of the hardest-working actors », sur www.nbcwashington.com

[14] Les Cahiers du Cinéma, numéro 649, octobre 2009.

[15] Le journal, s’il est amer face à Funny People, ne manquera pas pour autant d’affubler la personne d’Apatow comme étant l’un des 15 nouveaux cinéastes de la décennie, lors de leur numéro spécial de janvier 2010, le numéro 652.

[16] Playboy (USA), avril 2009.

[17] Vanity Fair (USA), avril 2009.

[18] Et ce, malgré le silence qu’il fait autour de sa vie privée.

[19] Le réalisateur est cité sur la page du film sur www.imdb.com, dans l’onglet « Trivia ».

[20] Cité dans l’onglet « Trivia » sur la page du film sur www.imdb.com

[21] Des films comme Observe And Report, Fanboys ou Zack & Miri make a porno ne sont jamais sortis dans les cinémas français, et les deux premiers n’ont non plus aucunes dates d’édition DVD de prévu en Z2 française.

[22] Entre autres, prime-time au Grand Journal de Canal+, page d’ouverture sur Allociné…

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Lire Comédie, mode d’emploi – Entretien avec Judd Apatow, par Emmanuel Burdeau. Ed. Capricci

A propos de l'auteur

Image de : Né au beau milieu de l'année 1986, 60 ans jour pour jour après Marilyn, Arnaud n'a rien de la blonde pulpeuse. Très tôt bercé par les courts métrages de Charlie Chaplin, les épisodes de Ça Cartoon et le film Les 7 Mercenaires, qu'il regardait tous les dimanches - joyeux programme - il plongea bien trop vite, passionné par cet art dévorant qu'est le cinéma. Quelques années plus tard, refaisant enfin surface dans le monde réel un bref instant après des années d'inexistence, il se cogna sur une pile de livres... C'était trop tard, il avait déjà recoulé : nouvelle passion qui accompagnerait la première, la lecture et l'écriture seront ses nouvelles compagnes. Depuis, on n'a jamais revu Arnaud.

8 commentaires

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  1. 1
    le Jeudi 13 janvier 2011
    Sam a écrit :

    That’s a fuckin’ great article! BRAVO! Non seulement ton sujet est excellent mais tu le traites de façon impeccable. Two thumbs up Arnaud! En tout cas, si les films de Rogen continuent à être aussi mal distribué en France, ça n’aidera pas sa renommé, et ce malgré la sortie de The Green Hornet (la voix de l’ET Paul n’aidera pas, surtout quand on sait qu’il sera doublé en français). Bref, encore bravo, ça fait plaisir de voir des chroniques de ce calibre sur Discordance.

  2. 2
    Rock Brenner
    le Jeudi 13 janvier 2011
    Rock a écrit :

    J’aimerais pouvoir confirmer que Seth Rogen sera reconnu en France, mais on pensait la même chose à propos de Will Ferrell qui, finalement, reste encore dans l’ombre chez nous.

    Article très sympa, mais par contre, je ne suis pas d’accord sur Observe & Report : ce n’est pas un film qui ne plaira qu’aux fans, je pense que ça dépend tout simplement de l’humour que tu apprécies. La plupart des gens qui n’ont pas aimé ce film jettent la faute à l’humour trop noir, ou au personnage antipathique de Rogen. Pour ma part, ce film était l’un des premiers que j’avais vu avec Seth Rogen et le premier film réalisé par Jody Hill, et j’ai pris une belle claque parce qu’il y a dans ce film un regard très intéressant sur une notion de sécurité aux USA et l’angoisse du rêve brisé, et une approche très différente de la comédie. Judd Apatow a prit l’habitude (excepté dans Funny People) de nous parler des « losers », des grands enfants qui parfois ne parviennent à trouver leur place. Jody Hill s’intéresse aux connards, aux types qui vous font comprendre que vous êtes de la merde en se remettant très peu en question ; c’est une démarche risquée, assez atypique pour de la comédie, mais particulièrement courageuse et très maitrisée chez Hill.

  3. 3
    Arnaud Cassam-Chenaï
    le Jeudi 13 janvier 2011
    Arnaud Cassam-Chenaï a écrit :

    @ Sam : Merci beaucoup, sincèrement. Même si ça fait toujours plaisir d’avoir des retours à son travail (sic), c’est quand même mieux lorsqu’ils sont positifs.
    Pour ce qui est de PAUL, sûr que j’irai le voir en VOST. As-tu entendu la voix française de Seth Rogen ? Presque pire que celle de DiCaprio. C’est une chose qu’on ne prend pas assez en compte, mais la voix d’un acteur est d’une importance même que son corps. Et p****n, celle de Rogen est inimitable.

    http://www.youtube.com/watch?v=dRYYY9eOmk8

  4. 4
    Arnaud Cassam-Chenaï
    le Jeudi 13 janvier 2011
    Arnaud Cassam-Chenaï a écrit :

    @ Rock : Ici, si Seth Rogen peut obtenir un semblant de reconnaissance en France, ce sera avec ses films non-comiques. S’ils sont distribués en France… Will Ferrell a un humour et des références encore plus américaines, et je ne pense pas forcement à ses imitations de G.W. Bush. En films « exportables », il y a eu HAROLD CRICK, mais j’attends toujours les autres comme WINTER PASSING…

    Pour OBSERVE & REPORT, c’est un peu ce que je sous-entendais : Ronnie est quand un sacré connard fini… et on peut apprécier le film sans être fan ou connaisseur de Rogen, mais c’est plus compliqué… B&R reste quand même une des meilleures comédies US récentes, et avec ou sans Rogen, et comme tu le fais remarquer, c’est toujours plaisant de s’éloigner le temps d’un film de l’esprit « looser » des films d’Apatow. Par contre, THE FOOT FIST WAY ne n’avait pas autant marqué… (et avant que Danny McBride soit reconnu dans l’Hexagone… :-) )

  5. 5
    Pascal
    le Jeudi 13 janvier 2011
    Pascal a écrit :

    J’ai dévoré ce portrait de la première à la dernière ligne. Un pur régal.

    Je ne résiste pas au plaisir de transmettre cette citation que tu m’as envoyé en privé et que je trouve irrésistible:

    Michel Gondry vu par Seth Rogen : «Tu t’attends à te retrouver face à un petit génie français, mais en vrai, c’est quelqu’un qui adore prendre des objets un peu longs, se les mettre sur l’entrejambe et prétendre que c’est un pénis. Tu te demandes s’il va faire autre chose avec ensuite, et là, il vient le frotter contre toi.»

  6. 6
    le Vendredi 14 janvier 2011
    Sam a écrit :

    PAUL je l’attends avant tout pour le duo Simon Pegg/Nick Frost, culte à mes yeux depuis la série Spaced. Et je n’ose même pas imaginer leur doublage à eux non plus! Je n’ai jamais entendu la VF de Rogen, mais je sais que sa voix est reconnaissable entre mille et qu’elle joue un rôle important dans son acting. Sinon je pense qu’à l’instar de Ferrell, Rogen ne deviendra pas une « star » dans l’hexagone. Jim Carrey était sans doute l’exception confirmant la règle. Encore bravo pour ton texte.

    @Pascal: vraiment cool cette citation!

  7. 7
    Arnaud Cassam-Chenaï
    le Vendredi 14 janvier 2011
    Arnaud Cassam-Chenaï a écrit :

    Pour l’anecdote, je viens de voir ça… La voix français de l’extra-terrestre PAUL sera celle de… Philippe Manoeuvre !

    http://www.allocine.fr/article/fichearticle_gen_carticle=18600833.html

  8. 8
    Arnaud Cassam-Chenaï
    le Vendredi 14 janvier 2011
    Arnaud Cassam-Chenaï a écrit :

    Et pour enfoncer le bouchon, voilà deux bandes-annonces, une en VO, l’autre en VF

    VO : http://www.youtube.com/watch?v=4opLEikXT5M
    VF : http://www.youtube.com/watch?v=DLUpVWHYsoo

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