I Love You – Amanda Blank

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I Love You, c'est le cri de désir d'une nana venue du hip hop en mini-short, le nez tordu, l'ongle entre les dents : un hymne au plaisir plein et entier.

amanda-blank Amanda Blank, c’est Amanda Mallory dans une autre vie, et Amanda pour Amanda, elle sent le sexe à plein nez. Paroles pornographiques,  » make, it take it  » et pauses bitchy, la chanteuse de Philadelphie joue de son organe vocal comme à l’orgasme, entre voix rauque, grave et suffocante, et cris féminins de stupeur.

On entend un jeu de séduction au creux de notre oreille, comme une phase de préliminaires harmonisés dans la musique, avec une actrice libre de son corps qui s’amuse de son caractère. Les basses sont rebondies et aguicheuses, les amusements enchaînant échos, arrêts, reprises sont la formule complète du son dancefloor irrésistible corporellement : intonation grave et sensuelle qui se traîne et se languit dans une caresse sexuelle qui parcourt tout le corps…

Gimme what you got, c’est un viol ! Shame On Me tire toute une force de sa structure plus ficelée, rythmique, backvocal, écho, voix proche de Madonna, et Amanda se fait séductrice languide. DJ rend dingue toute poupée balancée sur la piste, et Might Light you better sonne comme l’acte charnel paré de quelques échos étranges un peu malades.

Mais que suis-je en train d’écrire, et qu’êtes-vous en train de lire ? Une critique de film X ? Quelque chose comme ça, et c’est bien là le souci. Danser avec, pourquoi pas. Mais quoi d’autre ? Le tout reste convenu, lascif, flirte parfois avec un mid-tempo plat. Un disque subversif, voire rebelle ? Les critiques de ce genre ne manqueront sans doute pas, et l’on s’attachera facilement aux tenues archi-shorts de la demoiselle, à ces airs sauvages, tout comme au dynamisme provocateur de sa musique. Bouger son popotin devient facile, comment le nier ?

À bien écouter, toute note est attendue, convenue, en aucun cas surprenante, mais redondante et vulgaire. Excellent pour le clubbing, quasi-nul pour les oreilles. L’affirmation de sa liberté, l’attitude culottée de la nana qui ne se laisse pas marcher sur les orteils et qui séduit la terre entière, l’ongle cassé sont autant d’arguments qui sont agréables aux sens et à l’idée, et la musique traduit aisément tout contenu charnel dévastateur…

Mais elle peut transmettre aussi bien plus, et notamment du sexe sublimé. Ou même de l’émotif et de l’esthétique, oui oui. Nul besoin de revenir à l’acte corporel dans ses élans primitifs jetés à nu, pour séduire. Les grands du Blues, Jimi Hendrix et sa guitare, les Rolling Stones et leur chanteur-fantasme, PJ Harvey et son charisme féminin à l’état pur l’ont pourtant bien compris il y a longtemps, et d’innombrables autres depuis. Il s’agirait de ne pas l’oublier.

I Love You (Downtown / Coop), sortie le 14 septembre 2009.

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A propos de l'auteur

Image de : Les mots ! Pigiste en culture pour plusieurs organes de presse écrite et web, cuvée 1986 (Bordeaux), vit à Paris. Retient de sa prépa lettres, une philosophie très nietzschéenne : l'art est mensonge et c'est tant mieux. Aime les mots. Aime toutes les formes d'art et surtout la musique (pop, rock, électro, blues, folk, classique), la littérature et la photo (contemporaines et déstructurées), le cinéma (japonais, films d'auteur). Ecrit un peu de tout, interviews, critiques, chroniques, portraits, dossiers, live reports, et poèmes, nouvelles, romans (inconnus à ce jour) : tout ce qui dit le monde au travers de prismes, sans jamais avoir la prétention de le traduire précisément. Jamais satisfaite, toujours amoureuse. Blog culture : http://spoomette.over-blog.com

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