Hyphen – Serpentine

par |
Expérimentations, alternance, liberté. Le rock indé permet à peu près tout ou presque. A l’instar de Serpentine, le premier album des Hyphen et de ces onze morceaux qui arrivent à nous balader d’un rock aux limites du grunge jusqu’aux frontières d’une pop légère.

hyphenAvec des influences revendiquées allant de Nirvana aux Beatles en passant par Radiohead, et à écouter le résultat, on en oublierait presque l’origine nantaise du groupe. Usant et abusant de la langue de Shakespeare, le chant découle le plus naturellement du monde entre rage et mélancolie. Et si les guitares se permettent de brèves saturations ( Tunnel Lips ), ce n’est jamais en vain.

Parmi les particularités de ce trio composé de Rom (chant /guitare / compo), Bert (piano / guitare) et de Nico (basse), la première chose qui frappe est tout naturellement l’absence de batterie. Aucun batteur pour un groupe de rock, avouons que ce n’est pas banal. L’instrument sera certes présent grâce à Géraud Cantel qui vient s’immiscer sur une grosse partie des chansons de l’album, mais certains titres profitent de ce manque pour déployer une rythmique toute particulière. Ainsi sur Without an arm, on se croirait projeté dans l’une de ces vieilles comédies musicales hippies : tambourins, claquement de main et choeur multiples, le tout ponctué de légers bruits semblant provenir d’une troisième dimension. Tel un leitmotiv ces sonorités étranges se retrouveront tout au long de l’album. Pour Sister Come, la rythmique sera uniquement assurée par la guitare sèche. Dernier morceau du CD, ce guitare-voix signe là un retour aux sources brillant qui vous fera fondre sur place.

Des solos de guitares qui montent en pression et qui s’illustrent aussi bien par des enchaînements d’accords survitaminés ( Diadem ) que par de lourds vibratos aux sonorités métalliques ( Tunnel Lips ). Des intro accrocheuses, en crescendo, répétant deux ou trois accords en boucle pour laisser monter les amplis de la première guitare sans même que l’on ne s’en rende compte. Au milieu de ces riffs déchirants et de cette voix à vous donner la chair de poule, la basse a cependant beaucoup de mal à se faire entendre. Un peu plus de graves et quelques solos supplémentaires n’auraient pas été superflus.

Plus original et merveilleusement placé, le piano de Bert sait se faire discret tout en apportant sa douceur incomparable ( The Lamb, You don’t know my name ) et ses notes aiguës qui répondent en écho à la voix tourmentée du chanteur. Un rock qui sait donc donner toute sa force sans jamais être atténué le chant si particulier de Rome . Une voix qui dérive dans des hauteurs inattendues ( Breaking out the score ) avec la même qualité que lorsqu’elle nous atteint de sa rage ou s’éteint sous la plainte.

Un bijou aux multiples facettes à découvrir au plus vite.

Partager !

A propos de l'auteur

Image de : J'ai atterri à Paris à mes 18 ans pour ma licence en art du spectacle chorégraphique. La danse, ou plutôt les danses sont en effet ma passion, aussi bien dans la pratique que sous leur aspect théorique. J'aime observer, analyser, comparer et essayer de comprendre, mais étant danseuse et comédienne avant tout, je sais aussi qu'il n'y a aucune vérité de jugement au niveau de l'art, il n'y a que des points de vue. Je reviens juste d'une année sabbatique qui m'a conduit entre San Francisco et Los Angeles et je m'apprête donc à continuer mes études avec un master en études théâtrales (le but étant d'intégrer un master pro en journalisme culturel l'année prochaine).

Aucun commentaire

Abonnez vous au Flus RSS des commentaires

Réagissez à cet article