Huis Clos de Jean-Paul Sartre au théâtre Pixel

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La troupe Faubourg 27 s’approprie pour quelques semaines encore l’incontournable Huis Clos de Sartre, d’après une mise en scène de Virginie Serre au théâtre Pixel à Paris. « Eh bien, continuez » …!

huisclos_copieRevenons d’abord sur la trame de cette pièce. Trois morts - Garcin ( Patrick Miriel ), Inès ( Carine Greilsamer) et Estelle ( Marica Herman )- se rencontrent, menés chacun à leur tour par un garçon d’étage ( Flavien Dareau ) dans la chambre dans laquelle ils vivront leur mort. Pas de sommeil, pas d’ombre, même pas de paupière : aucun répit ne leur sera accordé. Pas de miroir non plus : ils ne peuvent exister qu’au travers des mots qu’ils échangent, qu’au travers du regard de l’autre. Pas de bourreau non plus alors que tous sont coupables : « On ne condamne jamais les gens pour rien » . Les protagonistes s’interrogent. Et l’évidence tombe : « Le bourreau, c’est chacun de nous pour les deux autres ». Garcin ne peut aimer Estelle sous le regard d’Inès, Inès ne peut conquérir Estelle qui ne lui succombera pas sous le regard d’un homme et Estelle ne sera jamais aimée de Garcin.

Sur scène, seulement trois fauteuils, un vert, un bleu et un rouge, et deux échelles qui montent depuis le fond de la scène, sans qu’on puisse voir où elles mènent. Et pour cause, elles ne mènent nulle part et ne servent qu’une fois – pour permettre un aller simple dans la chambre.

Aucune adaptation du texte dans ce spectacle, mais Virginie Serre a en revanche fait le choix d’une mise en scène moderne et plein d’énergie. Jouant pour une trentaine de spectateurs, les quatre protagonistes ne sacrifient pas pour autant la qualité de leur spectacle. Au théâtre Pixel, vous pouvez assister à une belle mise en scène d’un classique, qui n’a rien à envier à celles des grandes salles parisiennes. Certes, on remarque parfois un peu de sur-jeu, dans les cris des acteurs notamment, mais on oublie ça vite, face au jeu savoureux de Marica Herman  en riche et précieuse mondaine, à la cruauté manipulatrice parfaitement maîtrisée de Carine Greilsamer ou à la prestance de Patrick Miriel, en homme vil et lâche.

La philosophie du théâtre Pixel  est d’offrir de belles prestations sans prétention, de mettre le théâtre à la portée des habitants du quartier, tout en permettant à des troupes peut-être peu connues, mais talentueuses. C’est encore une fois un pari réussi.

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En savoir +

Huis Clos jusqu’à mi-juin 2009. Théâtre Pixel, 18 rue Championnet 75018 PARIS.
Mise en scène Virginie Serre avec Carine Greilsamer, Marica Herman, Flavien Dareau, Patrick Miriel.

Site officiel : www.theatrepixel.com

A propos de l'auteur

Image de : Si d’aventure vous vous promenez dans un parc parisien durant une douce journée d’été, il n’est pas impossible que vous passiez sans le savoir à côté de Léa en train de feuilleter un livre, dissimulée derrière d’immenses lunettes de soleil. Et pour peu que vous vous allongiez à votre tour sur l’herbe verte et que vous engagiez la conversation, elle vous parlera peut-être théâtre ou littérature. Littérature classique, certes, mais pas seulement : oscillant entre Zola, Baudelaire, Sartre ou Kane, ses goûts sont aussi éclectiques que ses avis définitifs. Amoureuse du quotidien et de ces petits détails qui rendent chaque instant unique, Léa est prête à voir de la poésie partout où vous n’en verrez pas. Demandez-lui de repeindre le ciel, pour voir, et elle s’empressera d’égayer et de réchauffer cette noire Sibérie qu’est Paris.

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