Hostel

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"The scariest American movie in a decade", voilà ce que nous promet l'affiche d'Hostel à travers cette affirmation qui reste tout de même à prouver...

hostel-2Un film d’horreur produit par Quentin Tarentino ? On s’attend naturellement à quelque chose lorgnant sur la série B bien gore. Ou à défaut à une production un minimum alternative et de qualité. Et fatalement on se réjouit d’office….

Mais ça commence mal. Le réalisateur, Eli Roth, à qui l’on doit également Cabin Fever, est apparemment un grand fan de comédies grasses pour mâles adolescents. Ainsi, trois idiots en rut débarquent à Amsterdam pour… profiter de leur jeunesse, c’est-à-dire se défoncer et s’envoyer en l’air le plus possible.

Intention louable dans le fond, mais qui, même sans être spécialement prude ou sensible, devient vite pesante. On assiste donc à un déluge révoltant de chutes de reins, de fesses et de seins, qui a de quoi faire hurler n’importe quelle féministe digne de ce nom.

Eli Roth a confié avoir voulu créer une première partie de débauche pour que le spectateur s’identifie aux personnages et soit puni avec eux par la suite. Il n’empêche que cette fameuse première partie peut être horripilante si l’on n’est pas un ado et qu’on a, justement, du mal à s’identifier à ce qui se passe sur l’écran. Pourtant Roth a également dit qu’il ne voulait pas être catalogué comme réalisateur de teen movies . Mais ne soyons pas à un paradoxe prêt …

Un début longuet et agaçant donc, qui mixe machisme et clichés en tout genre. Rajoutez à cela une vision de l’Europe méprisante… Les filles y sont bien sûr faciles et dévergondées. Elles boivent et fument éhontément… Ensuite, pour une fois qu’on voit un islandais dans un film américain, il faut qu’il porte un blouson avec le drapeau de son pays cousu dessus, au cas où le spectateur de base n’aurait pas compris. D’ailleurs c’est bien connu, c’est la mode en Islande….

Cette première partie du film offre néanmoins quelques répliques d’anthologie comme Je suis Américain ! J’ai des droits ! ou bien encore Hé, on n’est pas aux States, ici… . Ce qui a le mérite de nous faire rire sans trop savoir pourtant s’il s’agit là d’un malin second degré ou bien plutôt la preuve d’une navrante bêtise.

Après les Pays-Bas, voici que nos trois benêts débarquent dans leur second Hostel (auberge de jeunesse), à Bratislava. Car oui, on leur a dit que, là-bas, les filles seraient à leurs pieds (sic). Effectivement, ils y sont accueillis par deux bombes largement dévêtues: Natalya ( Barbara Nedeljakova ) et Svetlana ( Jana Kaderabkova ), qui les invitent à faire un tour au Spa… (soupirs)

Mais cette Slovaquie, rendue sinistre et menaçante par la photo, les paysages et l’introduction de personnages dangereux (les enfants par exemple), nous fait penser que les garçons auraient mieux fait de rester dans un coffee shop d’Amsterdam et que ces deux filles ne leur seront pas si soumises que ça. Le paradis qu’ils croyaient atteindre risque fort de les décevoir… Pour notre plus grand plaisir.

Oli ( Eythor Gudjonsson ), l’islandais, disparaît mystérieusement et, après une visite jubilatoire d’un musée de la torture, son blouson est retrouvé porté sur un autre homme. D’ailleurs c’est forcément le sien, car qui d’autre qu’un islandais posséderait un tel blouson ? Subtilité quand tu nous tiens…. Quoiqu’il en soit, certes un peu tard, mais tout de même, le film bascule enfin dans une atmosphère un tant soit peu adéquate.

Quand c’est au tour de Josh ( Derek Richardson ) de se faire enlever, il se réveille encapuchonné et attaché à une chaise, dans une pièce glauque au possible, dans laquelle il sera torturé à mort.

hostel1-2Et voici qu’arrive le gore….

Paxton ( Jay Hernandez ) – apparemment le héros puisqu’il est le seul à survivre – y passe en dernier. On découvre, avec lui, l’horreur de l’endroit où lui et ses petits camarades sont séquestrés. Une espèce de palais de la barbarie, où les membres d’un club d’un genre particulier paient pour torturer une personne de la nationalité de leur choix.

Cisailles, perceuse, tronçonneuse, pistolet….. un outillage impressionnant s’offre aux esprits tordus de cette société secrète. Dans notre esprit se crée un parallèle avec les vitrines d’Amsterdam et leurs couloirs où chaque porte conduit à un plaisir différent… Et on repense au musée de la torture dont on voulait en voir un peu plus… Et on regrette de l’avoir souhaité !

Les scènes de torture sont d’un réalisme hurlant, et si Hostel n’est pas en soi véritablement effrayant, il sait au moins nous faire frémir en rendant la souffrance projetée à l’écran incroyablement tangible. Même si les personnages ne sont pas du tout attachants – à part peut-être Kana ( Jennifer Lim ), jeune Japonaise qui n’avait rien demandé à personne et à la fin dramatique – il est très dur de ne pas trembler pour eux lorsque l’horreur de la douleur nous est balancée en pleine face.

Bref, si le film est plutôt décevant, soulignons tout de même qu’il est, à l’instar de The Texas Chainsaw Massacre, inspiré de faits réels… Une réalité proche des camps de la mort qui révèle les pires atrocités dont est capable la race humaine…

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Site du film: http://www.hostelfilm.com

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A propos de l'auteur

Image de : Miss Cinéma de Discordance et chroniqueuse hétéroclite since 2005. [Blog] [Twitter]

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