Hocus Pocus + Babylon Circus aux Rocktambules de Rousson

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Rousson a préparé comme il se doit la 13e édition de son traditionnel festival Les Rocktambules : après le carton plein en 2009 avec la Comedia Provençala et Massilia Sound System, difficile de ramener autant de monde en 2010. Pourtant, la fête et la diversité musicale ont été les maîtres mots du premier week end de juin.

Image de Après avoir vu défiler vendredi The Hyènes et Eiffel, le deuxième soir a notamment permis de juger les prestations scéniques de Transgunner, vainqueur du tremplin de l’édition de 2009 désigné par les festivaliers, Pass, groupe régional au rock un peu léger, puis particulièrement Hocus Pocus et Babylon Circus. Hocus Pocus a finalement remplacé Ridan, initialement prévu, mais contraint d’annuler à cause de problèmes de santé… Deux tournées fraîchement débarquées pour Hocus Pocus et Babylon Circus, avec deux albums sortis respectivement en 2010 et 2009 : 16 Pièces et La Belle Etoile.

22h30, Hocus Pocus lance déjà ses premiers flows. Le public est venu en nombre, cependant bien moins en masse que l’an dernier. Le décor est planté : de larges panneaux lumineux illuminent le fond de la scène avec la pochette très géométrique de 16 Pièces. La mise en scène est efficace : surélevé, Dj Greem et ses platines sont au centre, les trois cuivres sont situés en contrebas, le clavier à l’extrême gauche, la batterie côté droit… puis enfin 20syl dans l’axe et son guitariste et bassiste sur ses flancs.

On sent toute la sérénité dégagée par le groupe : les morceaux s’enchaînent dans un premier temps sans coupure, A Mi-Chemin, I Wanna Know, WO:OO… Le hip-hop flirte toujours autant avec le soul et le jazz propre d’Hocus Pocus. D’ailleurs plus les titres défilent, plus le côté hip-hop s’atténue pour voir le slam prendre le dessus : le tube de Place 54, J’attends, déboule pour rassembler un public qui s’éparpille assez facilement. Les cuivres retrouvent une place importante sur Le Majeur Qui Me Démange, Hocus Pocus manie les mots avec une facilité déconcertante et nous renvoie une image très positive.

Les hits finissent enfin par arriver, la soul salvatrice de 20syl fait mouche. Le célèbre Smile, morceau phare de l’opus précédent, ainsi que Beautiful Losers, très vibe et puissant. Mr Tout Le Monde paraphe cette fusion pointue et aboutie. Pourtant malgré une performance musicale très carrée, on ne pourra que regretter le manque d’engouement de la part du public, un peu endormi à certains moments. La présentation des musiciens un par un en effectuant chacun des solos durant près d’un quart a quelque peu lassé, sachant que le clap de fin a retenti seulement après une petite heure de concert. Un certain goût d’inachevé et de show un peu trop court…

Cependant, la préparation de Babylon Circus finit par faire oublier ce léger désagrément. Une seule mission, un but ultime à remplir dans les prés de Landas : mettre le feu et clôturer en panache cette édition 2010 qui, sans aucun doute, sera une nouvelle réussite.

Biloul au chant est toujours aussi excité avant de faire décoller le vaisseau du Babylon Circus : les sept membres sont positionnés, statiques, attendant l’assaut final. Pas de fond de scène pour le Babylon, mais sa musique rythmée va compenser grandement, à coup sûr. Ils n’ont pas besoin de ça pour imposer leur style…

Là où leur dernier ouvrage flirtait entre la chanson française et son traditionnel ska, Babylon a choisi de faire son concert « à l’ancienne ». La setlist s’est globalement tournée vers les gros morceaux cuivrés en fanfare des différents albums. Aucun temps mort, comme si l’intensité accumulée des concerts précédents éclatait soudainement.

Sista et ses jeux de basse font doucement chavirer l’ambiance dans un reggae appuyé, Nina appelle à la fête… Les incontournables arrivent sans crier gare : De La Musique et Du Bruit et J’aurais Bien Voulu, véritables symboles de Dances of Resistance et ne peuvent que réchauffer un public enfin réceptif.

Après ce début de concert sur les chapeaux de roue, chacun reprend sa respiration sur le très mélodieux Le Fils Caché du Pape, qui voit l’électrique passait le relais à l’acoustique pour une poignée de minutes. La charge repart de plus belle : le tant attendu La Caravane n’oublie pas de nous renvoyer les valeurs du Babylon Circus : chansons engagées, fête et convivialité. Au milieu de cette frénésie, un premier inédit se glisse dans le répertoire sur des airs de « Tous des fils de Manouche ! », carrément digne de leurs débuts. L’impact est immédiat, surtout qu’un deuxième nouveau brûlot, Paul, s’ensuit.

Vent d’air frais sur le show, chaque concert est unique, Babylon confirme sa réputation. Une heure s’est déjà écoulée, l’heure du rappel a sonné… mais on se doute bien que ces déjantés ne peuvent pas partir de la sorte. Effectivement, Marions Nous au Soleil fait bouger pour ces ultimes instants un public qui en redemande. L’envol, puis surtout La Cigarette multiplient les chants entre les deux partis manière à se dire au revoir. Pourtant, un troisième inédit clôture la soirée… pour un second rappel qui voit Babylon Circus revenir jouer un dernier titre en acoustique. Ça sent le nouvel album en préparation, et il annonce un retour aux sources !

En tout cas, on ne peut que constater la complicité entre Babylon et son public, où d’autant plus sa performance scénique, carrée, mais de haute volée, a été irréprochable. Le chapiteau du Babylon Circus a de nouveau conquis la foule.

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En savoir +

Festival Les Rocktambules à Rousson (Gard), le 4 et 5 Juin 2010

- Myspace Babylon Circus : http://www.myspace.com/babyloncircus
- Myspace Hocus Pocus : http://www.lesrocktambules.fr

A propos de l'auteur

Image de : Etre thésard et mélomane, c'est possible. Enfin du moins pour l'instant ! Véritable électron libre dans le Sud de la France navigant entre Montpellier, Nîmes, Avignon et Marseille, je conserve cette passion à partager mes coups de cœur, mes trouvailles... et aussi mes coups de gueule. Pour ceux qui auraient envie d'en savoir un peu plus, vous pouvez toujours jeter un œil à mon site perso, Le Musicodrome (www.lemusicodrome.com).

1 commentaire

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  1. 1
    le Jeudi 10 juin 2010
    cosette a écrit :

    dommage que Dimitri n’ait pas assisté au concert de Transgunner, il aurait pu en dire deux mots!

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