Hockey

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Le premier album de Hockey n'est pas encore sorti en France, mais on pressent que ces popeux de Portland pourraient faire un hold up sur l'actualité musicale de la rentrée.

« Tourner aux États-Unis, c’est la barbe » affirme Jerm, bassiste du groupe Hockey . Originaires de Portland, Oregon, les quatre garçons ne semblent pas particulièrement enthousiastes lorsqu’ils nous parlent de leur pays d’origine, trop grand et trop éclaté pour leur soif de reconnaissance.

C’est donc en Angleterre qu’ils ont jusqu’à présent trouvé le meilleur écho à leur new wave/soul (selon leur Myspace), puisque les médias anglais (The Guardian, BBC) se sont déjà emparés du phénomène et qu’une large tournée démarre prochainement.

photos_hockey_003_copie_smalltDans nos contrées, on ne pouvait se rendre à leur concert des Solidays que sur la foi de leur premier single Too Fake, hymne pop mêlant une énergie juvénile, qu’on a plutôt l’habitude de trouver outre-Manche, à un gimmick électro entêtant. On sait depuis que sur Mind Chaos, leur premier album attendu en France pour fin septembre, les styles se mêlent et se complètent sans complexes, produisant neuf pop songs euphorisantes et variées.

Enthousiasmés par la prestation scénique offerte lors de leur premier concert en France à l’Hippodrome de Longchamp, motivant sans problèmes un public qui ne les connaissait pas encore, nous avons rendez-vous quatre jours plus tard avez Hockey sous le soleil parisien. Installés dans les locaux d’EMI pour la journée à l’occasion d’une soirée organisée par le label et à laquelle ils sont conviés (photo ci-dessous), ils répondent avec décontraction à nos questions.

Votre premier concert en France a eu lieu samedi dernier aux Solidays et le public était très enthousiaste. Qu’en avez-vous pensé ?

Benjamin : J’étais malade en fait. comment dire, j’avais les yeux qui me sortaient de la tête. J’ai dû dormir une heure après le concert, mais c’était vraiment marrant.

Anthony : On a été en Suède récemment, les gens étaient plus fous, en Norvège aussi. En France c’était un peu moins fou, mais quand même très bien.

En fait, pour Paris, ça bougeait pas mal !

Benjamin : Oui, c’est vrai que c’est une ville centrale qui propose plein de trucs cool …

Anthony : Mon père était là, il a adoré.

Benjamin : En général, c’est dans les villes les plus grandes et les plus cool que le public est le moins bon. À Londres, on a eu un concert horrible.

emi_party_hockey_live_9petit Jerm : Ca a l’air assez difficile de percer sur la scène musicale française de manière générale, il n’y a pas tant que ça de groupes qui viennent de l’extérieur et qui marchent bien ?

Les groupes de rock étrangers qui percent ici sont souvent anglais.

Jerm : Vous connaissez The Virgins ? On avait tourné avec eux.

Ils ont joué aux Solidays, mais le public n’était pas à fond.

Jerm : On a joué à Glastonbury le lendemain des Solidays, mais c’était plus difficile, car c’était au milieu de la journée. La tente était immense et les gens étaient à soixante pieds de nous ! C’était quand même cool d’y être.

Pouvez-vous nous raconter l’histoire de votre premier album, Mind Chaos ?

Jerm : Nous avons enregistré la plus grande partie de l’album dans une maison de Portland. Nous avions passé plusieurs années à enregistrer des démos, à travailler avec des producteurs avant de décider de faire la plus grande partie de l’album nous-mêmes. Nous avons sorti Mind Chaos sous forme de démo, c’est l’album qui a été signé sur EMI. Nous sommes retournés dans un studio à Portland, avons enregistré cinq chansons supplémentaires et nous les avons mixées et masterisées avec les plus anciennes.

C’est un peu un album fait à la maison finalement, ce qui est cool pour une sortie sur une major. Beaucoup de sorties sur des majors sont plus des productions professionnelles. Là c’est juste nous. J’ai aussi fait tout l’artwork, c’est une autre façon de contrôler l’esthétique.

Les titres de cet album combinent funk, pop rock, même du hip hop : est-ce que le titre « Mind Chaos » se réfère à toutes ces influences ?

emi_party_hockey_live_572petit Jerm : Ca se réfère à plein de choses. C’est un album qui a beaucoup d’influences différentes donc c’est à propos de ça, mais c’est aussi notre commentaire sur l’état du monde. Tout se fragmente en beaucoup de petits éléments. Mind Chaos parle de l’individualisation de la culture, surtout aux Etats-Unis, où tout le monde a sa propre opinion, sa propre page Facebook, son Myspace. Ca peut être décourageant pour les artistes, mais nous le prenons comme une source de créativité, le monde est imprévisible, sauvage, varié. Mind Chaos, c’est : « où est le monde en 2009 ? ». Les gens ne s’accordent plus, faisons un disque qui accepte cela et allons même plus loin. Les gens peuvent avoir leur chanson préférée, mais aussi leur pochette préférée (il y a plusieurs pochettes disponibles pour l’album, ndr).

J’ai lu que votre musique serait un mix de The Strokes et LCD Soundsystem : vous reconnaissez-vous dans cette définition ?

Benjamin : Si on devait choisir deux groupes, je pense que ce serait une comparaison raisonnable. Mais beaucoup de notre musique ne sonne pas comme ces groupes.

Jerm : Je pense que nous sommes beaucoup orientés vers la pop sans complexes que ces groupes qui essaient d’être plus cool. Nous avons des chansons qui sont juste pop. Elles sont arrangées de façon classique et tournées vers les paroles. Mais bon, la référence est OK !

Quels groupes de Portland aimez-vous ?

Benjamin : Starfucker, Blind Pilot, Modest Mouse .

Jerm : The Decemberists .. Il y a plein de bons groupes à Portland.

Vous avez fait quelques TV en Angleterre, quelle serait la principale différence avec les télés américaines selon vous ?

Ben : On a fait le show de Jools Holland, et il n’y a rien comme cela aux États-Unis qui soit si concentré sur la musique et qui sonne si bien. Je pense qu’aux États-Unis, la musique passe après les acteurs, ou les célébrités du show.

Jerm : Aux États-Unis, après qu’ils aient parlé à Keanu Reeves, il y a deux minutes de musique !
Je pense qu’il y a un bon public pour notre style de musique en Angleterre, peut-être plus qu’aux États-Unis. Là bas les goûts musicaux sont plus fracturés, du hard rock, à la country, pop, électronique.c’est moins unifié.

Qu’est ce que vous écoutez en ce moment ?

Anthony : On a écouté Grizzly Bear en allant en Norvège, c’était la parfaite bande originale pour conduire dans la campagne norvégienne.

Crédits photo : Eva E. Davier

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En savoir +

Hockey, Mind Chaos (EMI), sortie le 28 septembre 2009

http://www.myspace.com/hockey » href= »http://www.myspace.com/hockey »>Site officiel en français ->www.hockeyband.fr] / Site officiel / [Myspace

A propos de l'auteur

Image de : Depuis 2004, Julia parcourt les festivals et les salles de concerts en quête de sensations musicales fortes et affiche un net penchant pour la scène indépendante montréalaise, le folk, l'électro et le rock. Malgré une enfance biberonnée à la culture populaire des années 90, sa bibliothèque ITunes n'affiche presque rien entre 1985 et 2000. Repêchée trois fois par le vote du public, Julia anime désormais la rubrique Musique avec Pascal et Laura. "Discordance m'a sauvée". Mon blog / Twitter

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