Histoire(s) de mon groupe de musique.

par Kyra|
Pascal Pacaly, ce n’est pas que ce gentil Myspacien inondant le cyber-espace de bulletins et de poèmes majoritairement axés sur l’adolescence, les garçons, les filles, le sexe, le sexe, et encore le sexe. Non, pas uniquement...

pacaly-2Enfin c’est ce que j’ai essayé de me persuader avant de me plonger dans ces Histoires de groupes de rock français contemporains. L’idée était bonne, le choix des groupes intéressant (échantillon d’artistes plus ou moins connus, histoire de ratisser large et de toucher un maximum de lecteurs . logique), la couverture agréable, et le résumé relativement ambitieux, limite pédant : Ce livre est singulier, il est même unique.

13 groupes, 13 chapitres. Dans le désordre : Daisybox, les Wampas, La Ruda, Enhancer, Watcha, Kinito, Arkol, Fickle, Undercover Slut, The Versus, Madinka, Lik.id, Dead Pop Club .

Et ce n’est que le 1er volume . Sérieusement, si Pacaly a l’intention de parler de tous les groupes de rock français ayant leur page myspacienne, alors je n’ose imaginer la quantité astronomique de biographies qu’il lui faudra écrire, sans se lasser, sachant que ces bouquins sont plutôt destinés à un public jeune, voire très jeune, friand d’anecdotes concernant leurs groupes préférés du moment. Mais le manque d’illustrations (une photo en noir et blanc par groupe, et encore pour agrémenter la première page de chaque chapitre) est un écueil à prendre en compte s’il veut conserver un certain lectorat et ne pas sombrer dans l’archivage de données insipides, molles et stéréotypées que l’on oublie aussi sec, dès la page tournée.

Personnellement, je ne vois pas l’intérêt d’un tel bouquin.

On apprend quoi ? Que les artistes sont des gens comme vous et moi, qu’ils ont tous galéré pour émerger de la masse et qu’ils galèrent encore pour la plupart ; qu’ils restent des éternels gamins sur scène, un micro à la main/bouche, sautillant et tapant du pied; qu’ils se bourrent souvent la gueule avant, pendant et après avoir performé; qu’ils adorent se la jouer guitar heroes, bêtes de scène/cirque, superstars narcissiques au sex-appeal ravageur ?

Ouais, bon, on tombe rapidement dans les clichés de base, dont tout le monde se fout, et au final, toutes ces histoires se ressemblent. Alors pour rendre le discours plus alléchant, on se met au niveau du public réel de ces groupes et du lectorat potentiel, et on mise sur quelques artifices qui sonnent terriblement faux : le langage djeuns (qui bien que rigolo au début, finit par taper sur le système à la longue), la petite anecdote croustillante qui n’avait jamais été révélée auparavant (putain le scoooop, génial, j’vé pouvoir l’dir sur mon skyblog :p lol mdr kikoo c’tro kooool ^^ ) : le jour où le chanteur de Daisybox a perdu sa virginité, il avait gardé ses mains dans les poches, d’où le titre tubesque sorti quelques années plus tard, par exemple . Bon je déconne. On peut évidemment douter de la fiabilité et de la véracité des dires de Pacaly, étant donné que le récit est fortement fictionnalisé . tiens j’invente peut-être un mot au passage, zut.

Hum.

Si les bios d’artistes vous intéressent, foncez les yeux fermés sur l’édition Camion Blanc . Ces bouquins qui racontent le parcours de Kurt Cobain ou de Marylin Manson (pour ne citer qu’eux) valent leur pesant d’or.

Car, les bios de Pacaly ressemblent à s’y méprendre à des bavardages de cours de récréation ou, puisqu’il faut replacer les choses dans leur contexte, à des rapports semi-confidentiels glissés de bouche à oreille entre 2 répèts ou derrière la porte des chiottes avant de monter sur scène. Et je ne dis pas ça uniquement parce que le papier du bouquin en question est aussi désagréable au toucher que certains PQ existant sur le marché.

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4 commentaires

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  1. 1
    le Mercredi 17 octobre 2007
    kyra a écrit :

    Voilà ce qui circule sur myspace en ce moment …

    Histoire(s) de mon groupe de musique Vol 2- Cherche photos pour publication.

    « Hello à tous et toutes !

    Afin d’illustrer le Vol 2 d’histoire(s) de mon groupe de musique, l’auteur du livre cherche des photos du groupe prises par des fans, journalistes, etc. Ces photos doivent représenter le groupe sur scène . Pas de pose avec les dits fans où journalistes. Nous nous concentrons uniquement sur les groupes eux-mêmes. Cet ouvrage sortira en mars 2008 a plusieurs milliers d’exemplaires dans toutes les fnac, virgin et librairies de France. Il sera présenté en avant-première au salon du livre de Paris, également en mars 08, lors de la dédicace (présence de certains groupes d’ailleurs).
    L’éditeur ne pouvant donner financièrement des droits d’auteurs aux propriétaires des photos (c’est impossible à gérer sinon), ces photos doivent donc être libres de droits.
    Si cela vous intéresse, envoyer vos photos à histoiredemongroupe@free.fr
    Comme il y aura sans doute pas mal d’envoi, le choix sera difficile, il faudra donc être patient ! Les réponses peuvent s’étaler sur un délai d’un mois ou deux !

    Il y a d’autres concernés. Si vous avez des photos de ces groupes, vous pouvez les faire passer aussi… »

    Les groupes concernés sont donc : Asyl, Eths, Glow, Lunatic Age, Matmatah, Mass Hystéria, Mlle K, My Pollux , Manu (de Dolly), Oxygen, Pleymo, Sidilarsen, Subway, Tagada Jones, Tripod , Végastar .

    Site auteur : http://www.myspace.com/ppacaly
    ; Site éditeur : http://www.editionsbdl.com/

    [...]

    ET MERDE … le processus est en marche. Ils ont trouvé le bon filon, ils sont malins les bougres. Comment entretenir la fan-attitude en enrobant des pseudo-bio-fictions sous une couche de guimauve puisant sa matière première dans les entrailles de myspace.

    C’est marrant ça me fait penser au public d’Aqme/Pleymo/Végastar : une majorité d’ados boutonneux ne jurant que par du gros son bien bourrin, masquant la médiocrité des textes. Cela dit, si les salles sont pleines, la vente de disques, elle, ne décolle pas. Cherchez l’erreur…

    Beaucoup de bruit pour pas grand-chose en somme. La forme primant sur le fond. Toujours la même rengaine. Les mêmes plans marketing poussiéreux. La même cible. Je me demande si ça ne va pas desservir les artistes qui se prêtent au jeu, entre parenthèses. Un peu comme l’étiquette « télé-réalité » qui colle à la peau de certains « artistes ». Ca sélectionne une certaine « clientèle », un certain état d’esprit.

    Tout est bon pour faire parler de soi ? pas sûr.

    Bref.

    A suivre …

  2. 2
    le Mercredi 17 octobre 2007
    kyra a écrit :

    Et en plus, ils mobilisent les fans pour récupérer des tofs gratuitement. Ben voyons … Quelle vaste hypocrisie, encore une belle campagne marketing en perspective.

    Et la cerise sur le gâteau, certains artistes risquent de pointer le bout de leur nez lors de la séance de dédicace, ohhhh la suprême aubaine.

    Hum.

    No comment.

    « L’éditeur ne pouvant donner financièrement des droits d’auteurs aux propriétaires des photos (c’est impossible à gérer sinon), ces photos doivent donc être libres de droits. Si cela vous intéresse, envoyer vos photos à histoiredemongroupe@free.fr Comme il y aura sans doute pas mal d’envoi, le choix sera difficile, il faudra donc être patient ! »

  3. 3
    VIOLHAINE
    le Mercredi 17 octobre 2007
    VIOLHAINE a écrit :

    « L’éditeur ne pouvant donner financièrement des droits d’auteurs aux propriétaires des photos (c’est impossible à gérer sinon), ces photos doivent donc être libres de droits. Si cela vous intéresse, envoyer vos photos à histoiredemongroupe@free.fr Comme il y aura sans doute pas mal d’envoi, le choix sera difficile, il faudra donc être patient ! »

    Non seulement il faut DONNER ses photos mais en plus il faut prier pour qu’elles soient acceptées par les mains bénies des éditeurs…
    Tss, quelle blague. Tout ça pour quoi ?
    Ils offrent un bouquin aux participants, au moins ???

  4. 4
    le Mercredi 17 octobre 2007
    kyra a écrit :

    Si ce genre de bouquin était fait pour servir les artistes et leur rendre hommage, au sens large du terme, alors ils pourraient aller beaucoup plus loin dans leur démarche et être terriblement efficaces en offrant des places de concerts ou des CD 2 titres des artistes dont le bouquin dresse une biographie romancée.

    Mais non.

    Ca coûte trop cher. Et c’est pas leur objectif. Ni de la maison d’édition. Ni de Pacaly. Sinon ça se saurait.

    Seule la superficialité compte.

    Se faire du fric sur le dos des artistes en nourrissant la curiosité abyssale des fans est d’une philanthropie exemplaire. Fallait y penser. Les pavés biographiques indigestes n’intéressent personne. Les artistes morts n’intéressent personne. Ou si peu. On a envie de savoir en temps réel les petits secrets de nos chouchoux sur papier glacé. Nos emo-boys adulés avec qui l’on tchate sur la toile de jour comme de nuit. Nos potes d’after. Nos ex. Nos coups d’un soir.

    Je me demande si tous ces groupes ont un pourcentage sur les ventes de bouquins ou s’ils ont accepté d’entrer en contact avec Pacaly pour ses beaux yeux et la finesse de sa plume, sans contrepartie, persuadés de la pub gratuite et généreuse que ce genre de mascarade va générer.

    Enfin bon …

    Tout ceci est bien triste.

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