Hawksley Workman

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À 35 ans et 11 ans de carrière, Hawksley Workman, multi-instrumentiste et songwriter de talent, vient défendre sur scène ses 11e et 12e albums Meat / Milk. Mélange de pop, indie ou encore de beat electro ces deux albums laissent libre cours à l'imagination débordante de l'artiste où chacun pourra y trouver son compte.

Image de Hawksley Workman Accompagné de son pianiste fétiche Mr Lonely, le show est minimaliste (une guitare et un piano) et centré sur des mélodies accrocheuses et une voix hors du commun. Cette configuration de duo pourrait en effrayer plus d’un. Mais les deux hommes délivrent des chansons allant de la ballade mélancolique à des mises en scène parfois théâtrales et permettent ainsi de faire oublier l’absence de basse ou de batterie.

Son passage en France sera malheureusement rapide, avec deux dates seulement (le Noumatrouff de Mulhouse et la Maroquinerie de Paris). C’est à l’occasion de son concert mulhousien que nous le rencontrons trois heures avant le début du show. L’homme est calme et décontracté. Il nous accueille dans une pièce attenante à sa loge pour nous livrer ses impressions sur la tournée, et revenir quelques instants sur son travail prolifique.

Comment se passe la tournée ?

Oh très bien, assez long, mais tout se passe bien. Nous avons fait un grand tour du Canada pendant 2 mois et nous venons juste d’arriver en France hier.

Et maintenant vous faites donc quelques dates en Europe ?

Oui en France, aux Pays-Bas et en Angleterre et c’est tout.

Que représente l’Europe pour vous ? Et plus particulièrement ?

Je ne suis pas sûr en fait, je pense que nous sommes venus en Europe assez régulièrement ces dernières années. En fait, ça s’est toujours bien passé en particulier en France et en Angleterre et nous voulions vraiment prendre ces 2 semaines de la nouvelle tournée pour les passer ici.

Vous avez vécu en France pendant presque une année, pour quelles raisons ?

À ce moment-là, j’avais un single qui marchait bien en France, il était donc logique de vivre ici, car nous avions beaucoup de dates prévues en Europe. C’était ainsi beaucoup plus facile pour aller en Scandinavie ou en Italie et après revenir à Paris plutôt qu’au Canada.

Pendant cette période vous avez collaboré avec des artistes français comme AstonVilla, Jane Birkin ou bien Johnny Hallyday, les aviez vous rencontrés ?

Uniquement Aston Villa, j’ai écrit une chanson pour Johnny Hallyday, mais je ne l’ai pas rencontré.

Parlons de vos 2 nouveaux albums, Meat et Milk sortis tous deux en 2010. Pensiez-vous composer deux disques séparés ou un double album ?

Le premier (Meat) a été composé seul et le deuxième (Milk) est en fait arrivé par accident. Meat était enregistré et finit, mais je ne me sentais pas de rester sans rien faire à la maison, je suis donc allé à New York et à Stockholm et le temps de ces deux voyages, j’avais presque un nouvel album. Rien n’était planifié, c’est juste ce qui est arrivé.

Et pourquoi le nom de ces 2 albums ?

Pour moi c’est une sorte d’euphémisme sexuel de l’homme et de la femme.

Ce sont vos 11e et 12e albums en presque 10 ans. Il vous arrive de dormir ?

Pas beaucoup! (rires) Vous savez il est dur de rester occupé dans le monde de la musique, surtout en ce moment, je suis donc chanceux d’avoir un travail où je peux faire ce dont j’ai envie. En fait si je ne travaille pas quelque chose ne va pas.

Vous êtes un multi-instrumentiste, votre premier instrument était d’ailleurs la batterie. Comment procédez-vous pour composer, privilégiez-vous un instrument en particulier ?

En fait non, ça dépend je compose parfois à la batterie, parfois au piano, cela change toute le temps, car je pense que si je compose uniquement à la guitare, je commence à avoir des habitudes et à toujours faire la même chose. En changeant souvent d’instrument, la composition devient une nouvelle expérience.

Et est-ce la même chose concernant l’écriture ?

Ma seule règle est que tout aille bien, je ne me force pas à écrire à un moment particulier, si j’ai envie d’écrire un lundi, je le fais. Habituellement je vais toujours avoir quelque chose pour écrire partout où je vais.

Sur Milk, il y a un titre de chanson surprenant, Baby Mosquito. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Je vis dans la forêt au Canada, et les moustiques ont commencé à avoir des maladies à cause du réchauffement climatique. Il m’arrive de penser que nous les tuons sans nous dire qu’ils sont aussi vivants et je ne pense pas que leur vie ait moins de valeur que la nôtre. J’ai donc voulu écrire une chanson d’amour aux moustiques de ma maison. (rires)

Vos concerts sont très énergiques, voire théâtraux, comment considérez-vous l’expérience du live ?

Le live requiert une énergie particulièrement différente du studio. Être sur scène est une chose, mais il y a le reste de la vie qui l’entoure, voyager, les hôtels… Jouer est formidable, mais parfois les autres choses sont un peu plus dures. Je pense que le studio est l’endroit où vous créez de nouvelles choses, la scène est l’endroit où vous les présentez au public. Il est très difficile pour moi d’être créatif devant les gens, je ne pourrais pas écrire une chanson ici juste en face de vous, je me sentirais trop gêné. Créer est un sentiment très fort, aller sur scène permet de le ressentir à nouveau.

Vous composez seul, mais vous jouez parfois avec un groupe. Comment vous sentez-vous avec eux ?

Oh c’est juste un honneur de pouvoir jouer avec eux. Le studio est pour moi un endroit où j’arrive à m’amuser, mais la tournée aussi. Je suis très chanceux, mon groupe est fantastique et ils me connaissent très bien, ils sont en fait pour moi comme une famille. Par exemple, Todd Lumley (« Mr Lonely »), qui m’accompagne pendant cette tournée, joue avec moi depuis 11 ans.

Quelle est votre vie quand vous n’êtes pas en tournée ?

Image de Hawksley Workman J’essaie de toujours travailler, j’écris aussi des chansons pour beaucoup d’artistes à travers le monde ou pour la télévision. Mais quand je suis à la maison, ma vie est très calme, j’aime beaucoup cuisiner. Vous savez quand vous vivez en tournée et que vous voyagez tout le temps la seule chose dont vous avez envie en rentrant c’est d’être tranquille. Parfois des amis m’appellent et me disent « Viens avec nous dans un bar, il y a groupe qui joue ce soir » et je leur réponds « Vous êtes fous je vais dans des bars depuis 4 mois, je vais rester à la maison et me comporter comme un vieux ».

Comment imaginez-vous votre carrière dans 10 ans ?

20 albums ?

20 albums, probablement (rires). Je pense que je vais un peu moins tourner. Je produis aussi des artistes et je pense que c’est la bonne chose pour moi de continuer dans cette voie.

Vous allez donc vous impliquer encore plus dans votre propre label Isadora Records ?

Oui, je pense que c’est clairement la direction vers laquelle je vais aller.

Quel a été le premier artiste qui a compté pour vous ?

En album c’est probablement Blondie et en live un groupe canadien que vous ne connaissez certainement pas, très démodé maintenant : Glass Tiger.

Endroit préféré dans le monde ?

J’aime beaucoup Tokyo, Paris, Los Angeles et Toronto, que des grandes villes en fait. Mais j’aime aussi beaucoup être dans mon lit avec ma femme ou dans ma cuisine…

Dernier album acheté ?

The XX, il est très bon.

Je l’aime aussi, ils seront d’ailleurs à l’affiche d’un festival pas très loin d’ici cet été…

Ah oui les Eurockéennes de Belfort. J’aime beaucoup ce festival, j’y ai déjà joué en 2002. Qui est à l’affiche cette année ?

Après quelques paroles échangées sur la programmation du festival, Hawksley nous quitte pour aller faire son jogging, et selon lui, se détendre avant le concert. Concert qui justement a tenu toutes ses promesses et conquis avec brio le public, bien trop clairsemé, du Noumatrouff.

Crédits photo : Yann Swerve

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A propos de l'auteur

Image de : Bercé au son de Pink Floyd, Led Zep, je ne pouvais faire autrement que d'aimer le rock dans tous ses états. Fan de rock indé ou de folk-rock, j'arpente la scène strasbourgeoise et les différents festivals en quête de nouvelles sensations...

3 commentaires

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  1. 1
    Lou
    le Mercredi 2 juin 2010
    lou a écrit :

    OMG je l’aime cet artiste, je l’ai rencontré à ses débuts (I’m jealous of your cigarette), il chantait en manteau de fourrure fushia et pantalon à épingles à nourrice…Tout simplement génial!

  2. 2
    Melchior Tersen
    le Jeudi 3 juin 2010
    melchior a écrit :

    super artiste

  3. 3
    le Mercredi 9 juin 2010
    Schmitt a écrit :

    Super artiste, j’aime beaucoup et sympa l’interview.

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