Harvey Milk + Ultraphallus + Abrahma | Glazart | 28.05.2012

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Date à surligner au marqueur rouge sang dans ton agenda, les Harvey Milk passaient à Paris ce lundi au Glazart, concert immanquable pour tout personne de bon goût ayant un tant soit peu de respect pour soi.

Image de fly-harveymilk Un lundi qui se plaçait dans l’exacte continuité du double coup de fouet asséné par la Villette Sonique (Sleep le samedi, Godflesh le dimanche) pour les plus courageux, ceux qui aiment la souffrance, l’odeur de mort, mais, par dessus tout, Rivers Cuomo.

Harvey Milk est un groupe qui a du style. Un style qu’eux seuls possèdent, bien au-delà de la pale copie des Melvins qu’une écoute trop rapide pourrait laisser supposer. Le trio d’Athens joue simplement du blues des temps modernes, à sa façon, et avec l’attirail technique que 2012 peut permettre: un putain de mur de son, des riffs puant la terre américaine, les tracteurs et la tristesse – ce genre de tristesse détachée, flottante, propre au blues, et c’est bien ce qui rend le groupe absolument fascinant. Les trois types formant Harvey Milk auraient largement plus la tête à jouer dans un cover band d’AC/DC, de trancher du gibier par tonnes de cent et de se reproduire entre eux tout les week-ends que de puer la classe sur scène. Le bassiste arbore ce look de clodo céleste essayant de t’endormir avec des histoires contenant des mots de plus de cinq syllabes, pour finalement te poignarder dans le dos et te dépouiller au possible, le guitariste pourrait animer une fête foraine au stand de tir et le batteur ressemble à ton prof de géographie un peu timide au collège, celui qui avait les larmes aux yeux lorsque le volume sonore que donnait ta classe glissait doucement vers l’odieux.

Mais sur scène, mon dieu, sur scène, ces trois types pas bien imposants se transforment en machine à tuer. Le son est d’une lourdeur absolue, chaque coup de grosse caisse de Spence, magnifique batteur, fait reculer le public d’un mètre, chaque riff sorti par basse et guitare décapite les trois premiers rangs, et la musique d’Harvey Milk doit certes au blues, mais transforme celui-ci en quelque chose de moderne, de sale, de lourd, s’accorde avec son temps, tout en gardant la tristesse originelle qui caractérise bien ce genre de musique. Peu de gens ont fait le déplacement ce soir, on décompte mois d’une centaine de personnes pour un groupe absolument essentiel et d’une incroyable beauté, sûrement le contrecoup de la Villette Sonique, mais on reste tout de même déçu par le manque d’affluence.

Il y avait Ultraphallus en première partie, une première moitié de set réellement prenante, jusqu’à ce que celui-ci se perde dans des passages bruitistes un peu trop longs, et Abrahma, que nous raterons malheureusement de peu.

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En savoir +

Harvey Milk : http://www.myspace.com/harveymilk

Ultraphallus : http://www.myspace.com/ultraphallus

Des photos du concert sur le Flickr D’Hanaofangel : http://www.flickr.com/photos/hanaofangel/

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1 commentaire

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  1. 1
    le Mardi 5 juin 2012
    Thomas B. a écrit :

    J’y etais !Tres content de voir enfin Harvey Milk sur scene ! quel show !!!

    bonne chronique au passage !
    a bientot

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