Hanni El Khatib, Head in the Dirt

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Pour son deuxième album Head in the Dirt, le californien Hanni El Khatib continue à arpenter la Route 66. Du rock essentiellement avec à la guitare, une moitié des Black Keys, Dan Auerbach.

Image de  Retour sur son premier album, deux ans plus tôt, Will the guns come out. Une guitare et une batterie, du rock et du blues dans toute leur simplicité, une voix rocailleuse et un look vintage pour rendre hommage au rock garage des 60′s. Sans oublier la gomina de rigueur. L’album avait été salué presque unanimement pour sa cohérence, du son au look d’Hanni en passant par la pochette (photo d’un accident de voitures des années 60), tout était à sa place. Et lui est bogosse pour ne rien gâcher. Mais un bogosse qui connaît ses classiques et l’importance de l’image, lui qui est directeur artistique du label Innovative Leisure (le sien) et ancien designer dans le milieu du skateboard.

Qu’en est-il de la crasse du premier garage dans lequel il s’était enfermé ? Avec l’aide de Dan Auerbach, ils ont passé la serpillère et enlevé les toiles d’araignées pour garder l’essentiel. Sur les onze titres que compte l’album, exit la guitare acoustique et place à l’électrique, la batterie et l’orgue Hammond. Enregistré en moins de 15 jours à Nashville, l’album s’en tire avec les hommages. Rock toujours bien sûr, mais pas seulement. Le premier titre donne son nom à l’album et le ton. Les sixties ne sont pas mortes. L’énergie est toujours là. Les amateurs des Black Keys ne seront pas dépaysés. Les riffs de guitare , les rythmes de la batterie sont bien là, comme sur le titre Skinny Little Girl ou bien Sinking in the Sand, morceau plus rageur aux accents punk, mais punk propre quand même. Sur le titre Family, on frappe dans ses mains aux rythmes de Jerry Lee Lewis. Nobody Move et Low lorgnent du côté des rythmes reggae et même indiens. Après tout, les beatniks sont aussi nés dans les années 50…Hanni El Khatib ne sait donc pas faire que du rock. Il ose même un détour très pop avec le titre Penny.

Hanni El Khatib a du talent et Dan Auerbach ne s’y est pas trompé. Celui de nous emmener aux racines du rock, dans un territoire qui semble familier à la première écoute. Head in the dirt ? Pas vraiment. La Chevrolet brille, le sol du garage aussi. Mais il n’est pas nécessaire d’avoir les mains dans le cambouis et d’être crasseux pour faire du rock, et encore moins pour l’aimer. Un disque qui ne sonne pas comme une révolution mais qui figure en bonne place parmi les basiques du rock.

Hanni El Khatib, Head in the Dirt (Innovative Leisure / Because Music), sortie le 29 avril 2013.

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A propos de l'auteur

Image de : un peu d'histoire des arts, beaucoup de sons et l'écriture passionnément. Web ou print côté pro, ici pour le plaisir.

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