Handsome Furs – Sound Kapital

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Le nouvel album du duo Handsome Furs poursuit la ligne qui leur est chère : une attitude sexy, de quoi danser et de quoi réfléchir.

Il était une fois Dan Boeckner, un pur produit de la scène rock montréalaise, promu chez Sub Pop avec son groupe classieux, Wolf Parade. En couple avec Alexei Perry, qui écrit des nouvelles et de la poésie, ils démarrent Handsome Furs dans un tout petit appartement de Vancouver en 2007. Très loin des histoires de dragons, de rois et de reines, ils prennent le parti de se confronter à de nouvelles cultures lors de tournées en Russie et en Europe de l’Est, et récoltent des histoires de capitalisme sauvage dont naîtra leur second album Face Control. Le visage de Vladimir Poutine orne le dos de la pochette.

Deux ans plus tard, les Handsome Furs nous reviennent avec un clip étrange pour leur single What About Us, mélangeant libido et voitures, ainsi qu’une pochette d’album censurée au Canada. Pas gênés de déranger, le duo passe à l’offensive et en déconcerte quelques-uns, en exposant au grand jour sa relation amour/haine avec l’Amérique du Nord.

Handsome Furs – « What About Us » from stereogum on Vimeo.

Ce troisième album, intitulé Sound Kapital a été entièrement composé au synthétiseur, principalement en tournée sur les routes de Chine, de Hongrie ou de Bulgarie. Direct et sans temps morts, le son de Handsome Furs s’éloigne encore un peu de la langueur de Plague Park, leur premier album, et de l’acidité de Face Control, pour constituer une sorte de manifeste pop à l’urgence palpable. Alors que Face Control évoquait les mutations de l’Europe de l’Est et de la Russie, Sound Kapital parle quant à lui la Chine, du contrôle de l’État, mais aussi de la capacité des artistes à créer dans l’adversité, malgré tout. On pense alors inévitablement  à l’ouvrage remarqué du photographe Matthew Niederhauser, consacré à la scène musicale underground de Pékin et intitulé…Sound Kapital.

À base de synthétiseurs et de guitares lascives, les neuf titres créent une pop eighties dansante et acidulée qui trouve tout son mordant sur Repatriated, Damage ou Cheap Music, l’un des meilleurs titres du groupe. Il est des moments où on regrette le dépouillement de Face Control, qui parvenait à frapper juste avec une efficacité redoutable, mais on se réjouit de l’attitude sincère et décomplexée du duo. Il ne nous reste plus qu’à entrer dans la transe.

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A propos de l'auteur

Image de : Depuis 2004, Julia parcourt les festivals et les salles de concerts en quête de sensations musicales fortes et affiche un net penchant pour la scène indépendante montréalaise, le folk, l'électro et le rock. Malgré une enfance biberonnée à la culture populaire des années 90, sa bibliothèque ITunes n'affiche presque rien entre 1985 et 2000. Repêchée trois fois par le vote du public, Julia anime désormais la rubrique Musique avec Pascal et Laura. "Discordance m'a sauvée". Mon blog / Twitter

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