Hacride + Centaurus A au Nouveau Casino

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Largement encensé par les médias métalliques, Hacride était de passage à Paris pour nous prouver, armes à la main, la qualité de sa dernière production, Lazarus.

hacride Centaurus A monte sur scène dans une ambiance quasi-sibérienne. Et tout laisse à penser que cela ne changera pas : la salle est à moitié pleine (ou à moitié vide, c’est selon), le public éparpillé et le groupe largement inconnu – leur premier album vient de sortir chez Listenable records. Classique dans le sens péjoratif du terme, leur trash métal technique peine à convaincre, si bien que les spectateurs applaudissent sans trop se fouler. Et pour cause, même si l’on apprécie ce genre de musique, rentrer tête la première dans l’ambiance du groupe s’avère aussi compliqué que monter dans un TGV lancé à toute allure. Les breaks sont incessants, les guitaristes baladent leurs doigts sur un manche trop petit pour tout ce qu’ils ont à y faire pendant que le batteur de fortune – le titulaire est souffrant- tape sur tout ce qu’il voit avec une aisance déconcertante. Sans effets. Les allemands laissent la salle dans l’état dans lequel ils l’avaient trouvée.

Tempête sonore

Après quelques minutes de jeu principalement mélodique et plutôt faiblarde, Hacride rentre dans le vif du sujet. Ils sont venus pour prouver la qualité de leur dernier disque, Lazarus, et nous invitent maintenant explicitement à voyager au rythme de leur tempête sonore. Walk among them débute annonçant le début d’un long et plaisant périple – le titre fait quinze minutes sur cd. Le chanteur, Samuel Bourreau, déploie un charisme et une puissance incroyable. Mea culpa : l’avis mitigé donné sur celui-ci dans ces mêmes pages ne vaut que pour le disque. Du haut de l’estrade du Nouveau Casino, il regarde le public comme un prédateur guetterait sa proie, montrant des spectateurs du doigt pour les amener de force dans la gueule grande ouverte du loup. Il contraste ainsi largement avec le guitariste et le bassiste, plongés dans leur bulle. Toutefois, ceux-ci débordent de sincérité, si bien que l’effet de contagion nous atteint vite.

Le petit décor monté pour l’occasion – deux grands panneaux montrant la pochette, un écran avec le logo du groupe, plus les traditionnels diffuseurs de fumées et spots – se marient avec force aux nappes synthétiques déclenchés par le batteur. Féroce, l’instrumentale n’a plus qu’à se poser sur son trône et à dévoiler toute sa puissance.

Sans pogos, ni mosh pits, ni slams

Le combo poitevin jouera surtout des titres provenant de son dernier disque. Le set ne contient autrement que le premier et le dernier titre d’ Amoeba, histoire de montrer un peu les dents face à un public qui ne demande que ça. Pourtant, pas de pogos, pas de stage-diving et peu de heabangings : la réaction des spectateurs semble concorder avec la vision du groupe lui-même. Hacride a une puissance immense et profonde, qui nous engloutit littéralement en live. On capte avec plaisir leur musique mais sans la recracher sous forme de mosh pits et autres. Au contraire, on conserve jalousement ses sensations pour jouir, immobile, du spectacle.

On the threshold of death offre une fin majestueuse à un public déjà conquis. Il n’y aura pas de rappel. Le groupe suit méticuleusement ce qui semble être un de ses commandements : « On ne joue jamais rien après on the threshold of death ». C’est là la seule fausse note du concert : trop bon mais trop court.

Crédit photos : Sybil De Doria

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En savoir +

Myspace : http://www.myspace.com/hacridev2
La chronique de Lazarus sur Discordance : http://discordance.fr/Hacride-Lazarus,1047.html
L’interview d’Hacride sur Discordance : http://www.discordance.fr/Hacride,1068.html

A propos de l'auteur

Image de : Yves Tradoff s'intéresse à beaucoup de choses : http://yvestradoff.over-blog.com (work in progress)

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