Hacride

par |
Dans le métal, il y a ceux qui envoient la sauce sans sommation et les autres, qui prennent le temps de viser afin de toucher plus durablement. Les membres d'Hacride usent clairement de la seconde stratégie. Montés à Paris pour défendre leur petit dernier, Lazarus, nous les avons rencontrés dans un célèbre bar métal parisien.

Lazarus

hacride_logo01 Le format de votre disque est pour le moins risqué. Pourquoi avoir choisi de mettre une plage d’un quart d’heure en guise d’introduction?

Samuel Bourreau (chant) : Jusqu’au dernier moment, on ne savait pas si on allait la placer au début du disque. On a choisi de le faire parce que la chanson représentait l’introduction au niveau des paroles.

Adrien Grousset (guitare) : On aime la mise en danger. On ne voulait surtout pas refaire la même chose qu’avant. Présenter un morceau de quinzaine minutes permet d’afficher la couleur. Si ça marche pas, tant pis.

Quelle est la signification du titre du disque, Lazarus ? Fait-elle référence au personnage du Nouveau Testament, Lazare ?

Samuel : Le titre ne fait pas référence au personnage de la Bible mais au syndrome de Lazare. C’est une pathologie médicale qui est caractérisée par le fait qu’un homme, dit en mort clinique, se réveille et ne voit plus le monde de la même façon. Toutes les paroles se fondent sur ce concept-là. Elles parlent d’un personnage sur le fil du rasoir, qui ne se retrouve pas dans le milieu dans lequel il évolue.

Évolution

Avez-ou remarqué une plus grande considération des acteurs du monde de la musique après la sortie d’ Amoeba (label, médias, salle, musiciens etc.)? Pensez-vous avoir opéré un changement de stature depuis votre premier album?

Samuel : A l’époque de Devient Current Signal ( DCS ), nous nous connaissions depuis à peine deux ans, notre projet était encore très jeune. A ce titre, nous ne le considérons pas comme notre véritable premier album. DCS est plutôt notre premier essai sous cette formation. Il nous a permis de savoir ce qu’on voulait faire, ce qu’on pouvait faire. Nous avons mis beaucoup plus de rigueur et de conscience dans le travail d’ Amoeba, ce qui a effectivement permis, à mon sens, de nous faire remarquer des professionnels, comme du grand public.

Adrien : Sur Amoeba, il y a eu un certain déclic. Même si l’on n’a pas assez de recul, je pense que c’est encore plus flagrant avec Lazarus .

hacride_logo02 Considérez-vous que Gojira a ouvert une brèche permettant aux groupes français de s’exporter?

Adrien : Gojira a permis de crédibiliser la scène française à l’étranger. En même temps, ils occupent tellement l’espace médiatique qu’il est difficile de se faire une place. Ils ont ouvert une porte mais le nom  » Gojira  » est gravé dessus. Alors, soit t’en ouvres une autre, soit tu prends la même et t’essayes de te démarquer.

Samuel : Après, il faut rendre à César ce qui est à César. Gojira a fait preuve d’une grande rigueur dans son travail. Ils ont vraiment réussi quelque chose de grand.

Une grande partie du métal est construite autour de l’énergie, de l’instinct. A contrario, vos compositions font la part belle aux passages contemplatifs. Sentez-vous une réticence des fans à ce genre de passages en concert ?

Adrien : Il y a des réticences, c’est clair. Les personnes qui viennent nous voir en concert pour faire du headbanging et du slam vont être déçues tant Lazarus est jonché de plans mélodiques, mélancoliques et contemplatifs. Après, le côté agressif est toujours présent, il est même plus important à mon sens parce qu’il est malsain.

Samuel : On savait qu’on allait perdre des fans avec ce disque. Mais l’intérêt, c’est aussi de se jeter dans l’inconnu, de créer quelque chose de nouveau, toujours dans le but de se démarquer.

Composition

On sent dans vos disques une certaine ouverture musicale, d’où la qualification « progressive » qu’on vous donne. Quelles sont les musiques, les groupes, métal exclu, qui vous touchent?

Samuel : On n’est pas des « métalleux » type. Adrien aime bien le flamenco d’où la chanson Zambra (ndlr : piste 4 d’ Amoeba ). Personnellement, j’écoute du hardcore mais aussi de l’électro par exemple. Notre batteur est très influencé par le jazz. Enfin, le bassiste est plus attiré par le black métal. On a chacun nos préférences mais ce qui nous rassemble, c’est le fait d’écouter de tout. C’est important et cela se ressent dans notre musique.

Mise à part la musique elle-même, quelles sont les choses qui sont sources de création pour vous ?

Adrien : Notre inspiration vient pour partie de nos vies privées. Si on dépense autant d’énergie, que ce soit sur scène ou pour composer de la musique, c’est parce qu’on a besoin d’exprimer des choses autrement que par la parole. Mais notre inspiration vient également de l’actualité. On est assez attentif à ce qui se passe autour de nous.

hacride_logo03 J’imagine qu’il y a des choses qui vous poussent plus à écrire que d’autres…

Adrien : c’est clair que dans une période où le gouvernement en place est anti-culturel, anti-jeune etc., quelque chose te brûle de l’intérieur.

Sam : la décision de produire un concept-album sur le syndrome de Lazare a été influencé par le contexte actuel.

Écrivez-vous les paroles à partir d’un instrumental défini ou l’inverse ? Dans le même registre, quel a été votre processus de composition sur Lazarus (jam, une personne arrive avec une composition déjà prête, etc.) ?

Adrien : J’ai composé toute la base instrumentale. Cela m’a pris un an et demi. Tous les membres ont ensuite récupéré les enregistrements et les ont réarrangés. Le chant a été mis en place après. C’est un modèle efficace car il y a plusieurs filtres.

Conclusion

Depuis plusieurs années, le métalcore est le style en vogue dans les musiques extrêmes. Or, beaucoup des groupes qui le pratiquent font usage de plans polyrythmiques, popularisé par Meshuggah. Pensez-vous que cette technique musicale soit le futur du métal?

Adrien : Meshuggah a révolutionné le métal en exploitant cette technique en profondeur. Beaucoup de groupes se sont ensuite immiscés dans la brèche et ont abusé de ce procédé. Désormais, les polyrythmies commencent à être usées. Je pense même qu’elles ont tendance à mal vieillir, sauf pour Meshuggah qui les utilise à merveille.

Merci à Jess (Listenable) et au groupe d’ Hacride pour le temps qu’ils nous ont accordé.

Partager !

En savoir +

A lire sur Discordance :

- http://discordance.fr/Hacride-Lazarus,1047.html » href= »http://discordance.fr/Hacride-Lazarus,1047.html »>La chronique de Lazarus sur Discordance
- http://www.discordance.fr/Hacride-Centaurus-A-au-Nouveau,1067.html » href= »http://www.discordance.fr/Hacride-Centaurus-A-au-Nouveau,1067.html »>Le live report de Hacride au Nouveau Casino

Sur le groupe :

- http://www.myspace.com/hacridev2 » href= »http://www.myspace.com/hacridev2″>Myspace
- http://www.hacride.com » href= »http://www.hacride.com »>Site officiel

A propos de l'auteur

Image de : Yves Tradoff s'intéresse à beaucoup de choses : http://yvestradoff.over-blog.com (work in progress)

Aucun commentaire

Abonnez vous au Flus RSS des commentaires

Réagissez à cet article