Guerilla Poubelle

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Le 22 décembre dernier le Mars Attack, bar angoumoisin réputé pour ses nombreux concerts, se met aux couleurs du punk made in France en accueillant trois jeunes groupes emblématiques du renouveau de ce mouvement musical : Never Again, Justin(e) et Guerilla Poubelle.

Le trio parisien vient juste de sortir son deuxième album, Punk = Existentialisme, l’occasion pour moi de faire plus ample connaissance avec Till, Alex et Koj avant qu’ils ne montent sur scène.

Pour ceux qui ne vous connaissent pas, pouvez-vous faire un petit retour sur l’histoire de Guerilla Poubelle ?

guerilla-poubelle-2 Till : Guerilla Poubelle c’est moi au chant et à la guitare, Alex, notre nouveau batteur depuis un an et Koj qui fait de la basse et du chant. Il y a d’autres gens dans l’équipe, comme Grincheux qui est ingénieur du son et Damien qui conduit le camion et qui boucle les dates. C’est un peu notre nounou ! On existe depuis 2003 maintenant. A la base on est potes de concerts de punk.

Alex : J’étais dans un autre groupe avant, à Montpellier, qui s’appelle Leptik Ficus qui faisait du punk rock en français.

Till : On avait joué avec ce groupe pas mal de fois. Alex s’est barré de ce groupe au moment où on a viré notre ancien batteur, donc c’était impeccable.

Alex : Pourquoi on fait de la musique ? Parce qu’on a peur de se faire chier le week end ! Pour que le reste de la semaine soit plus vivable. Pour apprendre un maximum de trucs.

Till : On est tellement névrosé qu’on passe notre temps à faire du rock. Et ça nous permet de rencontrer des gens et évidemment de gagner plein d’argent et devenir riche ! Sérieusement, on ne s’est jamais dit un jour :  » Hey, je vais faire du punk ! « . C’est quelque chose qui vient comme ça et puis tu le fais. Ça ne se commande pas, c’est comme tombé amoureux.

D’où vient ce nom de scène Guerilla Poubelle ?

Alex : Je ne sais pas où Till a trouvé ça !

Till : Trouver un nom de scène, c’était plus une corvée qu’autre chose. Du coup, on a fait une liste avec 300, voire 400 noms et celui qui nous paraissait le mieux, c’était Guerilla Poubelle . On a passé toute une après-midi à faire la liste. On s’est bien marré. On a trouvé beaucoup de bêtises comme Les Rats Divers Solitaires ! A la base, c’était même Guerilla Industrie Poubelle, mais on s’est dit que c’était un peu long. On s’est rendu compte à l’usage que ça nous correspondait bien. C’est à la fois agressif et un peu dérisoire. C’est pas vraiment sérieux, c’est ambigu, c’est décalé comme la vision qu’on peut avoir sur pas mal de trucs… C’est un peu le quitte ou double. Soit les gens adorent, soit ça leur fait peur !

Quelles sont vos principales influences musicales ?

Till : Jules César !

Alex : Ben Hur !

Till : On écoute tellement de trucs ! Tu verrais ce qu’on écoute dans le camion. ça va du simple au double. En gros c’est un mélange de bon vieux punk français : Sheriff, Cadavres, même les Bérus et des trucs ricains : NOFX, Rancid . Après, c’est plus au public de définir ce qui le touche dans notre musique.

Punk= Existentialisme, est-ce que ce titre reflète votre propre vision du punk ?

cd-guerilla-poubelle Till : Forcément ! On s’en est beaucoup rendu compte après avoir fait le choix d’appeler notre deuxième album comme ça.

Koj : On n’arrivait pas à se mettre d’accord sur un nom. C’était un slogan qu’on utilisait déjà pour des T-shirts. On n’était pas chaud au début pour l’utiliser comme nom d’album, mais on n’en a pas trouvé de mieux alors on l’a gardé. En faisant des interviews, en rédigeant les explications, on s’est rendu compte que ça correspondait à notre vision du punk, mais aussi de la vie.

Entre cet album et le précédent, est-ce que vous pensez avoir évolué et en quel sens ?

Koj : On a changé de batteur ! Ca change beaucoup dans la manière de jouer la musique. Avant, les batteurs avaient une vision très batterie de la musique. Ils étaient plus rock et Alex est vraiment un bon batteur de punk. Et j’ai changé de coupe de cheveux !

Till : Ce qui a changé, c’est surtout la façon dont on a composé. Pour le premier album, on a fait des concerts pendant un certain temps et on a composé les morceaux au fur et à mesure des concerts. Pour le deuxième, on s’est vraiment arrêté. On s’est dit qu’il valait mieux se poser et prendre six mois pour faire des maquettes, composer des textes et tout ça. On a composé très vite, presque en un seul jet.

Koj : Surtout sans avoir fait aucun concert ensemble et sans avoir fait aucun morceau ensemble, comme si on était un nouveau groupe. On s’est vraiment posé pour faire les choses bien.

Till : Après, au niveau des textes, comme ils sont écrits dans un laps de temps plus court par rapport au premier disque sur lequel les textes on été travaillés des tas de fois, ils sont peut-être plus bruts, plus directs.

Vous donnez beaucoup de concerts. Qu’est-ce que la scène vous apporte ?

Till : Argent, gonsesses et défonce ! Et de la bière des fois aussi.

Alex : Personnellement aucun des trois !

Till : Ca nous a apporté des rencontres, beaucoup de fêtes et de concerts. On a vu des groupes supers sur scène qu’on n’aurait peut-être pas eu l’occasion de voir si on avait moins tourné. On rencontre des gens adorables et des gros cons qui nous confirment notre façon de penser sur certaines choses. Des plans de galère aussi. Maintenant, Damien est incollable sur la mécanique ! On ne se pose pas vraiment la question de savoir ce que ça nous apporte, c’est juste le sens de notre vie de faire ça.

Koj : Dire que c’est le sens de notre vie c’est peut-être un peu fort. C’est plus une volonté.

Vous avez donné des concerts à l’étranger, notamment en Angleterre. Quel a été l’accueil du public ?

Till : Quand on est arrivé en Angleterre, personne ne nous connaissait. Parfois, on commençait à jouer et les mecs ne savaient même pas si on était français ou quoi. Les gens n’avaient aucun a priori, aucun préjugé, ce qu’il y a beaucoup en France. C’était nouveau et le public était forcément objectif. Donc ça s’est super bien passé. On a réussi à faire des concerts cool tous les soirs.

Koje : Et à s’amuser avec le public! On a réussi à s’amuser entre nous et à communiquer notre plaisir au public.

Sur Myspace, vous dîtes que vous avez hésité longtemps avant de créer votre propre page. Pourquoi ?

Till : On s’est toujours dit  » Myspace ça ne sert à rien « .

Koj : On a déjà tout en place sur notre site : on peut y écouter des MP3, on a mis en place un blog aussi. Je pense que Myspace créé un réseau social un peu bidon. C’est une généralisation du fameux quart d’heure de gloire de Warhol qui est devenu le quart d’heure de gloire Star Academy et qui en plus maintenant est le quart d’heure de gloire de Myspace .

Till : Sauf que depuis que Myspace existe, toutes les fréquentations sur les sites web sont en chute libre. La plupart des gens sur Internet ne vont plus que sur Myspace ou Google . Les gens s’arrêtent à des trucs superficiels tout le temps. Si t’es pas sur Myspace, tu n’existes pas. En Angleterre, c’est encore pire qu’en France. Sur tous les flyers, sur toutes les affiches, il n’y a que les adresses Myspace . C’est pratique, c’est très puissant. Tu as des groupes qui, il y a dix ans auraient galéré, mais qui grâce à ça arrivent à tout faire. Pour ce côté-là, c’est bien. Cependant, c’est en train de prendre le dessus sur tout et c’est pas bon. Comme tout, il faut faire hyper gaffe à ne pas fourrer le nez toujours au même endroit.

Est-ce que vous avez déjà des idées pour votre prochain album ?

Till : On joue tous les week ends. On n’a même pas fait de répètes depuis que le nouvel album est sorti. Tagada Jones disait qu’ils ne répétaient plus jamais. Quand tu tournes beaucoup tu ne répètes pas en fait, sauf quand il faut faire un disque ou quand ça fait tellement de concerts que tu donnes que tu ne connais même plus les morceaux parce que tous les soirs tu fais un truc approximatif mais que personne ne s’en rend compte.

Qu’est-ce que vous aimeriez qu’on dise de vous ?

Till : Ce que j’ai entendu de plus gentil c’est :  » Ah putain les mecs c’est cool ! Quand on vous voit en concert on a l’impression d’être en répète avec vous ». Sinon, un jour en concert, il y un mec, un vrai punk avec une grosse crête et le blouson de cuir, qui m’a dit :  » Ah putain, Guerilla c’est excellent ! Vous êtes le renouveau du punk en France . » Il m’a pris par l’épaule et il a ajouté :  » Si Sid était encore vivant, il serait fier de vous.  »

En savoir +

Site officiel: http://www.guerilla-asso.com

visuel-mars-attack Live Report

20 heures, Angoulême, rue du Champ de Mars. Le Mars Attack affiche déjà complet. Les fans de punk, tous âges confondus, se sont donnés rendez-vous pour une soirée intense.

C’est Nerver Again, groupe de hardcore mélodique originaire de Saintes, qui ouvre le bal au rythme des titres issus de sa première démo, Smash The Wall . Le public est déjà très motivé. On s’agite de tous les côtés. Le premier pogo est même lancé ! Bref, Never Again a surchauffé la salle et ce n’est que le début de la soirée. S’ensuivra une série de slams interminable, orchestrée par deux ados en herbe déterminés.

Le temps de se rafraîchir du côté du bar (car la chaleur est vraiment intense dans la salle) et c’est au tour des nantais de Justin(e) de monter sur scène. Leur set est énergique et bien rodé. Les gars enchaînent leurs morceaux dans une ambiance de folie, au rythme de la formule de rigueur : Pizza ! Pizza ! Pizza ! Bière ! Bière ! Bière ! Dynamique et généreux, Justin(e) a conquis le public.

Mais le groupe que tout le monde attend ce soir répond au nom de Guerilla Poubelle. Dès les premières notes de Punk is not a job, extrait du premier album du combo, c’est la folie totale ! Le public est complètement déchaîné et cette motivation survoltée ne redescendra pas un seul instant tout au long du set. Guerilla Poubelle est fidèle à sa réputation : entre deux morceaux, le groupe instaure un dialogue des plus originaux avec son public en le titillant comme personne. Nous on gueule pas comme des cons pizza pizza pizza ! . Auquel le public rétorque évidemment un bière bière bière de circonstance.

 » Attention, la chanson qui suit est très compliquée, il y a deux accords et c’est le double des morceaux habituels  » balance Till . Et ce titre n’est autre que Demain il pleut qui plonge le public dans une hystérie générale. Le groupe sera bientôt rejoint par un des membres de Justin(e) qui se mettra littéralement à nue sur la scène.  » Ça me dégoûte, le gars qui nous insulte depuis tout à l’heure a le même caleçon que moi ! « , Guerilla Poubelle enchaîne les principaux titres de ses deux albums dans une bonne ambiance.

Le combo offrira même un rappel à son audience insatiable. Au son de Culture Poubelle, le public retrouve sa motivation originelle, malgré un petit oubli des paroles. Peu importe ! Le trio jouera deux autres titres avant de disparaître. On remercie Till, Koj et Alex pour leur humour taquin, leur sens de l’auto-dérision et leur générosité.

Si vous voulez vivre d’autres concerts de ce genre, n’hésitez pas à passer les portes du Mars Attack .

Agenda :

Jeudi 24 janvier : L’Opium du Peuple + Condkoi

Vendredi 25 janvier : Washington Dead Cats + La Bonne la Brute et le Truand + Gatechien

Samedi 26 janvier : Jad Wio + Human Toys

Vendredi 28 mars : Babylon Pression

Samedi 10 mars : Uncommonmenfrommars

En savoir +

Myspace: www.myspace.com/marsattack16

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A propos de l'auteur

Image de : Fraîchement débarquée dans la vie active après des études de communication, j'assouvis ma passion pour la musique en jouant les apprenties journalistes et en écumant les salles de concerts parisiennes à la recherche de nouvelles sensations ! Et même si ma guitare commence à prendre la poussière, un jour j'arriverais peut-être moi aussi à faire quelques chose de mes dix doigts.

7 commentaires

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  1. 1
    le Lundi 2 juin 2008
    amandine titeteufee a écrit :

    guerilla putain franchemen c mon groupe préféré jsui plus kune fan vivmen le 14juin o pleine air de jarny gsper les voir et pa mal la ptite interview merci g adoré lire pourtan c pa tro mon truk.

  2. 2
    le Lundi 2 juin 2008
    Hélène a écrit :

    Merci à toi Amandine. Contente de savoir que l’article t’a plu.
    Et je suis d’accord avec toi. Guerilla Poubelle est un super groupe.

  3. 3
    le Lundi 2 juin 2008
    Dimitri a écrit :

    Je suis d’accord c’est un très bon groupe mais faut pas oublier d’où ils sont issus : Les Betteraves étaient pas mal non plus et se prenaient vraiment pas au sérieux…

    Pour les avoir vu en live sur leur 2 tournées effectivement ça avoine, attention cela peut même être dangereux^^ Une côte s’en rappelle encore, ou aussi mon poignet :p

    On peut citer d’autres groupes comme Gilbert et ses Problèmes, Leptik Ficus, Rancid…

    Puis une floppée de petits groupes de punk bien sympatoch sur une très bonne compil « Dites le 4 fois plus fort »

    Mais je sais pas s’ils arrivent à la hauteur des Sales Majestés ;)

  4. 4
    le Lundi 2 juin 2008
    Spoon a écrit :

    Les Sales Majesté c’est le niveau au dessus ! J’ai beaucoup aimer le dernier album de guérilla poubelle , et le bonus dvd est exellent !

  5. 5
    le Mardi 3 juin 2008
    Arno Mothra a écrit :

    Les Sales Majestés sont inégalables ! « Les patrons, c’est comme les cochons » :) )

    Je préfère Justin(e) et Les Betteraves que Guerilla, mais ça reste un très bon groupe aussi.
    Sympa l’interview :)

  6. 6
    le Mardi 3 juin 2008
    Dimitri a écrit :

    Enorme concert d’adieu en octobre dernier à Montpellier !! Qui a malheureusement fini à coups de matraques par les CRS^^ Pour aucune raison d’ailleurs…

    Je n’ai plus peur de galérer
    Même si je dois en crever
    Je n’ai plus à obéir

    Je n’ai peut-être plus de blé
    Mais j’ai repris ma liberté
    J’ai retrouvé ma fierté
    Même si je suis devenu
    Un chien perdu sans collier

    Oui ! J’emmerde la société !
    A jamais un révolté
    Oui ! J’emmerde la société
    Plus jamais un exploité !

  7. 7
    le Mardi 15 juin 2010
    chloe a écrit :

    des punk commerciale on a jamais vu sa.
    de plus la gentillesse n’est pas leur fort
    mais bon on ne peut pas essayer de faire de la musique et apprendre à sourire et dire merci en même temps.

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