Gravenhurst | Café de la Danse | 20.04.2012

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Vendredi 20 avril, Gravenhurst donnait un concert au Café de la danse pour présenter son nouvel album, The Ghost in Daylight. Nick Talbot était-il là ou était-ce son fantôme ? Gravenhurst n'a pas réussi à remplir d'émotion cette petite salle parisienne. Alors pourquoi la majorité a-t-elle trouvé son compte musical pendant cette soirée ?

D’abord parce que, même s’il est difficile après une semaine chargée en mauvaises vibes de se mettre dans l’ambiance d’un concert posé, surtout quand on se shoote à Madeon à fond dans le casque pour supporter un quotidien légèrement pénible (tout est relatif), le public a pu compter sur The Barr Brothers pour que la transition se fasse en douceur.

Brad et Andrew Barr, respectivement chanteur-guitariste et batteur, sont originaires du Rhode Island (« Nés dans les États-Unis, nous sommes déménagés à Montréal en 2005″, dixit Andrew). Avec les Montréalais Sarah Pagé (harpiste) et Andrés Vial (multi-instrumentiste), en jouant sur de jolies harmonies vocales, en tapant étrangement dans leurs mains, en soufflant habilement dans un harmonica, en faisant glisser délicatement doigts sur harpe, archer sur cymbale et fil entre cordes de guitare, ils offrent une americana aux accents bluesy qui ravit les quelques Parisiens présents. Tant est si bien que lorsque les quatre musiciens reviennent sur scène après avoir été obligés de la quitter, le public espère un rappel, en vain.

Ensuite parce que, même si Nick Talbot est un grand timide qui ressemble à un geek, que les grésillements émanant de son ampli gâchent la délicatesse de ses compositions et, en conséquence, empêchent une immersion totale dans son univers vaporeux, qu’il n’a joué ni Fitzrovia ni Carousel (issus de The Ghost in Daylight, son dernier album), que sa bassiste-claviériste et sa batteuse n’étaient pas indispensables, sauf sur son habituelle fin de set avec Black Holes in the Sand aux dernières mesures noisy, l’artiste a une voix incroyable et un toucher de guitare précis et impressionnant. Il ne s’exprime aisément et ne transmet d’émotion que par le biais de sa musique, avec les anciens morceaux comme avec les nouveaux.

Alors, chaque interruption est un supplice pour lui, et pour le public gêné qui rit discrètement de ce manque de grâce et d’audace pour combler le vide. Malgré tout, Nick Talbot a donné la clé en rappel : son interprétation de The Prize, single épatant de son nouveau projet. Impossible de regretter sa venue après un tel moment.

Setlist de Gravenhurst : Damage II – Nicole – The Ghost of Saint Paul – Forest Floor – In Miniature – The Foundry – Hourglass – Saints – Black Holes in the Sand
The Prize – Bluebeard – Tunnels

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A propos de l'auteur

Image de : Disons-le tout de suite, L. est une passionnée. Barney Stinson a même dit de L. : « Her passion is always suited up ! » Au-delà d’une admiration sans limite pour Jónsi, Ian Curtis, Noel Gallagher, Jamie xx, Sheldon Cooper et Abed Nadir, cette Parisienne nostalgique des débuts de Muse n’a de cesse de satisfaire sa boulimie culturelle, au travers de salles obscures, de salles de concert et de festivals ; mais aussi en se plongeant dans une œuvre littéraire ou philosophique ; et en s'essayant à la photographie dans les rues de Montréal d'abord, celles de Paris ensuite. À l’affût de nouvelles découvertes, L. n’oublie pas qu’elle a été élevée aux vinyles, de Led Zep à King Crimson en passant par The Beatles. L. est musicalement amoureuse de Thom Yorke, mais L. est aussi une amoureuse des mots ; elle aime les lire comme les écrire, puisque la culture ne serait rien sans le partage. Aussi publie-t-elle ses impressions, ses critiques et ses coups de cœur sur son blog, nommé en hommage à la célèbre symphonie de Beethoven: Curse of the Ninth Symphony.

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