GQ : un an déjà

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Alors que la presse féminine nous semble plus qu’omniprésente, un magazine fête ce mois-ci son premier anniversaire, sobre mais remarqué : GQ (prononcez « djikiou »). Gentlemen’s Quaterly, magazine ouvertement masculin, s’impose sur le marché de la presse française en 2008, après avoir fait recette depuis plus de 60 ans aux États-Unis, et dans bien d’autres pays. Autopsie d’un magazine d’un genre nouveau.

gq-2 GQ est un mensuel qui s’est lancé sur le marché français en mars 2008 : au coût de 3,40 euros pour un magazine assez conséquent et stylisé, sa ligne éditoriale s’illustre en haut de chaque exemplaire, claire et simple : CULTURE / STYLE / OPINIONS / SEXE / SPORT. Il s’adresse à un homme particulier : le CSP+ urbain qui est assez soucieux de son apparence.

Une cible : les hommes

La cible de GQ est un homme qui a évolué socialement, car il arbore une masculinité en quête de nouveaux repères et qui ressent le besoin de se référer à une identité collective qui ne va plus de soi. C’est ce changement de la manière dont l’homme se regardait, et la manière dont la société elle-même voit l’homme, qui a permis la création d’une cible pour laquelle le magazine masculin pouvait s’aventurer sur le marché français.

Un contrat de lecture assumé, voire revendiqué

GQ propose de s’attaquer à cette niche du marché des magazines pour hommes, car elle reste malgré tout peu couverte. Même si ces derniers ont déjà plusieurs magazines qui s’adressent à eux, comme FHM, Vogue Homme, ou encore AutoJournal et autres magazines spécialisés, ils n’ont pas le fameux magazine qui leur propose une éthique et un choix de vie avec ses thèmes récurrents. C’est justement dans ce manque à gagner que s’inscrit le contrat de lecture de GQ : « Le magazine qui parle aux hommes sur un autre ton ».

Jouant le rôle d’un magazine miroir, donnant aux hommes à voir un reflet d’eux-mêmes et leur proposant des réponses à leurs problèmes quotidiens (faut-il rentrer sa chemise dans son pantalon ?), GQ est le magazine typiquement dit « pour femmes » mais pour hommes. Après tout, selon une enquête consommateur, 30% des lectrices de magazines féminins sont en fait. des lecteurs.

Un modèle économique qui fait recette

Quelle pérennité financière pour GQ ? Il y a de cela un an, ce magazine entrait sur le marché en fanfare : spots publicitaires (en tout une campagne signée DDB qui avoisine les 5 millions d’euros), 1er magazine à 1 euro, concours de lancement pour deviner le premier homme qui figurera en couverture. Cette entrée remarquée propose-t-elle un titre réellement nouveau ? Présent depuis les années 30 aux États-Unis, GQ fait recette, mais il n’était pas dit qu’il s’imposerait en France. Là où GQ frappe fort, c’est de l’autre côté du miroir, vers la deuxième personne à laquelle ce magazine est vendu : les annonceurs.

Support classieux, papier glacé, magazine haut de gamme et surtout pas beauf, GQ représente une mine d’or pour les publicités ciblant uniquement le segment des hommes : autant les parfums, que les montres ou les vêtements y trouvent leurs comptes. Avec 30% de publicité pour 70% de rédactionnel, la rédactrice en chef du magazine (ironique, non ?) s’explique dans l’édito du magazine d’octobre 2008 « ça n’est un mystère pour personne, la publicité fait vivre les médias ».

GQ ne propose certes pas une nouvelle forme médiatique, mais il répond cependant à une cible médiatique quelque peu délaissée par les titres déjà existants et propose (enfin ?) un magazine avec lequel on n’aurait pas peur d’être vu par son employeur. Comme le résume bien son fondateur : « des filles, des voitures. Mais pas que ça et pas n’importe lesquelles ».

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Site officiel : http://www.menstyle.fr/home.aspx
A lire sur Discordance : [GQ ???->495] (2008)

A propos de l'auteur

Image de : Virgile n’a pas écrit Les Bucoliques, ni L’Enéide. Il n’est pas poète, encore moins latin et surtout pas mort. D’ailleurs, il n’est même pas un il. Reniant ses héritages classiques, Virgile connaît toutes les répliques d'Indiana Jones et la Dernière Croisade, loupe son arrêt si elle a le dernier Margaret Atwood entre les mains, et a déjà survécu sur des sandwiches cornichons-moutarde. Elle va avoir tendance à considérer la publicité comme une forme d’art, se transformant en audio guide dans les couloirs du métro, les salles de cinéma et même devant du mobilier urbain qui n'en demandait pas tant. Outré, Virgile le poète s’en retourne aux Enfers pendant que Virgile l'anachronisme rêve d'embarquer pour un aller simple destination Osaka. Pour plus d'info: http://www.twitter.com/_Virgile

2 commentaires

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  1. 1
    Stedim
    le Mercredi 1 avril 2009
    Stedim a écrit :

    Ah GQ !
    C’est simple : je viens de renouveler mon abonnement. Pour deux ans, cette fois.

  2. 2
    le Jeudi 2 avril 2009
    Dahlia a écrit :

    Dans ce cas fais-moi penser à te demander un beau scan de cette interview de Bégaudeau par Beigbeder du mois de janvier dont parle Didier Jacob, car je pense qu’en intégralité, elle vaut vraiment son pesant de caramels mous:

    http://didier-jacob.blogs.nouvelobs.com/archive/2009/01/28/begaudeau-beigbeder-zero-plus-zero-egalent.html

    Au fait, Beig arrête de faire tout et n’importe quoi pour payer tes impôts, je te jure ça commence à se voir là…

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