Google Wave : communication illimitée et suprématie de Google.

par Alexia|
Avec Wave, Google lance une plate forme polyvalente destinée à créer un cercle vertueux dans la communication sur Internet. Mais le géant du Web doit lutter contre un buzz largement négatif.

Image de Le logo de Google Wave Qu’est-ce que Google Wave ? C’est la tentative de Google de répondre à la question suivante : À quoi ressemblerait le mail si on l’inventait aujourd’hui ? L’entreprise semble assez présomptueuse, mais la firme n’a peur de rien et l’a prouvé de nombreuses fois. Pour définir Wave en une phrase, il s’agit d’un lieu centralisé pour toutes vos conversations électroniques. Google veut révolutionner la façon dont on communique sur le web… à son avantage. Ces conversations se présentent sous la forme de « Wave » ou « vague » en français. Une wave ressemble à une communication instantanée à laquelle tout participant peut rajouter des interlocuteurs, éditer les messages des participants, ajouter des fichiers images, sons, gadgets…

Le commencement

Tout commence lors de la conférence Google I/O Keynote 2009Google présente ce qu’il voit pour l’avenir du web. Tout le monde attendait la présentation de Bing et pourtant c’est celle de Google Wave qui a fait le plus de bruit. Tous les navigateurs présents à la conférence, à l’exception d’Internet Explorer, se sont enthousiasmés et se sont dits prêts à ce que Google leur présentait comme étant la révolution du Web.

Pour augmenter l’effet de Buzz, les concepteurs, Lars & Jens Rasmussen et Stéphanie Hannon ont lancé le 30 septembre 2009 une version bêta de la fameuse vague, sur invitation seulement : ils ont distribué 100 000 comptes présélectionnés parmi les plus geeks des fans de Google. Convoitise et envie sont nées parmi les membres de la communauté web. Chacun de ces membres a reçu jusqu’à vingt invitations à distribuer créant ainsi une deuxième vague de testeurs.

Google wave, à quoi ça ressemble ?

Quand on débarque sur la Wave, c’est d’abord une impression de fouillis : on se perd un peu dans toutes les options, mais on veut toutes les essayer. Mais la première chose à noter, et qui joue gravement à leur désavantage est la lenteur de l’application. La Wave met des heures à se lancer… Cependant, une fois qu’elle l’est il faut avouer qu’il est rare qu’elle bogue. Le design de la Wave ressemble beaucoup à celui de Gmail. À gauche, votre liste de contacts ainsi que le menu pour retourner à la boîte de réception, la corbeille… Au milieu, l’ensemble de vos « waves » et à droite, la wave dans laquelle vous êtes en train de parler. Une wave est une conversation qui mêle quasiment toutes les technologies de communication web développées dans les dix dernières années : le courriel, la messagerie instantanée, le wiki, le réseau social… Il est vrai que Google n’a rien inventé en lançant sa Wave. Il a juste eu le mérite de tout rassembler sur une même plateforme, il fallait y penser. Beaucoup trop de gens ne voient dans Google Wave qu’une messagerie instantanée où on voit son interlocuteur parler en temps réel : c’est beaucoup plus que cela.

Que peut-on faire concrètement sur Google Wave ?

Image de Google Wave Ou que peut-on ne pas faire… À terme, Google ne veut pas seulement que la Wave soit une application qui vienne se perdre parmi les autres, mais bien qu’on l’utilise partout sur le web. On a déjà la possibilité de publier une wave sur Internet. Il vous est par exemple possible d’intégrer une wave sur votre blog et permettre aux lecteurs d’y participer. Parce qu’une wave est ouverte : il nous est autorisé de modifier nos messages, mais aussi ceux de nos interlocuteurs. En pleine wave il nous est aussi possible de lancer une wavelette, qui se présente comme une sous-wave qui ne sera visible que par l’un ou une sélection de vos interlocuteurs. Mais il vous est également possible de publier une wave en lecture seule, ce qui représente un gain de temps énorme puisque vous n’aurez pas de compte rendu de conversations à faire.

On peut imaginer les possibilités offertes par la Wave à une entreprise dont les collaborateurs seraient disséminés un peu partout : les groupes de travail peuvent participer à une discussion, la reprendre, revoir son déroulement avec l’option « playback » qui remontre en temps réel les interventions, les corrections des participants… Un collaborateur chinois ? Wave offre la possibilité d’inviter un robot traducteur dans la conversation…

Même entre amis, imaginons qu’il vous vienne l’envie d’organiser une soirée : vous sélectionnez vos contacts, écrivez votre invitation. Vous pouvez maintenant intégrer un gadget « Yes / No / Maybe » et même un Google Maps pour ceux qui habitent loin, un peu à la façon de l’Event » de Facebook. Dit comme ça, Google Wave semble être le rêve, l’Eldorado du travail en commun.

Les détracteurs de la Wave ne sont cependant pas tous des rabat-joie. Tout d’abord, il y a la manie de Google de toujours lancer des versions bêta, à l’instar de la version bêta déjà presque parfaite de Google Chrome. Et si ça n’est pas très grave pour un navigateur, ça le devient pour une plate forme de communication. La version bêta a duré trop longtemps, on ne comprend plus où ils veulent en venir et le système des invitations, s’il a fait des envieux au début, fait retomber le soufflet aujourd’hui. Parce qu’un réseau de communication fermé ne sert à rien. Si bien que les gens se découragent ou se désintéressent et les utilisateurs actuels se retrouvent avec une vingtaine d’invitations dont ils ne savent que faire.

Google, le Grand G de Geek

Image de Geek forever - Guillaume Yguel Parmi les critiques, celle qu’on entend souvent, c’est que Google Wave ne sert à rien et n’est, en somme, qu’un gadget fait par des geeks, à l’usage des geeks. Et en effet, dans sa genèse, dans le nom même de la plateforme, la Wave s’adresse aux geeks. Une wave c’est un moyen de communication, souvent un message vidéo, utilisé sur le vaisseau de la série de science-fiction Firefly de Joss Whedon, série de geeks par excellence. Même le message d’erreur qui apparait quand la wave bogue (parce que ça arrive quand même) « Everything’s shiny, Cap’n. Not to fret ! » est une citation du film Spin off de la série, Serenity. Entrer dans la Google Wave c’est donc déjà pénétrer dans une communauté spéciale avec ses codes, son langage, ses règles, et comprenne qui pourra.

Google Chrome, Google Wave, le lancement récent de Google Buzz que l’on peut très facilement imaginer s’intégrer à la version finale de Google Wave, Nexus One… Doit-on craindre un monopole de Google sur Internet ? Au-delà de ça, Google Wave, si elle atteint son objectif pourrait réellement bouleverser les comportements sur Internet : si tout est centralisé sur une même plateforme alors notre discussion ne sera plus déterminée par le média que nous utilisons, mais bien par la personne à qui l’on parle et par le sujet que nous abordons : je ne dis en effet pas la même chose en 140 caractères sur Twitter ou sur une messagerie instantanée sans archives et qui bogue tout le temps comme celle de Facebook ou encore sur un blog personnel, même si je parle de la même chose à la même personne. Or ce que propose Google ici, c’est de centraliser tous ces médias pour ne se concentrer QUE sur le contenu et le destinataire… à son avantage.

Partager !

En savoir +

Site officiel : wave.google.com

5 commentaires

Abonnez vous au Flus RSS des commentaires
  1. 1
    le Lundi 29 mars 2010
    Dark canned racoon a écrit :

    Euh je veux pas casser la jolie argumentation, mais Google wave c’est comme les mails, c’est justement créé pour être un protocole ouvert. Chaque boite peut donc créer un serveur google wave, avec un protocole pour échanger avec ceux existant, y compris google.

    D’ailleurs, ils ont même refilé leurs source au tout début à un autre organisme histoire de pas être les seuls à avoir une solution implémentée.

    Et à mon avis il y a confusion entre le nexus one et les téléphones android (le nexus one étant un des téléphones android).

    Du coup, c’est pas pour être méchant mais l’article sonne assez faux. N’hésitez pas a me contacter par mail pour en discuter

  2. 2
    le Lundi 29 mars 2010
    Alexia a écrit :

    non non j’accepte l’avis, mon article était plus une présentation assez générale de ce en quoi Wave différait du reste mais c’est difficile de rentrer dans les détails en un article étant donné l’étendue de wave. navrée que votre présentation ne vous ai pas plu ;)

  3. 3
    Pascal
    le Lundi 29 mars 2010
    Pascal a écrit :

    @Dark canned racoon : vous avez tout à fait raison de souligner que Google Wave repose sur un protocole ouvert (baptisé Federation) et qui à terme devrait permettre de voir fleurir tout un tas d’applications d’entreprise. Par contre on n’en est encore qu’au draft et avant qu’une boite ne puisse implanter son propre serveur Wave, il va encore couler pas mal d’eau sous les ponts…

    Google a toujours été très fort pour proposer des outils simples, puissants et donc l’utilisation était extrêmement intuitive : Gmail, Picasa, Google Earth, Google Sites, Google Docs et dont les noms suffisaient à eux seuls à expliquer à quoi sert le produit…

    Là quand je lis dans l’article que « En pleine wave il nous est aussi possible de lancer une wavelette, qui se présente comme une sous-wave qui ne sera visible que par l’un ou une sélection de vos interlocuteurs. », j’ai beau avoir une grosse tolérance aux concepts un peu tirés par les cheveux, là je déconnecte carrément…

    Wave est censé aider à mieux communiquer, mais pour expliquer son fonctionnement et ses possibilités, un article de deux pages est nécessaire et encore il ne fait que survoler la chose.

    Google s’est AMHA, un peu enflammé sur le coup et à trop fait confiance aux créateurs de Wave, en donnant un chèque en blanc à des geeks, certes géniaux, mais qui ont oublié l’une des formules de base d’un concept réussis : le Keep it stupid simple…

    D’un point de vue des applications, tout cela est très connoté Entreprise en empiétant clairement sur les plates-bandes de Sharepoint (Microsoft) et de Lotus (IBM) et en même temps cela veut lorgner du côté des social networks à la FB. Certes les deux mondes se confondent de plus en plus, mais va falloir encore pas mal d’itérations pour en faire un produit fini…

    C’est pas béta qu’ils auraient dû mettre, mais « Preview » ou « Alpha »…

    Et le point que soulève l’article et qui est malheureusement très vrai : « Parce qu’un réseau de communication fermé ne sert à rien. Si bien que les gens se découragent ou se désintéressent et les utilisateurs actuels se retrouvent avec une vingtaine d’invitations dont ils ne savent que faire. »….

  4. 4
    Pascal
    le Mardi 30 mars 2010
    Pascal a écrit :

    Petite remarque également sur « c’est justement créé pour être un protocole ouvert. Chaque boite peut donc créer un serveur google wave, avec un protocole pour échanger avec ceux existant, y compris google. »

    Le mail est également un protocole ouvert. Cela n’a pas empeché Google de rafler une belle part du gateau avec Gmail, chez les particuliers bien sûr, mais aussi de plus en plus chez les entreprises, bien que théoriquement chaque boite puisse installer et administrer son propre serveur de mail car cela coute de l’argent en personnel, en matériel et parfois en licences logicielles.

    Pour les PME qui n’ont pas les structures nécessaires, les solutions Google représentent une vraie alternative et pour ce qui est des grosses boites, la tendance est à l’externalisation de la gestion de leurs infrastructures qui se retrouvent gérées par des grosses sociétés de service spécialisées.

    La grosse hype du moment dans ce domaine s’appelle le Cloud Computing (http://fr.wikipedia.org/wiki/Cloud_computing et si elle se généralise cela conduira à ce que les entreprises ne deviennent à terme plus propiétaires de leur informatique, mais en confient la gestion à de gros groupes.

    Et je vois bien Google dans l’avenir tenter de se positionner sur ce segment de marché avec Wave en fer de lance de sa stratégie…

    Alors oui en théorie, chaque boite pourra se créer un serveur Wave. Mais peu le feront car ce ne sera économiquement pas rentable.

    L’ouverture de Wave est un argument marketing destiné à s’acheter une crédibilité (we are not evil), et à booster son adoption. Google n’est pas une Fondation (comme Wikimedia ou Mozilla peuvent l’être), mais bien une entreprise plutôt florissante. Ils ne font rien sans avoir une idée assez précise du retour sur investissement à long ou moyen termes…

  5. 5
    le Vendredi 2 avril 2010
    Dark canned raccoon a écrit :

    @Pascal : du coup là je suis totalement d’accord, surtout pour le côté we are not evil, couplé avec une image R&D poussée et un gros buzz journalistique.

    Concernant le cloud, à mon avis c’est pas vraiment le but premier de wave, qui est plus pensé comme un powerful tool, avec comme but premier d’intégrer les fora et co.

Réagissez à cet article