Godon – Interview

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Dans le climat actuel d'escalades juridiques insensées et de répressions sauvages orchestrées par l'Industrie du disque envers ses propres clients, cet entretien avec Dominique, le chanteur de Godon est une véritable bouffée d'oxygène, un petit îlot d'humanisme qui laisse à penser que finalement tout n'est peut être pas perdu. Des textes engagés sur une musique rageuse, Godon est un groupe de rock comme on les aime: authentique et sans concession.

Pourriez vous en quelques mots vous décrire, vous et votre musique ?

GODON est le nom de notre groupe, et c’est aussi notre nom de famille, à mon frère (Laurent, bassiste/compositeur) et votre serviteur (Dominique, chanteur/auteur). C’est donc le projet d’une vie, et c’est probablement la musique que nous avons toujours voulu faire, la résultante libre et non formatée de nos expériences musicales, de toutes nos expériences musicales, heureuses ou malheureuses.

Depuis quand le groupe existe t-il ?

Tout a vraiment commencé en Juillet 2003, même si nous avons eu encore des soucis pour trouver le batteur par la suite. Mais avec Laurent, nous faisons de la musique, sous une forme ou une autre, depuis une bonne vingtaine d’années maintenant.

Êtes vous sur un label ou êtes vous auto produits ?

C’est un peu les deux, en fait. L’album ARMAGODON est auto-produit, mais nous avons monté un label associatif en parallèle, qui va bientôt être à même de signer GODON en édition dans un premier temps. La label s’appelle Les Créateurs, et pour l’heure, il est au ralenti. On est en phase de préparation, en quelque sorte.

Vous avez placé votre dernier album sous licence Common Creative et mis à disposition la totalité des pistes sur votre site web. Pourquoi ce choix ?

Je ne suis pas certain que l’on puisse vraiment parler de choix! Au tout début du projet, nous connaissions déjà la SACEM, et ses règles d’adhésion délirantes, comme l’adhésion à vie, ou encore l’obligation d’apporter à son répertoire les œuvres que nous n’avions pas encore composées! C’était un fait, nous ne serions pas sociétaires de cette société-là! Et puis, dans le même temps, nous avons entendu parler de la Licence Art Libre (www.artlibre.org), ce qui nous a amené naturellement à nous pencher sur les questions de droits d’auteurs, de diffusion alternative, etc. Creative Commons, tout compte fait, c’était logique. Parmi les nombreuses licences de diffusion alternatives qui existaient à l’époque, c’est celles-ci qui nous ont paru les plus sérieuses et les plus pérennes.

Les licences Common Creatives comportant diverses options et restrictions, quelles sont précisément celles que vous avez choisi ?

Nous utilisons, pour le site comme pour tous les morceaux et textes du groupe la licence Creative Commons by-nd-nc-2.0 . Cela signifie concrètement que les utilisateurs peuvent télécharger, graver et distribuer autour d’eux nos musiques, en mentionnant toujours l’auteur et la licence. Pour les commercialiser, il faut d’abord entrer en contact avec nous, c’est la clause nc, pour « Non commercial « . Pour remixer les morceaux, ou utiliser des bouts de texte ou de musique dans d’autres productions par exemple, là encore, il faut au préalable nous contacter. C’est la clause nd, pour « Non derivative « . Certains voient dans ces deux clauses des restrictions des libertés des utilisateurs. Pour notre part, nous les voyons comme de forts encouragements à ne pas faire les choses chacun dans son coin, mais à se parler, se rencontrer et faire les choses ensemble. D’un point de vue tout à fait concret, pour un micro-label comme le nôtre, la clause  » Non Commercial  » peut aussi, à mon humble avis, déterminer la survie ou la disparition. Il suffit quelques fois d’un morceau qui marche bien, commercialement, pour qu’un label se mette à produire d’autres artistes, chose qu’il ne pourrait pas faire si son catalogue était constamment pillé sans que les artistes et musiciens de ce catalogue n’en sachent rien. Dans le cadre de la libre diffusion et de Creative Commons, il est indispensable que tout le monde joue le jeu.

Quand on parle de licences libres on pense bien entendu tout de suite à Linux et à tout le mouvement open source qui est en train de se développer dans le monde de l’informatique. Pour beaucoup tout cela ne représente qu’une vague agitation d’adolescents boutonneux scotchés devant leurs écrans et très éloignés des réalités de la vie. En quoi utiliser des logiciels libres peut t-il être considéré comme un acte militant ?

Une petite anecdote pour commencer. Il y a quelques mois, un magnat a voulu racheter les sources de GNU/Linux pour 50000 dollars. La communauté a beaucoup ri en apprenant la nouvelle. En effet, GNU/Linux est estimé à environ 700 millions de dollars, si l’on devait le développer en partant de rien!! Comme rêve d’adolescent boutonneux, je trouve ça pas mal! Utiliser des logiciels libres, c’est militer pour l’ergonomie, l’intelligence, c’est lutter au quotidien contre les brevets à tout va, y compris du vivant, c’est soutenir et participer d’une vaste communauté planétaire de gens qui œuvrent tous dans le même sens. C’est aussi penser aux pays en voie de développement, à l’accès pour tous à l’information de qualité, à l’éducation, il n’est que de voir le nombre de projets qui apparaissent chaque jour dans ces domaines cruciaux que sont l’éducation, la santé, le service public, l’accès à la culture, etc… Pour nous, le logiciel libre représente une alternative non seulement viable, mais encore et surtout réelle et pratique, et c’est ce qui en fonde l’efficacité.

Dans une récente interview Bill Gates a déclaré que restreindre la propriété intellectuelle s’apparente à un « communisme d’un nouveau genre ». C’est d’ailleurs un argument qui revient assez souvent dans la bouche des détracteurs du libre. Qu’en pensez vous ?

Oui, d’ailleurs Florent Latrive a écrit un article assez significatif dans Libé à cette occasion, et bien sûr, bon nombre de blogs et de sites Internets se sont fait l’écho de ces malheureuses déclarations. Le professeur Lessig, l’un des fondateurs de Creative Commons, a répondu à Bill Gates, en disant qu’il ne se voyait pas du tout comme un communiste, mais comme un « commoniste « , un partisan du bien commun en quelque sorte. Pour ma part, je n’aime pas mélanger la politique et la création, en tout cas, pas cette politique-là. Je crois que Bill Gates commet la même erreur que les majors qui attaquent leurs propres clients. En somme, c’est comme s’il traitait de communiste tous ceux qui utilisent, par exemple, Firefox ou Thunderbird sous Windows !! Donc, si ces déclarations peuvent encourager de nombreuses personnes à passer à Linux, ou d’autres systèmes, alors je dis merci à Bill Gates

Les licences Creative Commons, de manière plus générale, sont souvent attaquées, sur le fait qu’elles ne sont pas toutes libres au sens du logiciel libre de la Free Software Foundation. Ce à quoi elles ne prétendent pas du tout par ailleurs. Il est vraiment nécessaire de garder la tête froide, et de se faire sa propre opinion. De notre côté, nous les utilisons depuis plus d’un an maintenant, et tout se passe plutôt bien. Un de nos morceaux vient d’être remixé par un musicien, Dantan, qui va d’ailleurs sortir prochainement son premier album, probablement sous licence Creative Commons à son tour, donc, ça roule. C’est vrai aussi qu’il n’y a pas encore de jurisprudence, en France tout au moins, mais la variété des décisions des juges concernant les affaires de piratage, copie privée, etc., laissent entrevoir de nombreux débats autour de l’application des licences de libre diffusion. Concernant leur légalité, il semble qu’elle soit désormais attestée fermement.

Dans nos sociétés actuelles, on a souvent tendance à mesurer la qualité d’une chose par son prix et par conséquent à se méfier de ce qui est gratuit. En d’autres termes, si votre musique était de qualité, vous ne la diffuseriez pas librement de la sorte. Que répondriez vous à une affirmation de ce genre ?

C’est super que vous posiez cette question, parce que cela me donne une occasion supplémentaire de bien faire la distinction entre libre et gratuit. Ce que je réponds, c’est que notre album ARMAGODON est disponible en libre téléchargement ET à la vente sur cdbaby.com et dans un certain nombre de points de vente physiques en France (Cultura, Centres Culturels E.Leclerc, disquaires indépendants, etc…) Cela me fait penser à Steve Coleman, que vous connaissez sûrement. C’est un saxophoniste américain de renom, il tourne beaucoup en Europe et ailleurs avec les Five Elements et d’autres formations. Sur son site, [www.m-base.org, il est possible de télécharger pratiquement l'intégralité de sa discographie. Sa philosophie est du reste assez aisée à comprendre. Elle peut se résumer ainsi: "Pourquoi est-ce que tout devrait toujours coûter quelque chose?" .

Il faut bien comprendre la chose suivante, c'est qu'il y a des foyers pour lesquels l'achat d'un CD peut gréver le budget de manière assez significative. Paradoxe des temps que nous vivons, dans bon nombre de nos cités, la connexion en haut débit, avec téléphone intégré, devient très abordable. Nous ne voyons pas pourquoi ces foyers, avides de culture et de découverte, contrairement à ce que voudrait faire croire les pseudo-élites médiatiques dirigeantes (!), n'auraient pas accès à la musique, à toute la musique, à toutes les musiques, et plus largement, à toutes les cultures. Je ne suis pas loin de penser que, de toutes façons, l'interconnexion des réseaux et le haut-débit, ainsi que son extension inexorable, partout et presque en même temps, constitue une véritable évolution des modes de diffusion et d'accès à la culture et à l'information en général.

L'album est également disponible à la vente chez certains disquaires ainsi que sur le web. Avez vous une idée du pourcentage d'albums vendus suite à un téléchargement ?

Non, pour l'heure, je ne peux pas me prononcer à ce sujet. Par contre, nous avons des exemples remarquables. Le label Magnatune, en quatre ans de fonctionnement, a vendu pour plusieurs millions de dollars de musique, en grande partie d'abord téléchargée e écoutée par les acheteurs. L'auteur de science-fiction anglais Cory Doctorow a mis son roman Down and out the magic kingdom en libre téléchargement ([www.craphound.com/down). Dans le même temps, l'éditeur Tor Books le distribuait en librairie. Grand bien lui en a pris, puisque le livre a non seulement été téléchargé à plusieurs dizaines de milliers d'exemplaires, mais aussi vendu à 50 000 exemplaires, sans compter l'édition de poche parue en 2003! Son roman suivant, Eastern standard tribe connaît le même mode de distribution!

Le réalisateur Brian Flemming à utilisé une licence Creative Commons pour diffuser les rushs de son film Nothing so strange, mettant en scène l'assassinat de Bill Gates. Plusieurs apprentis réalisateurs se sont saisis des rushs pour proposer leurs propores moutures du film. En ce qui nous concerne, depuis juillet 2004, nos visiteurs ont téléchargé environ 16 000 fichiers sur le site, musique et textes confondus. Nous faisons quelques ventes de CD, qui sont pour la plupart clairement liées à l'activité de notre site. Notre effort se situe dans la durée; la persévérance en est la clé.

Est ce un modèle économique viable ? Vivez vous de votre musique ou pensez vous arriver à en vivre un jour ?

Les exemples ci-dessus montrent assez clairement que le modèle économique est viable. En France, cependant, personne ne peut encore affirmer que cela fonctionne. Je crois que nous sommes en passe de faire la démonstration que c'est possible. Nous avons compris assez rapidement que si nous voulions en vivre, nous ne devions négliger aucun aspect, sans parler de la musique: communication, promotion, distribution, aspects juridiques et légaux, professionnalisme à tous points de vue. Petit à petit, nous avons constitué une équipe de gens compétents et travaillant dans le même sens, et 2005 devrait être l'année de la concrétisation, de ce point de vue.

Que pensez vous des nouvelles offres de téléchargement légal que peuvent proposer Apple, Sony ou la Fnac ?

Dans la mesure ou ces offres sont des démarches propriétaires, elles me branchent assez peu. Apple, avec l'Ipod et son format exclusif, Sony ou la FNAC, inaccessible sans Internet Explorer ou windows, bref, que des choses que je ne pratique plus depuis longtemps. En plus, payer 0.99 euros pour télécharger du mp3, franchement, je préfère fouiller le net à la recherche de nouveautés libres et vraiment indépendantes, et les sources sont de plus en plus nombreuses!!

Votre opinion sur le discours actuel de l'industrie du disque et du gouvernement qui qualifient de « pirate », les internautes utilisant les réseaux de Peer to peer ?

Les grandes entreprises de média sont clairement effrayées par la tournure que prennent les évènements. Je ne sais pas qui les conseille, mais ce que je sais, c'est que pour leur propre survie, elles devraient changer, et vite, de cabinets conseils! D'un certain point de vue, c'est leurs propres clients qu'elles attaquent en justice, et quand on fait du commerce, si il y a une chose qu'il ne faut pas faire, c'est attaquer ses clients. Cela semble tellement évident! Et pourtant, elles continuent de dépenser des milliards de dollars ou d'euros pour essayer d'empêcher des évolutions, telle que celle de l'internet, d'avoir lieu. Pour ma part, je crois que leurs efforts sont vains, et que finalement, il y aura de la place pour tous. Les situations de monopole ne durent jamais très longtemps. Pour nous, le p2p est un superbe moyen de diffusion, sur lequel nous aurions bien tort de cracher!

Avez vous senti une quelconque réticence de la part de certains médias à parler de vous ?

Oui, depuis septembre 2004, date à laquelle nous avons démarré notre campagne de communication, nous avons eu deux réactions clairement négatives. Je vais les citer, vous pourrez les enlever de l'interview si vous voulez. La chaîne privée TF1 nous a clairement indiqué que cela ne les intéressaient pas, et que de toute façon, ça n'avait aucune sorte d'espèce d'existence à leurs yeux. Sur une grande radio nationale du groupe Radio France, une responsable culture nous a presque engueulé, en disant qu'on ne se rendait pas compte, que derrière l'industrie du disque, il y avait tout un tas de métiers, et que ça ne pouvait pas être gratuit, bla bla, alors qu'on essayait justement de lui expliquer que ça n'a rien à voir avec la gratuité, mais bien plutôt avec la libre diffusion . Un peu la sourde oreille, en fait. Sinon, globalement, l'accueil est excellent, les journalistes et l'audience plutôt très curieux.

Avez vous déjà pu convaincre d'autres groupes d'adopter le même système que vous ?

C'est une partie de l'activité du label que nous n'avons pas encore mise en route, par manque de temps. Mais c'est prévu, c'est prévu !

Ne craignez vous pas que l'on parle de vous plus pour votre démarche que pour votre musique en elle même ?

Je dirais que si nous faisions de la musique bien formatée, il y aurait du souci à se faire, certainement. Mais la musique de Godon, à mon sens, se suffit à elle-même. Chaque morceau est une histoire, un texte, une ambiance et une partie de nos vies, alors... Au début, oui, on parlait plus de la diffusion originale que de la musique, mais c'est de moins en moins vrai. La dernière chronique de l'album, dans Open Mag, sous la plume de Patricia Bussy, est un vrai régal, de ce point de vue. Elle y parle aussi bien de notre démarche que de la musique, en des termes plutôt élogieux d'ailleurs. Citation: "Démarche de résistance assumée face au marché et à la SACEM [...] poésie rageuse, qui pète comme un bon vieux Léo Ferré croisant Trust  » !!

Quelles sont vos principales influences musicales ?

Nous avons vraiment écouté toutes sortes de musiques, et nous continuons de le faire d’ailleurs. Quelques repères marquants: Hard rock, heavy metal, puis jazz, jazz rock, musique des 70′s, Jefferson Airplane, Janis Joplin, Hendrix, les Doors, King Crimson, mais aussi Weather Report, Pastorius, James Brown et ses musiciens Bootsy Collins, Maceo Parker entre autres, Stanley Clarke, c’est impossible de citer tous ces groupes ou musiciens fantastiques, Zappa, Herbie Hancock, Miles Davis, AC/DC, Midnight Oil, Tower Of Power, Sepultura, Slayer, Quincy Jones, Steve Gadd, Terry Bozzio, Gong, Tool, Daniel Humair, Rush… C’est à dessein que je mélange tout ça, parce que je crois que ces groupes et musiciens nous ont forgé, que nous en soyons conscients ou non. Chaque membre du groupe a des groupes de prédilection, des influences prédominantes, des goûts bien personnels. Quand nous écrivons, quand nous mettons tout en commun pour construire nos morceaux, c’est vraiment la résultante de tous ce que nous sommes, sans prévention de style ou de format.

Vos textes sont très engagés, sur votre site web vous relayez l’appel à la commémoration du 60e anniversaire du Programme du Conseil de la Résistance et pourtant vous vous revendiquez apolitique, n’est ce pas un peu contradictoire ?

Non, pas du tout, d’ailleurs la Résistance, bien que composée de toute une flopée de mouvements plus ou moins politiques ou religieux, n’a jamais été perçue comme un mouvement politique. Il y a eu des tentatives de récupération, mais toutes se sont soldées par des fins de non-recevoir. C’est à dire que nous parlons ici de la Résistance, ce rassemblement magnifique d’individus, justement de toutes confessions, origines, idéologies, opinions, ou absence de tout ceci, sous la bannière de la liberté. De cette liberté qui n’est pas feinte et encore moins vaine, mais qui fonde notre vie en commun, notamment au sein de la cité. En ce sens, oui, et uniquement en ce sens, la Résistance peut être envisagée comme un mouvement profondément politique, c’est à dire un mouvement de sauvegarde, littéralement, de la liberté des individus dans la cité. Mais certainement pas au sens de la politique spectacle, partisane/intéressée, médiatisée, privilégiée, gauche/droite patin/couffin! En ce sens, nous sommes a-politique, oui. Nous n’hésitons pas à faire nôtre la devise « Créer, c’est résister. Résister, c’est créer « , car c’est notre réalité quotidienne.

Comment composez vous vos morceaux ? Écrivez vous vos textes à plusieurs ?

Jusqu’à présent, voilà comment les choses se passent: j’écris les textes, Laurent écrit des lignes de basse, nous montrons et communiquons tous ça à Sébastien, qui écrit les parties guitares, et puis la batterie vient se coller la-dessus. Il m’est arrivé d’écrire quelques parties de batterie, et le guitariste a composé des passages entiers de certains morceaux. Nous aimerions composer de manière encore plus collégiale, ou simultanée, surtout en ce qui concerne la batterie. Nous sommes très sensible aux expériences de groupes qui s’établissent dans la durée. Des groupes comme Rush sont impressionnants à cet égard. Le batteur, Neil Peart, a ceci de particulier, qu’il écrit les textes que le bassiste se charge de chanter, et qu’il va soutenir à la batterie. Je crois que c’est quelque chose qu’on met trop souvent de côté concernant la batterie et le rôle du batteur: c’est un moteur rythmique, certainement, mais dans une certaine mesure, le batteur devrait être un mélodiste, travaillant de concert avec le chant et les mélodies. Ce que je décris là est un idéal que nous n’avons pas encore atteint, cela va sans dire…

Faites vous beaucoup de concerts ?

En fait, nous avons commencé par faire deux résidences, qui sont des périodes privilégiées pendant lesquelles les gens apprennent à se connaître et à travailler ensemble. La deuxième de ces résidences a débouché sur un concert en ouverture de Tarmac, en juin dernier. La salle était comble, et le public a vraiment répondu présent. A la suite de quoi, nous sommes entré dans l’enfer que doivent connaître pas mal de groupes en démarrage, je dirais que c’est le passage obligé, la recherche de dates. Nous sommes tombés à l’époque dans à peu près tout les panneaux dans lesquels il ne faut pas tomber, c’est à dire envoi de CD un peu partout, festivals, salles, etc, alors que la progarmmation sur envoi volontaire est excessivement rare, et puis nous nous sommes posé, et nous avons réfléchi. Entre temps, nous avions quelques dates, ce qui fait que nous n’avons pas vraiment arrêté de jouer, même si parfois il y avait plusieurs mois entre deux concerts! Nous avons réfléchi, et nous avons trouvé que nous ne pouvions pas nous occuper de tout en même temps, et nous avons lancé un recrutement. Depuis maintenant trois mois, nous travaillons avec une personne compétente qui est en train de booker 2005! Je sais qu’il y a beaucoup de groupes pour qui c’est très difficile de tourner dans le circuit professionnel, parce que c’est très fermé, et qu’il faut être patient et acharné!

Avez vous remarqué une augmentation de la fréquentation de vos concerts depuis que l’album est disponible en téléchargement ?

Pas vraiment, puisque nous pratiquons le libre téléchargement depuis le tout début, donc pas de possibilité de dire que ça a changé. Ce que je peux dire, c’est que les acteurs du libre ou de la « libre diffusion » commencent à s’organiser, pour notamment proposer aux salles et festivals des « plateaux libres « , c’est à dire des concerts de qualité professionnelle, quel que soit le style de musique, avec deux ou trois groupes, qui ont tous en commun de se diffuser eux-mêmes, souvent gràce aux Licences Creative Commons ou Art libre.

Avec quels groupes aimeriez vous partager l’affiche ?

Il y a un groupe avec lequel nous aimerions vraiment jouer, et c’est mettre la barre très haut, mais pourquoi pas, après tout? C’est le groupe Rush. Pour ceux qui ne connaissent pas, et ils doivent être nombreux en France, c’est un trio canadien, qui existe sous cette forme depuis trente ans cette année! Bel exemple de longévité et de collaboration entre musiciens. Nous les écoutons avec attention depuis de nombreuses années. Ils sont difficiles à décrire, même si on peut dire qu’ils ont commencé par un genre de heavy métal progressif, qui a évolué au fur et à mesure des années vers des musiques plus personnelles, toujours énergiques, avec des textes très beaux et pleins de sens. Outre Atlantique ce sont vraiment des stars qui remplissent des stades. Au cours de leur carrière, ils ont vendu environ 25 millions d’albums. Ils n’ont pas joué en France depuis 1992, et nous aimerions les faire revenir, et ouvrir pour eux! Vaste programme! Mais il y a d’autres groupes, en France entre autre, avec qui nous aimerions jouer. De manière générale, nous aimons les mélanges atypiques, alors ouvrir ou jouer avec un groupe de hard-core ou de métal, ou un big band funk, ou autre, pourquoi pas? Ce ne peut être qu’enrichissant pour tout le monde.

Quels sont vos futurs projets ? Pensez vous continuer l’aventure Godon dans la durée ?

Oui, je crois que Godon n’est pas prêt de s’arrêter. Je crois bien que cela ne fait que commencer, en fait. Nos projets, dans l’immédiat, c’est de booker un maximum de dates pour cette année, et c’est en bonne voie et entre de bonnes mains, comme je le disais plus haut. C’est aussi le nouvel album, que nous préparons tranquillement. Nous allons tester les morceaux en live, au fur et à mesure de l’écriture. Ce sera un album studio, avec un son énorme, c’est ce qu’on peut dire pour l’instant. Nous avons un projet en cours également, avec un site qui s’appelle Art-themis, qui consiste à écrire un texte, la Charte Zone Libre, qui, accompagnée d’un logo facilement reconnaissable, permettra aux visiteurs de sites web proposant des contenus en libre téléchargement d’être assurés que l’utilisation de ces contenus ne pourra en aucun cas leur valoir des poursuites judiciaires ou autres déconnections intempestives. Et puis, nous continuons notre campagne de communication, avec de la diffusion au niveau national, le plus possible. Nous sommes en train de refaire le site du groupe, également, avec un aspect plus communautaire que celui qui est en ligne en ce moment. Voilà, le boulot ne manque pas, en tout cas!

Quel est le meilleur compliment que l’on puisse vous faire ?

Godon, c’est « [...] un bon vieux Léo Ferré croisant Trust  »
Patricia Bussy, in Open Mag, décembre 2004.

Quelle est la pire des questions que l’on puisse vous poser ?

La question suivante: Quelle est la pire des questions que l’on puisse vous poser ?

Merci à Johanna, Dominique ainsi qu’à toute l’équipe de Godon pour leur disponibilité et leur ouverture d’esprit.

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Image de : Fondateur de Discordance.

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