Glassjaw au Nouveau Casino

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Glassjaw, groupe originaire de Long Island, dans l'État de New York, est un quatuor éminent de la scène post-hardcore. Il puise pourtant sa reconnaissance dans des compositions riches en influences d'autres courants musicaux, tels le jazz ou le punk. Né dans le début des années 90 et crée par les talentueux Daryl Palumbo et Justin Beck, il a connu de nombreux changements de line-up.

Mis sur pause de 2004 en 2008, Glassjaw est de retour sur les planches avec seulement deux albums à leur compteur : Everything you ever wanted to know about silence (2000) et Worship and Tribute (2003) qui ont clairement marqué leur époque d’une part grâce au génie de Palumbo et de sa bande, mais également à celui de Ross Robinson, fameux producteur ayant collaboré avec des mastodontes comme Korn ou Deftones, mais aussi des moins connus From First to Last ou plus récemment les frenchies de My Own Private Alaska. N’ayant pas joué en France depuis près de 7 ans, le public parisien les attendait de longue date, et le concert a rapidement été complet.

C’est sous une salve d’applaudissements que Daryl fait son apparition dans un halo de lumière. Vision quasi divine dans une salle pleine à craquer et en état d’alerte, prête à scander en chœur les paroles proférées par le charismatique chanteur. Le combo n’a visiblement rien perdu de sa fougue, et très vite les moments de pure jubilation commencent à se succéder. Il suffira que les deux riffs caractéristiques de Tip your bartender résonnent pour que les premiers rangs basculent dans un état second à l’instar du frontman dont les yeux et la gestuelle trahissent sa transe. Sa voix tantôt chantée, planante, mais insolente, parfois scandée et tonitruante, reconnaissable parmi 100, est parfaitement associée au jeu guitaristique remarquable de Justin Beck, et à la rythmique inimitable du batteur, Durijah Lang, proprement hallucinant comme dans son interprétation de The Gillette Cavalcade Of Sport, dont la pluie de tom laisserait supposer une démultiplication de ses bras…

Face aux invitations et conformément à la tradition, la fosse se transforme en circle pit, même si ceux-ci resteront loin d’être envahissants, et limités aux premiers rangs. Les morceaux s’enchainent sur les épiques Mu Empire, Ape Dos Mil, ou encore les puissants Pretty Lush et Cosmopilitan Bloodloss, le set étant le parcours de toutes les compos incontournables du groupe et de leur parfaite symétrie déstructurée. Sur les breaks les bras se brandissent et se raidissent, comme les signaux indiscutables d’une profonde imprégnation de la musique dans les corps.

Les pauses sont l’occasion pour Daryl de glisser quelques boutades à l’ingé son. La chaleur est torride et le public se laissera porter par la voix suave du frontman sur le très calme Trailer Park Jesus avant de se faire littéralement happé par le raz de marée des prochains morceaux : un inédit, All Good Junkies go to heaven, mais surtout l’entêtant El Mark suivi de l’enchainement imparable de Two Tabs of Mescaline et de Convectuoso. Les « We’re all Ok » repris par le Nouveau Casino marqueront la fin du set avant que le groupe ne nous gratifie d’un baiser sibérien et d’un ultime Babe pour un rappel au rythme toujours aussi ravageur, dont le dernier coup de batterie officialiser la fin du concert.

Dur retour à la réalité sous les lumières crues venant de se rallumer. Ces mâchoires de verres sont décidément très redoutables…

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Image de : Photographe et chroniqueur, parfois ! www.philippeabdou.fr

3 commentaires

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  1. 1
    le Lundi 16 août 2010
    TchintaO a écrit :

    Hello Phil A.!
    Bel article ! Je ne savais pas que tu y étais !
    C’était un super Live, on a tous pris une bonne claque.
    Chanteur hors normes, musiciens énormes ! GLASSJAW Rules !
    Dommage pour la fin en queue de poisson… pas de rappel, ni de « goodbye » ! On ne sait pas vraiment s’ils reviendront… en tout cas c’était bien éxécuté et efficace.

    A bientôt !

  2. 2
    Phil A.
    le Lundi 16 août 2010
    Phil A. a écrit :

    Merci Fredéric pour ce compliment

    Oui ce fut un live magnifique, l’attente valait le coup, maintenant il faut attendre un peu pour la release du troisième album, espérons qu’il ne saurait tarder

    Effectivement je suis d’accord le set était très « carré », pas de vrai rappel exécuté, ce qui est un peu dommage justement vu la ferveur du public….
    On ne peut qu’espérer qu’ils nous reviendrons bientôt.

  3. 3
    Cindy Rocher
    le Jeudi 19 août 2010
    CR a écrit :

    Bravo mon philou <3
    report excellent !!!! j'adore

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