Girls au Nouveau Casino

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On les avait vus à la Maroquinerie en mars dernier. À l'époque, l'hiver avait juste rangé son manteau au placard. On retrouve Girls sur la scène du Nouveau Casino, alors que dehors le soleil commence juste à perdre de son éclat, à l'occasion de l'une des soirées estampillées Colors Music Estival qui font le bonheur des Parisiens qui passent l'été dans la capitale.

Christopher Owens, le chanteur-guitariste de la formation, a mis un large coup de ciseaux dans sa longue crinière blonde, mais rien n’a changé. Toujours la même énergie, toujours la même générosité, toujours la même sensibilité, de celles qui vous prennent aux tripes, littéralement. Ces filles ont vraiment un truc en plus !

Un petit je ne sais quoi qui a attiré le public parisien en masse. Difficile de se frayer un passage au milieu de la foule qui attend impatiemment l’entrée en scène des artistes. 21h pétantes, la musique s’arrête, les lumières s’éteignent. Les fans du premier rang se font entendre. Il est temps ! Un à un les musiciens font leur entrée. Christopher Owens se dirige vers le micro et demande au public ce qu’il a pensé du groupe Harlem qui vient d’assurer la première partie du concert. Ah bon ? Mais, ils ne jouaient pas à la plage du Glazart ? Une surprise que si je l’aurais su, je serais arrivée plus tôt ! Dommage !

Pas le temps de se lamenter sur son sort. C’est alors que résonnent les premières notes de  Lust for life, le tube au goût de plages californiennes qui a révélé le groupe au public l’an dernier. Rapidement, les artistes enchainent avec Laura, l’autre pépite douce-amère incontournable de l’album. S’ensuit le mélancolique et mélodique Ghostmouth. Et là on se dit que soit le concert va durer 40 minutes à tout casser, ni plus ni moins que le disque dans son intégralité, soit il va falloir faire quelque chose. Mais comme les Girls ont de l’imagination et une bonne dose de talent, c’est tout naturellement la deuxième option qu’ils ont choisie.

La formation poursuit avec LE morceau majeur de l’album : Summertime. Une chanson que Christopher Owens dédie à un certain Antoine. Déjà infaillible sur disque, le titre prend une tout autre ampleur en live avec son petit moment de déflagration en plein milieu de l’interprétation. La tempête avant le calme. En effet, les artistes décident ensuite de se poser le temps de trois morceaux : Darling, l’inédit Heartbreaker et Solitude, un titre des plus touchants rehaussé par de douces notes d’harmonica. Il est temps pour les artistes de redonner un coup fouet à leur setlist. Et c’est chose faite avec Hellhole Ratrace et son tourbillon de guitares noisy final. Une explosion de larsen qui laisse place sans répit aux notes de Morning Light et Big Man Mean Motherfucker :  un enchaînement devenu la marque de fabrique des concerts des Américains !

Le public, attentif et calme, semble savourer chaque instant du concert dans une quiétude intarissable. Entre romantisme, mélancolie et poésie des temps modernes, les compositions de Girls sont propices à la sérénité. La preuve avec les titres qui clôturent le set : Life in San Francisco et Lysandre. Si le public a su contenir son enthousiasme tout au long du concert, il sait se faire entendre pour demander le traditionnel rappel. En toute logique, le groupe remonte sur scène et interprète Oh Boy, délicieusement tendre et langoureux. Tandis que les musiciens se faufilent en coulisse, Christopher Owens reste sur scène le temps d’interpréter deux nouveaux morceaux parmi lesquels on aura reconnu le déjà dévoilé Oh my love. Les lumières s’éteignent et déjà certains se dirigent vers la sortie. C’est sans compter sur la générosité du combo qui rempile pour un ultime rappel. Lequel porte ce soir le doux nom de Lauren Marie, émouvant à souhait. Les roses qui parsemaient la scène se mettent alors à s’envoler de-ci de-là à travers la foule.

Cette fois, il est vraiment temps de rentrer, l’esprit et le cœur légers.

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A propos de l'auteur

Image de : Fraîchement débarquée dans la vie active après des études de communication, j'assouvis ma passion pour la musique en jouant les apprenties journalistes et en écumant les salles de concerts parisiennes à la recherche de nouvelles sensations ! Et même si ma guitare commence à prendre la poussière, un jour j'arriverais peut-être moi aussi à faire quelques chose de mes dix doigts.

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