Gente D’ Zona

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Gente D’Zona. Un nom qui n’est pas familier de tous, mais qui compte dans le milieu latino et particulièrement la musique reggaeton. Venu de Cuba, on n’emploiera cependant pas le terme « Cubaton » généralement utilisé pour désigner ce genre musical, car nos artistes ne s’y reconnaissent pas. C’est une question de classe et d’ouverture.

Venu de Cuba, on n’emploiera cependant pas le terme « Cubaton » généralement utilisé pour désigner ce genre musical, car nos artistes ne s’y reconnaissent pas. C’est une question de classe et d’ouverture. À la marge du hip-hop et du rap, mais dans un style plus facile à danser, Gente D’Zona hystérise littéralement les salles dans lesquelles il se produit au son de son « perreo » reconnaissable entre tous.

Après deux heures d’un concert tropical au New Morning qui les laisse en eau et le public en nage, les voilà pourtant tout frais pour livrer leurs impressions sur le moment qu’ils viennent de vivre et se pencher sur le chemin parcouru depuis La Habana.
Candela…

Hola Ale ! Comment te sens-tu à la suite de ce concert incroyable que tu viens de donner avec ton groupe ?

Image de Alexander 1 Alexander Delgado (Chanteur et leader) : Je suis vraiment très heureux. C’est la deuxième fois que l’on se produit à Paris, le public est sorti satisfait, même les lieux que tu connais déjà peuvent te réserver de belles surprises.

Deux concerts en l’espace de 6 mois, Paris te manquait ?!

Oui bien sûr Paris me manquait. Le premier concert [en janvier dernier au New Morning] était un test pour nous et cette fois on est venu avec un vrai contrat, en pouvant choisir la date qui nous convenait.

Tu aimes le public français ? A-t-il quelque chose de différent par rapport aux autres ?

Depuis que l’on a quitté cubain, on a rencontré la communauté latine qui aime notre musique dans de nombreux pays, en Espagne, en Italie, en France aussi. Quand on parle de musique cubaine, on pense bien souvent à la Salsa, et c’est toujours très intéressant quand le public se met à danser et se décide à suivre un groupe un peu différent. Le public français nous a vraiment très bien accueillis et on ne pouvait pas espérer mieux.

Gente D’Zona est considéré en France comme le groupe de reggaeton cubain le plus important. Tu savais que vous aviez ici une si grande notoriété auprès d’une communauté passionnée par ce genre ?

Tu sais, je peux t’assurer que le public français est l’un de ceux qui ont le plus de force, de puissance et c’est ce qui me plait. C’est très excitant de se produire ici, devant des gens qui chantent 4-5 fois nos refrains !

Vous allez donc revenir rapidement alors ?!

C’est sûr, on va revenir vite.

Et comment se passe la tournée ? Quel a été pour toi le moment le plus fort jusqu’à maintenant ?

Image de Alexander 2 Le plus dur concernant la tournée est l’absence de Yosdany alias « Jacob Forever », mon partenaire de chant. Je dois faire le travail avec d’autres, sans lui, mais je suis content, car je fais attention à mes musiciens et à l’énergie qu’ils dégagent, qui font partie de mon spectacle. Un des moments importants de cette tournée est l’effort fourni par le groupe pour pallier le manque de Yosdany, que tout fonctionne et une vraie force est née de cet ensemble. Le plus impressionnant pour moi vient du public non-cubain, non-latino comme les Français qui nous acceptent. On vient de terminer deux mois de tournée géante aux États-Unis, on revient ici et on continue à bien marcher.

Tout va bien pour Nando ? [troisième membre du groupe, également producteur musical, NDLR]

Nando est la personne la plus sérieuse du groupe, il ne sort pas beaucoup et reste constamment attentif à la partie musicale de notre travail. Je pense qu’il est satisfait par ce que nous avons accompli ensemble et par le fait d’avoir un nom aujourd’hui célèbre.

Quel est votre accueil par le public cubain ? Quelle image Gente D Zona a-t-il à Cuba ?

Cela fait maintenant bientôt 5 ans que le groupe existe et il est celui qui bénéficie du plus grand succès populaire auprès du public cubain. Je ne le dis pas comme ça pour me vanter, à chaque concert que l’on donne là-bas, la force et le déchainement du public nous le prouvent.

Vous travaillez beaucoup en duo avec d’autres artistes cubains, Orishas, Eddy K, La Charanga Habanera, pour ne citer qu’eux

Effectivement. Au départ, mon projet en tant que compositeur et fondateur du groupe était de chanter chaque chanson en duo avec un rappeur de mon quartier [El Alamar, à La Havane NDLR] et je n’ai jamais abandonné l’idée. Je souhaite que Gente D’Zona fasse des contributions dans d’autres groupes cubains et je pense que l’on va continuer dans ce sens. La collaboration me fait me sentir bien, me définit vraiment comme artiste, et me rend différent de mes concurrents.

Selon toi, ce mélange des genres est-il un des traits fondamentaux de l’identité de la musique cubaine ?

La majorité des artistes reggaeton fonctionnent en duo ou en solo, comme Wisin y Yandel; mais nous, à Gente D’Zona, on apprécie de pouvoir se poser des défis communs et de se répartir le travail pour y répondre.

C’est toi qui écris les chansons du groupe ?

Image de Gente D'Zona - Mejor Que Suena Ahora 2 À l’origine, c’est moi le compositeur de la majorité des morceaux de Gente D’Zona, comme Soñé, La Campaña, que je voulais dans notre répertoire. Depuis, Jacob s’est lancé à son tour dans l’écriture de textes avec beaucoup de talent, il y imprime également sa marque, Nando s’occupe de la partie qui concerne la musique en tant que telle, les arrangements, et je gère aussi, en plus des paroles, la façon de configurer chaque numéro.

Les relations hommes/femmes reviennent régulièrement dans tes chansons. C’est le thème qui t’inspire le plus ?

C’est un thème, disons, quotidien. Nous vivons à une époque où il est difficile de trouver l’amour, où l’intérêt l’emporte souvent sur le reste. Il est toujours d’actualité à Cuba, tout comme celui du manque ou de l’échec qui se vérifient tous les jours. Nos chansons parlent toutes de la réalité.

Y-a-t-il des thèmes que tu n’as pour l’instant pas évoqués et que tu aimerais développer prochainement ?

Nous voulons travailler maintenant pour un public plus international. Je souhaite dominer davantage l’espagnol au niveau des paroles, car pour l’instant nos titres sont très cubains et pas toujours accessibles à tous. Nous essayons de produire des morceaux plus ouverts, comme Mama me lo contó, qui ne présentent pas de difficulté de compréhension. Pas besoin de vivre à Cuba pour savoir de quoi il s’agit !

Quels sont les projets du groupe pour demain ? Va-t-on pouvoir découvrir un nouvel album ?

Le prochain album de Gente D’Zona s’appelle A Full, et va montrer un autre visage du groupe. Nous allons faire un travail plus musical, plus ouvert, en allant chercher vers d’autres genres la samba. Nous avons un titre en duo avec Pitt Bull, notre premier dans le genre « house ».

Le style va donc évoluer, mais vous allez garder le style Gente D’Zona ?

Bien sûr, jamais je ne changerai le concept du groupe, même pour atteindre un public mondial. Je ne trahirai pas ceux qui se reconnaissent dans notre sonorité, c’est notre travail, c’est ce que nous sommes.

Tu es un grand chanteur, mais aussi un danseur incroyable. Avec ton déhanché sur scène, tu étais comme la Shakira de Cuba !

Tout ça fait partie de ma personnalité en tant qu’artiste. Cela a une signification pour moi, ça compte pour le public alors je ne me gêne pas pour le faire.

Une dernière chose avant de te laisser partir ?

Un bisou au public français !

Gente D’Zona c’est aussi une famille, alors quand Alexander file, ses seconds prennent le relais pour compléter le point de vue.
Onda, corazón y talento…

Quelques mots pour commencer ?
Alberto (Batteur) : Cela fait 2 ans que je fais partie du groupe, j’étais là pour le premier concert à Paris devant un public excellent qui nous a très bien reçus et j’en garde un très bon souvenir.

William (2e chanteur): Je suis le nouveau chanteur de Gente D’Zona, c’est ici ma première expérience en Europe et je n’en reviens pas, les gens dansent, chantent sur nos chansons, c’est vraiment parfait !

Alors, qu’est-ce que vous pensez du public français ?

William : Il est presque comme le public cubain ! On est ici à Paris et des gens de toutes les nationalités viennent nous voir, Italiens, Brésiliens, Colombiens, Péruviens, et j’espère que l’on va continuer à vous plaire comme ça parce que vous êtes excellents.

Quelle est l’expérience la plus forte que vous ayez vécue pendant l’aventure Gente D’Zona ?

Image de William - Gente D'Zona William : Chaque concert est une grande expérience, car on représente à chaque fois notre musique à un public étranger, qui ne comprend pas forcément les paroles, mais on sent l’alchimie qui opère, l’acceptation dans les yeux des spectateurs.

Alberto : C’est très émouvant de les voir reprendre des paroles, un refrain, et on espère à chaque fois que notre travail va plaire aux publics devant lesquels on se produit, qu’ils soient cubains, français ou internationaux. Notre cœur vous est ouvert à tous.

Durant les concerts, quel est l’élément le plus important que vous cherchez à transmettre et qui soit différent de ce que l’on trouve sur l’album ?

William : En vivo, c’est toujours différent, on essaie de transmettre d’autres vibrations avec la musique, les gestes, mais aussi avec la danse, pour qu’il y ait une magie particulière. On se donne au maximum à chaque promo, à chaque présentation afin de réussir le passage de la musique enregistrée à la musique délivrée en concert.

Il y a donc beaucoup de répétitions pour parvenir à ce résultat ?

Alberto : On répète un peu plus chaque jour avant et même pendant la tournée, mais toujours dans la bonne humeur et le plaisir de pratiquer notre musique. Chaque scène nous professionnalise encore davantage et nous permet d’améliorer ce que l’on teste en amont.

La forme des concerts change-t-elle beaucoup suivant les publics que vous rencontrez ?

Alberto : Le groupe transmet une énergie pour l’ensemble du public et, en fonction de sa composition, qu’il s’agisse de femmes plus âgées, d’enfants ou d’adolescentes, nous essayons de leur donner ce qui leur plait, de les faire participer, par exemple en montant sur scène, mais toujours dans le respect. Nous faisons en sorte qu’ils soient contents et c’est ce qui nous procure du plaisir où que nous allions.

Y-a-t-il quelque chose que je peux vous souhaiter pour la suite ?

William : Un souhait ? Faire en sorte que l’on puisse donner des concerts en France dans des salles plus grandes afin que vienne encore plus de monde, des gens de tous les âges pour qu’ils se sentent bien et reçoivent tout l’amour que l’on met dans notre travail.

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A propos de l'auteur

Image de : Après avoir mastérisé dans la section Médias du CELSA, c'est exilée temporairement, pour des raisons romanesques (mais pour encore quelques mois) dans la Patagonie argentine, que je comble les lacunes de ma piètre éducation politique en me plongeant dans l’œuvre des grands penseurs latino-américains, tels que José Marti et le Che Guevara, et que j'affine mon esprit critique au contact d'une société reléguée au dernier plan de notre fameux ordre mondial. Passionnée de culture latine et de radio, je combine les deux en présentant sur une fréquence communautaire locale une émission de débat et de musique dédiée à l'Amérique du Sud. Même de si loin, je garde les yeux sur ce qui s'écoute en France et, grâce à Discordance, je peux contribuer modestement à montrer que la musique en espagnol vaut mieux que son image de machine à produire des tubes de l'été.

2 commentaires

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  1. 1
    le Mercredi 25 août 2010
    Boris a écrit :

    Merci de cette longue interview. En effet, Gente de Zona est un des groupes les plus populaires aujourd’hui à Cuba. On les écoute à la radio, la télé, les fêtes et même dans les bus. Les enfants répètent leurs refrains. On peut aimer ou critiquer ce qu’ils disent, mais il faut reconnaître qu’ils sont les meilleurs dans ce genre de musique à Cuba.

  2. 2
    le Mercredi 25 août 2010
    Nancy a écrit :

    Gente de Zona, à vôtre prochaine tournée, SVP, MONTRÉAL, MONTRÉAL, MONTRÉAL, PLEASEEEEEEEEEEEEEEEE, si c’est possible!!!

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