Gaza – I Don’t Care Where I Go When I Die

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Cet espèce de bouc sur la pochette n'a pas l'air très aimable. Attention, Gaza, groupe de Salt Lake City dont ce I Don't Care Where I Go When I Die est le tout premier effort, s'impose directement comme l'une des références pour tout amateur de musique velue. Explications.

51qzhtfwa4l-_ss500_ Le chaos. Comment définir autrement cette musique ? Tenter de la nommer par un genre ne rendrait pas compte de l’absolue violence de cet immonde tas de riffs empilés un à un, qui t’est flanqué dans la gueule. Ce sont des blocs qui sont envoyés, des blocs qui t’enfoncent petit à petit la tête dans le sol, lentement, accumulant les à-coups de plus en plus puissants. Impossible de se raccrocher à une branche, le tempo est trop mouvant, trop précis, se renouvelle toutes les dix secondes, ralentit, accélère, te fait tourner en bourrique, et laisse pourtant la nette impression que chaque partie est enchaînée parfaitement logiquement, ne tombant pas comme un cheveu sur la soupe.

Et même avec ça, Gaza ne se gêne pas pour balancer le pâté, avec un son massif, heavy as fuck, mais pourtant loin des productions habituelles, car sale, poisseux, étouffant. Difficile de rester à fond durant les 43 minutes que dure cet album, difficile, car d’une incroyable intensité, constante, qui s’accroche à toi et ne te lâcherais pour rien au monde. Quoique, ces ralentissements peuvent, quand ils ne sont pas d’une lourdeur extrême, te laisser le temps de respirer, quelques secondes, avant qu’une nouvelle salve reprenne, te remette à terre.

Si le groupe de Salt Lake City est à placer un cran au-dessus de tout les combos pratiquant une musique de chevelus, c’est parce qu’ils n’ont pas oublié l’essentiel : l’émotion. Quant d’autres mises sur une violence vaine et froide, sans aucune once d’envie, juste par plaisir d’enfiler riffs gras et primaires, Gaza rajoute en plus une sauvagerie intense, brûlante, urgente, confinant à la folie. Cette folie qui transparaît dans la voix de Mike, l’homme au micro de cette formation, éructant, braillant, pétant radicalement un câble pour vomir toute sa haine et son dégout, tout le long de l’album. D’une tension telle que le seul groupe, mis à part ses influences principales, Botch et Kiss It Goodbye, qui pourrait tenir le coup face à lui est Knut . Même intensité, même violence continue, même agressivité, même choc. Deux guitares qui rivalisent d’inventivité pour sortir des plans plus tordus les uns que les autres, et prendre à contre-pied lorsque l’on s’y attend le moins, une basse qui se fait bien entendre, et cette batterie, mon dieu, d’une technique à en traumatiser plus d’un.

Un énorme premier pavé, jeté dans la mare d’un type de musique qui stagnait un peu trop, et qui, espérons-le, en convaincra beaucoup. Même si pour l’instant, elle n’intéresse que les 10 pelés qui attendent avec impatience la prochaine et première venue de la quintette en France.

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