Garden Nef Party 2009

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Cette année, la Garden Nef Party a de nouveau mis les petits plats dans les grands pour nous concocter une édition 2009 des plus réjouissantes ! Au programme, la crème de la crème de la scène musicale internationale parmi laquelle Franz Ferdinand, Phoenix, Gossip, Ghinzu ou encore Cold War Kids et Vitalic.

De quoi passer un très bon weekend malgré une météo capricieuse et l’annulation de dernière minute du (très attendu) concert de Santigold . Retour sur les moments forts du petit festival angoumoisin devenu incontournable !

Vendredi 17 juillet

3733778426_9650685112Arrivée trop tard pour voir Izia sur scène, c’est au son de Shoot Shoot des Stuck in the Sound que je pénètre sur le site de la Ferme des Valettes. Toujours aussi énergiques, les Parisiens tentent tant bien que mal de chauffer le public, pour l’instant encore assez éparpillé. La pluie n’aide en rien le combo pourtant plein de bonnes intentions. Le set du quatuor fait la part belle aux titres de son dernier album Shoegazing Kids, mais c’est sur les notes de l’incontournable tube Toyboy que les garçons mettent fin à leur prestation.

Direction la petite scène pour découvrir Joe Gideon and the Shark . Elle, The Shark, est à la batterie, toute de léopard vêtue. Lui, Joe Gideon, est à la guitare, sobrement paré de noir. Totalement complémentaire, ce duo frère-soeur, à la fois extravagant et attachant, aura réussi à charmer un public de plus en plus dense grâce à son rock bluesy, punchy et gentiment décalé.

Mais à la fin du set du duo, tout le monde se presse en direction de la grande scène. Et pour cause! Le concert de Phoenix va bientôt commencer. Les fans sont déjà aux avants postes depuis longtemps, mais avec un peu de bonne volonté, on arrive sans difficulté à se frayer un passage vers les premiers rangs pour profiter au mieux du spectacle. Nos frenchies préférés commencent fort! Litzsomania, extrait de l’excellent Wolfgang Amadeus Phoenix, ouvre le bal d’une set list aux faux airs de compilation idéale. Les versaillais enchainent tous leurs plus grands tubes dans une ambiance de folie. If I Ever Feel Better, Long Distance Call, Consolation Prizes ou les petits nouveaux 1901 et Lasso . Il n’y a pas à dire Phoenix déchaine les passions et nous offre un set tout aussi carré qu’explosif.

On enchaine avec l’un des coups de coeur de cette édition : Sleepy Sun . Un sextet débarqué tout droit de San Francisco qui nous a offert un concert complètement envoûtant grâce à des mélodies pop aux ambiances psychédéliques, tantôt folk tantôt sombres. Leur musique est à leur image : un brin dépareillée, complexe et planante, mais tout aussi irrésistible.

Après ce petit instant d’évasion, on retrouve un autre grand nom du festival : Ghinzu . La réputation des Belges n’est plus à faire et ils n’auront pas failli à cette dernière malgré un son assez brouillon. C’est en costard noir, rehaussé de lunettes de soleil de la même couleur que John Stargasm et sa bande font leur entrée sur scène. Le leader du combo se pose au piano sur les notes de Cold Love extrait du dernier album du groupe Mirror Mirror . Et c’est parti pour plus de 30 minutes de rock intense, classieux, sombre et fougueux. Le quatuor se veut quelque peu distant au début du set pour mieux se lâcher par la suite. L’apothéose viendra au moment d’interpréter Do you read me, le tube qui a révélé Ghinzu en 2005.

On poursuit sur cette belle lancée en accueillant les jeunes et non moins talentueux Blood Red Shoes . Le duo, formé par Laura-Mary Carter à la guitare et Steven Ansell à la batterie, enchaine les titres de son album Box of Secrets sans temps mort. It’s Getting Boring By The Sea, Say something say anyhing, Try Harder, autant de brulots rock aux riffs incandescents qui prennent immédiatement aux tripes. Les petits Anglais envoient du lourd et ça fait du bien par où ça passe!

Il est 23 h. LA tête d’affiche de la soirée, Franz Ferdinand, n’est pas encore sur scène que déjà le public, présent en masse, est en pleine ébullition. Les Écossais vont jouer devant une audience d’ores et déjà conquise, mais ce n’est pas pour autant qu’ils vont se contenter du minimum syndical. Bien au contraire ! C’est aussi pour ça qu’on les aime les Franz Ferdinand, pour leur générosité ! Dès l’entrée d’ Alex Kapranos et ses acolytes, une pluie d’applaudissements et de cris en tout genre se fait entendre ! Le spectacle peut alors commencer. Mais pas avant que le chanteur et leader de la formation ait lu un court discours, en français s’il vous plaît, pour exprimer toute la joie qu’il éprouve à jouer ici. On en rougirait presque ! Et c’est un set de plus d’1 h 30 (rappel compris) que le groupe va nous offrir. De quoi être pleinement rassasié! Ulysses, No you girls, Take me out, Matinee, tous les tubes du combo s’enchainent dans une ambiance survoltée. On est bluffé par le charisme et l’énergie des artistes, surtout lorsqu’ils se regroupent autour de leur batteur pour taper des caisses en choeur. Du grand spectacle, tout simplement.

Petit détour vers la Valettes Stage pour découvrir le rock enragé de The Night Marchers, quatuor originaire de San Diego qui cultive un goût prononcé pour les riffs de guitares acérés. On file ensuite découvrir le set inédit de Vitalic . Toujours aussi puissant et original, le DJ n’aura eu aucun mal à satisfaire un public complètement déchainé, avide électro frénétique.

C’est au son de Boss Hog que cette première soirée touchera à sa fin. Le duo commence à jouer avec un peu de retard dû à des problèmes techniques. Point de découragement! Cristina Martinez et Jon Spencer nous déversent alors leur rock bluesy, sensuel et sexy avec une énergie débordante. Cependant, l’heure tardive et le froid commencent à se faire sentir. Il est donc temps de reprendre des forces pour demain!

Samedi 18 juillet

cold-war-kids-garden-nef-party-angouleme-18072009C’est Papier Tigre qui a la lourde tâche d’ouvrir cette deuxième journée de la Garden Nef Party. Pas une mince affaire pour le trio nantais encore méconnu du grand public. Les festivaliers commencent tout juste à arriver et ne sont donc pas très réceptifs au rock expérimental du groupe, tout en distorsion et variations de rythme en tout genre. Un son dense et fougueux, mais peut-être un peu trop exigeant pour être apprécié à sa juste valeur à cette heure de la journée.

On enchaîne avec une autre formation française, mais d’origine seulement, car exilée à Londres depuis plusieurs années maintenant. John & Jehn ou le duo le plus glamour de la nouvelle scène rock indé. Sensuel et moderne, le couple joue de tous ses charmes et nous livre un set des plus intenses et sulfureux. Les titres de l’album éponyme du groupe nous renvoient aux instincts primitifs du rock, parsemé de quelques touches d’electro. Un mélange audacieux qui fait mouche!

Après les petits nouveaux, on accueille un groupe qui a déjà plusieurs années de carrière derrière lui : Cold War Kids . Et c’est avec un plaisir multiplié qu’on les reçoit quand on sait que les Californiens avaient annulé leur venue en 2007. Le quatuor nous livre une prestation très carrée sans fioritures. Mais le rock fiévreux des artistes se suffit à lui-même pour retenir toute l’attention du public. Un public qui reste d’ailleurs plutôt calme, sauf quand résonnent les notes de Hang me up to dry ou We used to vacation, les tubes extraits du premier album du combo, Robbers and Cowards paru en 2006.

On change de style et d’ambiance avec une formation française des plus éclectiques : Zone Libre vs Casey & Hamé soit la rencontre du rap et du rock en version française. Incisif, revendicatif, tranchant comme une lame de rasoir, le groupe envoie la sauce avec une énergie sans faille.

On quitte la France direction l’Angleterre pour écouter en live les tubes entêtants et dansants de The Ting Tings . Inutile de faire les présentations, le personne n’a échappé au buzz qui a entouré la sortie de l’album du duo anglais. Et le public s’est regroupé en masse pour accueillir les artistes comme il se doit. Ultra lookés, hyper énergiques, Katie et Jules se donnent à fond et nous offrent une prestation des plus séduisantes. Les morceaux du groupe sont connus de tous, de That’s not my name à Shut up and let me go en passant par Great DJ . Une vraie bouffée d’air frais!

Cependant, à la fin du concert de The Ting Tings, on nous annonce une mauvaise nouvelle : Santigold ne pourra pas assurer son set ce soir pour cause d’extinction de voix. Douche froide sur le festival! Et pour couronner le tout, voilà une averse qui se prépare!

Après le rock sauvage de The Jim Jones Revue, c’est donc Mix Master Mike et Rahzel qui assurent le spectacle. Initialement programmés plus tard sur la petite scène, le DJ officiel des Beastie Boys et le monsieur R de The Roots (maître incontesté du human beat box) mettent littéralement le feu à la Garden Stage grâce à leurs remix étonnants et détonants. La set list osée des deux artistes met le public en transe, notamment sur Misty Moutain Hop de Led Zeppelin, Killing in the name of des RATM ou encore Song 2 de Blur .

gossip-garden-nef-party-angouleme-18072009On reprend ses esprits en douceur avec les mélodies à la fois épurées, étranges et dépouillées de TV On The Radio . Le public est très attentif face au quintet de Brooklyn et apprécie l’originalité et l’inventivité de la formation. Généreux et captivants, les artistes, aux faux airs de hippies des temps modernes, maîtrisent parfaitement leur set. Ils manipulent avec grâce leurs ambiances psychédéliques, sophistiquées et surprenantes, et se jouent de leurs influences multiples avec élégance.

Il est minuit lorsque Gossip, le trio de Portland le plus en vogue du moment, fait son entrée sur scène au son de Pop goes the world . Beth Ditto, vêtue d’une robe blanche champêtre à fleurs rouges, est prête à faire bouger le public présent en masse devant la Garden Stage. Et c’est armée des tubes de Music for men, le dernier album du groupe, qu’elle y parviendra sans grand effort. Heavy Cross, Men in Love, 2012 ou Love Long Distance résonnent déjà comme des hymnes fédérateurs. La charismatique chanteuse et leader de la formation bouge bien, mais beaucoup moins que le public, et elle ne semble pas à la hauteur de sa réputation de bête de scène. La formation nous offre tout de même un Standing in the way of control électrique qui fait des émules dans la foule. Cependant, le concert aura duré en tout et pour tout 30 minutes. On serait presque déçus…

Pour clore cette édition 2009 en beauté, Étienne de Crécy nous propose son spectacle « son et lumière » impressionnant : un rubik’s cube géant qui s’anime au rythme de électro enivrante du DJ français. Bluffant !

Il est temps de dire au revoir à l’herbe fraîche de la Ferme des Valettes, en pensant déjà à ce qu’elle nous réserve pour l’année prochaine.

Crédits photo : © Jenny – Le HibOO / © dpc – Le HibOO

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A propos de l'auteur

Image de : Fraîchement débarquée dans la vie active après des études de communication, j'assouvis ma passion pour la musique en jouant les apprenties journalistes et en écumant les salles de concerts parisiennes à la recherche de nouvelles sensations ! Et même si ma guitare commence à prendre la poussière, un jour j'arriverais peut-être moi aussi à faire quelques chose de mes dix doigts.

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