Garden Nef Party 2008

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Pour cette troisième édition, la Garden Nef Party a mis les petits plats dans les grands et a concocté la programmation rêvée pour tous les amateurs de bonne musique. Après Placebo en 2006 et Muse en 2007, c’était au tour d’Iggy Pop, The Raconteurs ou encore The Hives et The Kills (pour ne citer qu’eux) de ravir le public angoumoisin.

Angoulême – 18 et 19 juillet 2008

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On comprend alors pourquoi environ 20 000 personnes ont foulé l’herbe verte de la Ferme des Valettes pendant ces deux jours de folie qui ont fait rimer éclectisme et bonne humeur sans fausse note. Sensations fortes garanties !

Outre sa programmation d’une qualité quasi-irréprochable, ce qui fait tout le charme de ce festival, c’est son cadre idyllique : la Ferme des Valettes et sa pelouse fraîche que l’on arpente le coeur léger. Car la Garden Nef Party est un festival à l’esprit champêtre soucieux du respect de l’environnement (avec son système de gobelets réutilisables et consigné ainsi que sa brigade verte toujours prête à l’attaque) et au cours duquel on mange de la nourriture essentiellement bio. Sans oublier l’organisation parfaite menée de mains de maître par les différentes équipes de bénévoles présentes sur les lieux.

Il est toujours difficile de faire un compte-rendu exhaustif d’une telle manifestation, surtout quand faute d’un timing assez serré, on est malheureusement contraint d’arriver sur les lieux plus tard que prévu ! Alors je suis sincèrement désolée mais je suis dans l’incapacité d’écrire quoi que ce soit sur les prestations d’ Archie Bronson Outfit, qui ont ouvert le festival, de BB Brunes, de la merveilleuse Alela Diane et des Hushpuppies, qui font pourtant partie de mes chouchous et que j’aurai plus que tout aimé revoir sur scène !

Le festival aura donc commencé pour moi au son de Nada Surf, sur la grande scène (Garden Stage). Un début des hostilités des plus plaisants, Nada Surf étant sans aucun doute LE trio power-pop par excellence. Surtout qu’en cette chaude soirée, le groupe est devenu quatuor, rejoint par Martin Wenk de Calexico qui fera preuve de ses talents de multi-instrumentiste, notamment sur 80 Windows . Le set des New-Yorkais fait la part belle aux titres de leur dernier album Lucky : I Like What You Say, Whose Authority ou encore See these bones . Malgré les sollicitations du public qui espère entendre le mythique Popular, le groupe ne cèdera pas. A quoi bon quand on a un nouvel album truffé de petites perles mélodieuses à souhait !

Direction la petite scène, Valette Stage, où l’une des sensations folk de cette année se prépare à enchanter son auditoire : Moriarty . Emmené par la ravissante Rosemary, sa chanteuse à la voix époustouflante, le groupe a fait sensation avec son premier album Gee Whiz but this is a lonesome town . Le public est donc nombreux à vouloir profiter de cette prestation. Dès les premières notes de Animals Can’t Laugh, on a tout de suite l’impression d’être plongé au coeur de l’Amérique, de pousser la porte d’un saloon du Texas ou de se promener le long des rives du Mississippi main dans la main avec Tom Sawyer ! Un moment tout simplement magique, surtout lorsque c’est tout le public qui reprend en choeur le tube Jimmy .

thekillsEt on n’est pas au bout de nos surprises ! Après le folk enchanteur de Moriarty, place au rock électrique et sulfureux de The Kills . Alison Mosshart et Jamie Hince à la vie, VV et Hotel à la scène, soit un duo hypnotique qui a conquis un public complètement subjugué par son charisme ravageur et ses riffs incandescents. La foule est en délire dès l’entrée en scène du duo qui se fait sur le single U.R.A. Fever extrait de leur troisième album Midnight Boom . Et le succès est largement mérité. The Kills sont fidèles à leur réputation de bêtes de scène. Ils envoient un son rock crasseux et dépouillé comme on l’aime. Les tubes s’enchaînent, et déchaînent les passions : Tape Song, Last Day of Magic mais aussi Now Wow tiré de leur second opus du même nom. Entre glam, punk et garage, The Kills est sans doute l’un des groupes majeurs de la scène rock indé actuelle.

Pour se remettre de ses émotions, rien de tel que le rockabilly enivré de Heavy Trash, le nouveau groupe de Jon Spencer . Court, intense et efficace. Mais la tête d’affiche de la soirée répond au nom de The Raconteurs . C’est donc tout naturellement que le public se dirige en masse vers la grande scène. Inutile de rappeler ici que le groupe n’est autre que le side-project de Jack White, déjà leader des inimitables White Stripes . Alors est-ce parce que je ne suis pas une fan de la musique de The Raconteurs à la base, ou parce que je ne m’étais pas encore remise de la performance de The Kills ? N’empêche que la magie de The Raconteurs n’a pas vraiment opéré, hormis l’interprétation du tube Steady as she goes . Ce qui n’enlève rien au fait que Jack White et sa bande sont des musiciens hors pairs.

Figure culte de la scène rock alternative, Anton Newcombe et son Brian Jonestown Massacre nous font l’honneur d’être de la partie, quelques mois après la sortie de 13, le dernier album en date du combo. Un show tout en subtilité et en envolées psychédéliques comme on les aime !

justice-2L’autre grand nom de ce soir, c’est Justice, ou les deux frenchies les plus hype de la scène electro. La polémique qui a entouré le clip de leur morceau Stress ne semble avoir eu aucune incidence sur l’image du groupe au vue de l’enthousiasme du public. Le mur d’amplis est bien installé, la croix symbole du duo est prête à s’illuminer et les corps n’attendent plus que le signal pour commencer à se trémousser et faire de la Ferme des Valettes un véritable dancefloor à ciel ouvert. Xavier de Rosnay et Gaspard Augé entrent en scène ! C’est la folie immédiate ! Postés derrière leur platine, les deux maîtres de cérémonies balancent leurs tubes sans relâche : We are friends, D.A.N.C.E. et DVNO , de quoi faire grimper le mercure même à 2h00 du matin ! Un set carré et carrément explosif mais pas si envoûtant que le laissait croire leur réputation scénique.

Peu importe ! Demain nous attendent encore plein de nouvelles aventures.

Première bonne surprise de la journée, en ce samedi 19 juillet, les petits gars de Kid Bombardos . Malgré leur jeune âge (ils n’ont pas vingt ans), les quatre bordelais ont de quoi rendre jaloux leurs aînés. Avec leur petites gueules d’anges délurés et leurs mélodies pop-rock sophistiquées aux accents old school, ils resteront à coup sûr gravés dans tous les esprits grâce à une prestation marquée par une maturité exemplaire et tout simplement bluffante. L’antidote que tous les détracteurs des baby-rockeurs attendaient pour retrouver le sourire !

C’est bien beau de vouloir se la jouer rock n’ roll star mais c’est pas donné à tout le monde d’être digne de cette appellation. Le cuir et le noir ne font pas tout ! N’est-ce pas Mademoiselle K ? Le public est encore dispersé en ce début de soirée et la chanteuse, avec les titres de son nouvel album Jamais la paix, n’est pas la plus apte à fidéliser les foules. Elle balance ses morceaux plantée derrière son micro et se défoule entre deux chansons en balançant des phrases du genre : Putain d’ampli de merde. 45 minutes de concert et il est déjà mort ! Un peu de tenue, tout de même ! Enjoliveur clôt ce set quelque peu inapproprié au reste de la programmation et pose la question fatale : « Est-ce que tu reviendras ? » Heuuuuuuu. On est obligé de répondre ?

Retour à une ambiance plus sereine grâce à la pop envoûtante du groupe Patrick Watson, du nom éponyme de son leader. Le jeune canadien à l’esprit tranquille, sa casquette kaki bien en place, nous offre une prestation enchanteresse. Entre piano cristallin, mélodies folk épurées et pop harmonieuse entremêlée de petits bruitages faits maison, le combo joue de ses charmes à la perfection. On pense alors à Sigur Ros ou Radiohead . Nul doute que ceux qui l’ont découvert ce soir n’auront pas résister à la tentation d’acheter son deuxième album Close to paradise . Un véritable instant de bonheur.

C’est la tête dans les nuages que l’on rejoint la grande scène pour accueillir LE « buzz » made in France de l’année : The Do . Idéal pour prolonger le voyage ! Un album au compteur et déjà des fans par milliers. Le duo franco-finnois n’en finit pas de faire des émules. La preuve encore ce soir à en juger par l’enthousiasme du public. La jolie robe d’ Olivia, parée d’étoiles multicolores, y aura été sans doute pour beaucoup ! La jeune chanteuse aura mis tous les hommes à ses pieds et rendu jalouse toutes les filles par la même occasion. Ah ces artistes ! Le set s’ouvre sur Playground Hustle et déjà le duo impose par son charisme et son style unique ! S’ensuivent les titres phares de l’album A Mouthful, At last, The bridge is broken et le désormais incontournable On my shoulders qui, bien qu’il soit pour certains devenu inaudible pour cause de matraquage radiophonique, a pris ce soir une tout autre dimension grâce aux talents de musicien des deux tourtereaux.

Après cette escapade au pays merveilleux de la pop, on reprend la route du rock made in USA avec The Bellrays et leur soul sauvage sur fond de guitares lourdes et crasseuses, portée par la voix rauque et sensuelle de Lisa . Tel un lion qui rugit au milieu de sa jungle, la chanteuse (que l’on peut facilement comparer à Tina Turner ) donne l’impression de déverser toute son âme dans chaque morceau qu’elle interprète. Une véritable bête de scène qui a conquis un public stupéfait par tant de prestance et d’énergie! La bonne surprise de la soirée.

hivesL’heure est venue pour la première tête d’affiche de la soirée de faire son entrée sur la grande scène : The Hives . Les Suédois jouissent d’une réputation scénique de choc. Leur show n’aura pas dérogé à la règle. Une heure de rock garage intense poussé par un quintet unique en son genre, doté d’une énergie incommensurable et d’un sens de l’humour sarcastique et décalé à souhait. Dans leur costume trois pièces noir et blanc cintré, ils auraient pu ressembler à des pingouins. Mais non, ils ont la classe ! Une classe naturelle qui se dégage d’eux dès qu’ils commencent à jouer. L’ambiance est explosive du début jusqu’à la fin et il est difficile de voir le groupe quitter la scène. On en vient même à croire Pelle Almqvist quand il nous dit qu’il est le chanteur du « meilleur groupe au monde ». « Longlive The Hives » !

Avant d’accueillir LA star de la soirée, un détour vers la Valette Stage s’impose pour profiter de l’un des représentants majeurs de la scène anti-folk actuelle, j’ai nommé Adam Green (ex Moldy Peaches ). Artiste à l’esprit décalé, il perpétue la tradition des grands songwriters américains. Il nous livre un set généreux, tout en simplicité, durant lequel on peut apprécier des petites perles telles que Tropical Island (extrait de son dernier album Sixes & Sevens ), Jessica, Bay’s gonna die tonight ou encore Nat King Cole .

iggy_On a sauté de joie quand on a vu pour la première fois leur nom écrit sur l’affiche du festival. Maintenant on les attend de pieds fermes devant la grande scène. Iggy Pop & The Stooges sont à Angoulême ! Waouh !!! Et ils sont nombreux à ne pas en croire leurs yeux. Pourtant c’est bien réel ! Le moins que l’on puisse dire c’est que l’iguane n’a rien perdu de sa fougue originelle (à part peut-être que ses abdos sont moins fermes qu’auparavant.) En tant que véritable légende du rock n’roll, il n’en fait qu’à sa tête : pas moins de trois micros cassés en quarante minutes de temps, des agents de la sécurité qui se font des cheveux blancs lorsque l’artiste laisse monter sur scène une vingtaine de personnes du public, des amplis qui pourraient porter plainte pour tentative d’abus sexuels,. Bref, un show très rock n’roll comme il se doit, rehaussé du plaisir d’avoir pu entendre en live des classiques tels que No Fun ou I wanna be your dog . Mémorable !

On ne s’attardera pas devant le dj set de Peaches et on préfèrera reprendre des forces avant de clore ces deux jours de musique au son de Birdy Nam Nam . Un son hybride entre electro, hip-hop et dub. Les quatre DJs français ( DJ Pone, Crazy B, DJ Need, Little Mike ) officient de mains de maître derrière leurs platines redonnant un coup de fouet à une foule toujours pas rassasiée. Trente minutes de concert, c’est trop court. Un rappel s’impose ! Auquel le quatuor se plie avec joie pour notre plus grand bonheur !

Il est désormais temps de quitter l’herbe fraîche de la Ferme des Valettes, la tête remplie de bons souvenirs, en se disant qu’on a hâte que l’été prochain arrive parce qu’on reviendra. C’est sûr !

Crédits photo: Alexandre Hervaud (http://www.flickr.com/people/hervaud/)

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A propos de l'auteur

Image de : Fraîchement débarquée dans la vie active après des études de communication, j'assouvis ma passion pour la musique en jouant les apprenties journalistes et en écumant les salles de concerts parisiennes à la recherche de nouvelles sensations ! Et même si ma guitare commence à prendre la poussière, un jour j'arriverais peut-être moi aussi à faire quelques chose de mes dix doigts.

2 commentaires

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  1. 1
    le Mardi 23 septembre 2008
    Vincent Bidule a écrit :

    J’y étais le vendredi. Je suis arrivé un petit peu avant toi. j’ai eu la chance de voir et entendre Alela Diane, charmante personne…un folk très doux, avec une fin de concert avec les Moriarty. Par contre déception sur Nada Surf, le son était horrible, à se demander si l’ingénieur du son n’était pas sourd. Les voix beaucoup trop en retrait, le travail de Martin Wenk était inaudible et j’avais du mal à distinguer la basse de la batterie.
    Grande satisfaction pour les Heavy Trash, Jon Spencer est ENORME sur scène. Et pour les RACONTEURS, très bon concert également, pour ce side project qui commence à prendre le pas sur les rayures blanches.

  2. 2
    le Dimanche 12 octobre 2008
    stef a écrit :

    J’étais a ce festival pour la premiére fois et pour moi ca a été un moment plus qu’inoubliable !!
    Nous somme venu de normandie avec une amie pour voir the hives ( oui en tant que grande fan ) et la banderolle Long live the hives c’étais la notre !!! xDDDDD et oui , merci garden nef pour ce petit moment intense de plaisir !!!

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