Ganglians

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A l'occasion du passage du groupe à Paris dans le cadre de Villette Sonique, nous avons essayé de décrypter les influences et l'élaboration de l'album Monster Head Room, sorti le 10 mai dernier.

On vous en disait du bien à sa sortie, l’album Monster Head Room occupe toujours notre platine : dans les bons jours on aime les sucreries de Candy Girl, dans les mauvais on apprécie l’orage de Valient Brave.

A peine sortis du van après avoir traversé la France pour jouer à Villette Sonique, les quatre Ganglians se prêtaient début juin au jeu des interviews dans un hôtel au bord de l’Ourq : est-ce la fatigue ou l’effet d’une légère confusion, les routards psyché se montrent sympathiques mais assez difficiles à suivre. Qui de Ryan Grubbs (chant) ou d’Adrian Comenzind (basse) a fait du Ganglians en premier ? Qui de Monster Head Room ou l’album éponyme Ganglians, pas sorti en France, a été créé en premier ? Dix minutes de conversation nous apporterons des élements de réponse mais certainement pas la clé du mystère de leur créativité.

Quelle est la genèse du groupe ?

Adrian : Le groupe a commencé avec Kyle, Alex et moi… Au début on explorait, on jammait… Ryan avait ses chansons « Ganglians », on avait donc un groupe qui était pré-Ganglians. Ryan nous a recrutés et c’était du style…c’était de quel style ?

Ryan : Au début, c’était des chansons enregistrées sur 4 pistes dans ma chambre. J’allais chez Adrian, et les gars jammaient. Je me souviens m’être arrêté pour écouter et j’étais intrigué. Je connaissais un peu Adrian, je lui ai demandé de jouer avec moi sur des morceaux que j’avais fait. Je ne connaissais que des rudiments de guitare et des harmonies. Les autres sont venus nous aider à jouer quelques chansons.

On retrouve des chansons de l’album Ganglians sur Monster Head Room. Quels liens y-a-t-il entre les deux albums ?

Ryan : Sur Ganglians, il y a des chansons que je faisais dans ma chambre, certaines sont les premières que nous avons jouées en tant que groupe. On l’a enregistré dans un vieux cinéma.

Alex : Mais Ganglians a été enregistré après Monster Head Room

Ryan : Ils ont été enregistré en même temps. Quelques unes ont même été enregistrées avant Monster Head Room

Kyle : On l’a enregistré à la fin de Monster Head Room, on avait presque fini.

Il y a deux versions de Candy Girl par exemple, l’une sur Monster Head Room et l’autre sur Ganglians ?

Ryan : Oui, Candy Girl et The Void. Je les avais faites avant de rencontrer ces gars.

Image de Ganglians Quel était votre état d’esprit en enregistrant ces albums ?

Kyle : Défoncés…

Ok, ça peut expliquer certaines choses…

Ryan : Non, pas tout le temps !

Alex : Le mec qui enregistrait Monster Head Room ne nous autorisait pas à boire ou fumer pendant l’enregistrement, donc on était plutôt sobres ; par contre le processus d’écriture était différent…

Ryan : On a écouté la musique et pensé « c’est cool, qu’est ce qu’on pourrait créer autour », on était vraiment excités. On a enregistré jusqu’à ce qu’on soit satisfaits de ce qu’on avait sur Monster Head Room. Pour Ganglians, on l’a juste fait spontanément, c’est pour ça qu’il est très frais, on l’a fait sans pré-notions alors que Monster Head Room était plus réfléchi.

Vous avez plus pensé à l’ordre des chansons par exemple ?

Alex : Oui, voilà.

Je trouve qu’il faut se plonger dans les chansons pour s’en imprégner…vous avez travaillé là-dessus ?

Ryan : Oui, on a enregistré les morceaux de MHR en 4 jours. On a ensuite travaillé sur Ganglians puis on est revenus sur MHR pour y apporter la touche finale. On avait plein d’idées, on a passé quelques semaines sur la phase de production, à tester tout ce qui était possible. On n’a pas beaucoup de moyens, on ne pouvait pas se permettre des tas d’effets électroniques. Aucun de nous ne sait se servir d’ordinateurs pour programmer. On était un peu comme des enfants.

C’est pour ça que vous avez utilisé beaucoup de chœurs ?

Alex : Oui, on a créé plein d’effets sonores par les chœurs. Des sons bizarres, intéressants, avec des bouteilles, des didgeridoos, des pistolets en plastique, des tupperwares…

Kyle : Un chat aussi…

J’espère qu’il n’a pas été blessé ?

Kyle : Non ! (Rires)

Votre musique évoque des paysages, avec Into The Void je me vois bien dans le Grand Canyon…êtes vous influencés par le cinéma ?

Ryan : Tout à fait, j’ai fait une école de cinéma et j’ai toujours voulu faire la bande originale de films. L’album Monster Head Room est comme un film, des chansons comme Valiant Brave racontent une histoire, avec ses voix qui donnent la chair de poule. Il y a des éclairs, du tonnerre…

Il y a des réalisateurs que vous aimez particulièrement ?

Ryan : J’essaie d’en trouver qui ne fassent pas trop prétentieux…en fait j’aime les films de série B, de vieux films de science-fiction, quelques cartoons aussi.

Vous étiez à Primavera la semaine dernière, c’était comment ?

Ryan : C’était très bien, avec tous ces groupes dont la plupart sont fantastiques…j’aurais aimé qu’on ait plus de temps.

Merci à Stage Of The Art.

Crédit photos : Melchior Tersen

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A propos de l'auteur

Image de : Depuis 2004, Julia parcourt les festivals et les salles de concerts en quête de sensations musicales fortes et affiche un net penchant pour la scène indépendante montréalaise, le folk, l'électro et le rock. Malgré une enfance biberonnée à la culture populaire des années 90, sa bibliothèque ITunes n'affiche presque rien entre 1985 et 2000. Repêchée trois fois par le vote du public, Julia anime désormais la rubrique Musique avec Pascal et Laura. "Discordance m'a sauvée". Mon blog / Twitter

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