Gabriele Basilico – MEP

par Antoine|
Paris. Un dimanche après-midi, vers 15h, métro Saint-Paul. Un ultime virage à l'angle de la rue Saint-Antoine, et me voilà arrivé à la Maison Européenne de la Photographie. Avec ses airs d'ancien hôtel particulier, le bâtiment semble sorti tout droit d'une autre époque. Dans la cour d'entrée, un décor de gravier noir et blanc, puis l'accueil....

mep1Architecte et photographe de renom, Gabriele Basilico s’intéresse depuis une trentaine d’années à la photographie urbaine, et plus spécialement aux zones économiques et industrielles, qu’il photographie aux heures où la rue se vide.  » Photographies 1980-2005 « , l’exposition qui lui est dédiée, se révèle de part et d’autre de l’escalier du deuxième étage. Au sous-sol, un diaporama vidéo retrace l’oeuvre de l’artiste.

En grand et moyen format, la ville et ses immeubles, mais aussi la zone périurbaine et ses maisons particulières nous apparaissent. Paris-La Défense, Berlin, Buenos Aires, Madrid…. les capitales se dévoilent au travers de leurs avenues désertes et de leurs zones portuaires abandonnées. Si quelques épreuves se démarquent par leurs couleurs, le travail de Gabriele Basilico est avant tout fait de noir et de blanc.

Dans un couloir étroit, vingt clichés en moyen format se suivent. Chacun montre une boutique ou une entreprise différente, et cette longue suite d’images ne semble former qu’une seule et même rue.

Dans une grande salle, des photos se partagent trois murs. Au milieu, un banc confortable. Sur l’un des murs, trois d’entre elles captent particulièrement notre attention. Chacune ouvre l’oeil sur un bâtiment en angle de rue, longé de part et d’autre par des avenues désertes. Ainsi rassemblées, elles donnent l’impression d’être au coeur d’une place ou d’une ville qui serait articulée par des bras gigantesques.

mep2Plus loin, une pièce dont deux murs sont recouverts de centaines de photos au format carte postale. Ce sont les planches contact du photographe. Ses photos, ses annotations… Certaines sont marquées d’une croix rouge, d’autres d’indications sommaires. Nous découvrons ici comment l’artiste travaille, comment il sélectionne ses clichés, comment il élabore son exposition. Les planches contacts portent un nom: Beirut 91, et à bien y regarder, les images ne montrent que ruines, rues désertes, destructions et conflits.

Juste à côté, les épreuves issues des planches contact présentent en très grand format les ravages de la guerre. Des photos en Noir et Blanc qui mettent en exergue, par leur simplicité et la beauté de leurs contrastes, la tristesse et l’horreur des conflits de notre époque.

L’exposition Gabriele Basilico s’achève à la sortie du musée sur une impression forte. Des images à priori anodines de villes désertes qui nous font réfléchir sur cette étrange cohabitation entre des habitants absents et un paysage urbain désert animée de ses tentacules immenses. Des photos de villes en guerre, abandonnées elles aussi, mais détruites et sans vie. Des clichés principalement en Noir et Blanc, dont les lumières, les teintes et les contrastes font que le visiteur ne sera pas prêt de les oublier.

Chapeau l’artiste !

En savoir +

Exposition Gabriele Basilico, Photographies 1980-2005

Musée Européeen de la Photographie du 21 juin 2006 au 15 oct. 2006

5-7, rue de Fourcy – 75004 Paris

Site Web: http://www.mep-fr.org/

—–

Partager !

Aucun commentaire

Abonnez vous au Flus RSS des commentaires

Réagissez à cet article