Future No(w) au 106 de Rouen

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Évènement culturel non identifié, la thématique (et non le festival) Future No(w) a envahi le 106 de Rouen depuis début mai pour plusieurs semaines de concerts, de projections, d'expositions et de tables rondes. Sous-titré Musique & utopies, nous avons posé quelques questions à Bertrand Lanciaux, le commissaire de cette thématique, forcément très intrigante...

Êtes-vous à l’origine de cette thématique ou vous a-t-on demandé de le devenir ?

C’est un travail mené par l’équipe du 106 qui s’est adjoint des collaborateurs au niveau de la conception.

Pourquoi avez-vous accepté ?

Je participe à cette thématique par passion. Il n’y a pas énormément de salles de spectacle qui proposent de faire un pas de côté par rapport aux sempiternelles programmations. C’est une occasion rare de participer à envisager les musiques sous un autre aspect et surtout de proposer au public de participer à un autre rapport à ces musiques.

Vous insistez sur le fait que No(w) n’est pas un festival ? Qu’est-ce qui différencie le festival d’une thématique ?

Disons que c’est un festival qui ne se répète pas, qui invente des formats différents à chaque fois tout en focalisant sur un sujet musical et de société.
Donc, la musique y est présentée dans un contexte particulier avec une déclinaison (cinéma, conférences, expos, concerts).

Comment s’est fait le choix des divers événements qui composent No(w) ?

Il y a trois sous-thèmes :
1° Do it ! qui réunit des projets d’auto-édition, production… Bref, des gens qui produisent des démarches artistiques singulières par eux-mêmes.
2° Zone Rouge : c’est une opération de transformation urbaine grâce à la musique. 8 scènes, 24 groupes originaux en concerts gratuits en extérieur. On construit un espace public.
3° Perception : c’est une expérience interactive, sensorielle, gratuite.

Quel est le dénominateur commun aux artistes programmés ?

Je dirais la rupture face au mainstream.

Le contraire de l’utopie, pour vous, c’est quoi ?

Le sens commun, la nostalgie

Les utopies sont-elles forcément psychédéliques ?

Ce serait un peu réducteur de penser cela.

L’utopie telle que présentée dans cette thématique est-elle avant tout esthétique ?

Esthétique à la racine, renvoie au verbe « sentir », c’est-à-dire que l’esthétique parle autant du sujet que de l’objet.
Donc, pour être précis, nous sommes plutôt du côté du partage du sensible, une belle idée inventée par le philosophe Jacques Rancière.

Quel est le rapport entre utopie et gonzo ?

La Nuit du Gonzo est le concept mis au point par le Gonzo Compagnie. La référence à Lester Bangs est effective. L’équipe en question est assez rebelle et délurée.

Summer of Love, les Diggers, Agnès Varda, Alain Diste, Barbet Schroeder, une large part de la thématique est consacrée aux années 70… Ce choix donne également l’impression que les utopies collectives ont vécu et que le Zeitgeist des années 2000 tendrait plus vers certaines initiatives individuelles ou issues de petits collectifs…

Tout se recompose en permanence dans une sorte de chaos organisé. La résultante peut être négative ou positive. Nous poussons dans le sens qui nous semble le plus positif : reconnaissance du pluralisme culturel, émancipation du sujet, participation de tous à la vie publique… Il y a des paramètres nouveaux et très positifs dans la mondialisation de la communication. Il faut concevoir de nouvelles perspectives plutôt que de s’enfermer dans un soi-disant pragmatisme immédiat et égocentrique.

Qu’aimeriez-vous susciter chez ceux qui assisteront à l’un des évènements de cette thématique ?

Simple plaisir ? Envie de se lancer dans une entreprise utopique ?
De l’envie et de l’imagination.

Programme complet et catalogue de l’exposition : http://www.calameo.com/read/0003337013b7b63bf0285

No(w) Future au 106 de Rouen : Du 11 mai au 12 juin 2012

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Image de : Fondateur de Discordance.

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