Fuck Buttons – Tarot Sport

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Contemplatifs de la scène électro actuelle, les Fuck Buttons ont remis le couvert avec Tarot Sport en 2009, après leur premier album Street Horsing sorti en 2008.

fuckbuttOn se rappelle les relations étroites qu’avait tissées le groupe avec Mogwai, fer de lance du mouvement post rock, en remixant un de leur morceau Mogwai Fear Satan . Les Anglais confirment leur prise de position éléctro-bruitiste grâce à l’apparition du mythique producteur Andre Weatherall sur Tarot Sport . Enfin sorti de l’ombre depuis son album A Pox on the Pioneers, le DJ natif de Windsor a produit des groupes tels que Primal Scream, New Order, Saint Etienne ou encore Björk et a été nommé pionnier de l’Acid-House par le forum DJHistory.com en 2009.

Les liens de parenté semblent clairs entre le producteur et Fuck Buttons, pourtant les postures adoptées par le duo ne sont jamais nettes et dépassent leurs propres frontières. Entre une présence pesante et un beat à faire danser les foules, leur musique repousse des limites conventionnelles. Les couches sédimentées se couvrent, et empiètent les unes sur les autres jusqu’à atteindre une cacophonie jouissive. C’est par des fouilles archéologiques que l’on trouvera l’unité d’une musique épileptique, insaisissable. Les démiurges Andrew Hung et Benjamin John Power font preuve d’un certain mystère. Il est le résultat d’une synergie entre les deux compères qui ont avoué avoir toujours besoin de l’autre dans le processus de composition. Cette dépendance date certainement des débuts de leur coopération, suite à leur rencontre à la fac.
Mais comment deux hommes seulement peuvent-ils créer un éléctro-hardcore aussi intense ?

fuckbuttonsLeur univers tribal, déjà exploré dans les précédents singles ( Sweet Love For Planet Earth, Ribs Out 1 ) suit une certaine continuité. On y retrouve des marionnettes grinçantes, giflées par les flammes d’un feu de camp lointain autour duquel elles défilent.
Ces figures totémiques se montrent dans Rough Steez en contrepoint de synthétiseurs qui ne se retiennent pas. Les Britanniques maitrisent les techniques de bouclage, dignes de Steve Reich ou plus récemment de Dan Deacon . Le paradigme de Fuck Buttons repose sur une atmosphère pesante, annonciatrice de la fin du monde. Décidément, il est d’actualité de présager que notre existence sera précocement achevée !

The Lisbon Maru illustre parfaitement cette idée : on plonge dans une extase noisy qui donne le tournis (10 minutes) jusqu’à ne plus en distinguer la fin.
Quant au titre Olympians, il nous permet d’apercevoir une rare clarté dans la mécanique de ce dernier album. Celui-ci peut se présenter comme une expérience originale au même titre que Lambs Anger de Mr. Oizo . Phantom Limb, dérangé et dérangeant, est une rupture radicale au psychédélisme planant. Ils parviennent même à transcender les rituels mystiques des Liars sur un Flight Of The Feathered Serpent céleste.

Ce groupe, fort en contradictions (des percussions marquées, mais en arrière-plan, une vélocité immobile) n’empêche finalement pas l’obsession addictive qu’il mérite. Le wagon conduit par Fuck Buttons déraille, et délaisse des chemins déjà empruntés, zigzaguant sur des sommets de démence.

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A propos de l'auteur

Image de : Militant acharné pour la reconnaissance d'une pop moderne et indépendante ! (Magic style) Pour une musique libre, différente, expérimentale. Et surtout actuelle : le rock ne s'est pas arrêté à la fin des années 60... Interpol, Mogwai, Sigur Ros, The Foals, Au Revoir Simone, Why?, Sonic Youth, Joy Division... La musique n'est pas non plus centré sur des artiste, mais aussi sur des albums : Memory Tapes - Seek Magic, The Notwist - The Devil, you + me, Slint - Spiderland..... Mais comme y'a pas que le rock et la pop indépendante : les sounds systems dubs qui perpétuent la tradition roots : Jah Shaka, Iration Steppas, King Shiloh, Improvisators Dub, Bush Chemists...

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