Fredo Viola + Patrick Watson

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Dix-huit heures sonnent dans la métropole lilloise et l'Aéronef ouvre ses portes. Dans la cour, quelques spectateurs sont déjà présents et attendent patiemment. On croise alors la famille d'un des musiciens, venue pour l'occasion, quelques curieux, et beaucoup de connaisseurs.

fredo-violaC’est concert au club de l’ Aéronef ce soir, et la billetterie affiche complet. La foule s’amasse petit à petit autour de la scène un peu exiguë et guette l’arrivée des artistes autour du bar, histoire de passer le temps . Dans la foule, des spectateurs. Mais pas seulement. En effet, Fredo Viola en personne, et ses musiciens se faufilent l’air de rien, presqu’anonymes. Certains l’ont bien reconnu, mais peu osent les aborder.

Puis quelques minutes plus tard, le groupe entre en scène en douce, le public l’accueil chaleureusement. Devant, une demoiselle lâche un bonsoir à Fredo, qui répond avec un grand sourire. Derniers petits réglages, des bienvenues de circonstances, et nous voilà parti dans le périple de Fredo Viola .

Fredo Viola, un soprano empreint d’émotions lorsqu’il chante. Sa voix est un instrument et il sait en jouer. Il mélange les genres, toujours rythmés par la grosse caisse et par l’appui du pied, ce qui fait son petit effet dans la salle. Pourtant, il ne manque pas de fantaisie et d’humour, proposant comme à son habitude à ses musiciens puis à ses fans, un spray pour la voix.

La salle est parsemée de personnes l’ayant déjà rencontré en septembre, au Grand Mix, et venues ce soir-là pour le retrouver. Il est vrai qu’il nous emmène avec lui dans son univers et qu’on a du mal à s’en détacher. Ses musiciens quant à eux multiplient les instruments, des classiques (guitare, batterie…) aux plus insolites, comme un violon du Moyen-âge. Un flirt avec la création et la curiosité musicale, un air de Peter von Poehl, qu’il a d’ailleurs ouvert plus tôt dans l’année en spectacle. De l’inspiration à l’état pur, un réel moment de plaisir. Le groupe s’envole par le fond de scène et nous laisse comme orphelins d’un que l’on a fait nôtre.

Le groupe revient débrancher ses instruments et Fredo est chaudement remercié et salué par son public. On espère le revoir très bientôt sur les scènes de la région. Les musiciens du groupe suivant s’affairent et installent à leur tour les instruments, en grand nombre, et malgré des difficultés lors des balances et des tests micro à la canadienne, le groupe fini par faire son entrée sur scène.

patrickwatson_patrickwatson Patrick Watson nous vient tout droit du grand nord canadien, de Montreal, et ça s’entend ! Il nous a déjà fait sourire lors des balances, et son accent dont il joue refait son effet entre deux morceaux, lorsqu’il parle chaleureusement avec son public. Un cortège de mélodies, un mélange savant de sonorités, une guitare omniprésente qui danse avec la batterie, des harmonies chantantes, quelques percussions retentissantes…

On est tout d’un coup plongé dans un monde d’enfants merveilleux. Inspiré. Il s’envole à son tour, et prenant place derrière son piano, nous enchante. Même si cela ne facilite pas la tâche aux photographes venus apprécier le spectacle, la scène est plongée dans l’obscurité, éclairée par intermittence de quelques ampoules qui s’illuminent puis s’éteignent, comme dans un rêve.

Un spectacle un brin électro et une expérimentation exotique soulignée de casseroles, de bouteilles, de bois… Le canadien a su conquérir son public à son tour et laisser un agréable goût de positif dans les oreilles… Une soirée enrichissante et toute en douceur.

Aéronef ( Lille ) – 15/11/09

Crédits photo : Marion Agé.

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En savoir +

Fredo Viola : http://www.fredoviola.com/fv
Patrick Watson : http://www.patrickwatson.net/

A lire sur Discordance : [Interview de Fredo Viola->1024] (Avril 2009) et [Fredo Viola au festival des Inrocks->1359].

A propos de l'auteur

Image de : Photographe lilloise de 25 ans tombée soudainement dans la fosse des photographes de concerts, passe dorénavant la majorité de ses soirées à allier la passion de la photographie à la (re)découverte des groupes en concert dans son grand nord. Des sonorités post-rock, post-métal ou plus rock dans les oreilles, elle s'adonne avec plaisir au roller et à la basse.

1 commentaire

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  1. 1
    le Mardi 24 novembre 2009
    Ouaicestpasfaux a écrit :

    Euh, je ne sais pas combien de temps ont joué les petits gars de Patrick Watson, mais si c’était 1h30 comme à la Cigale la semaine dernière et qu’ils ont fait la même chose, ça laisse plus qu’un « agréable goût de positif dans les oreilles ». Ce sont des musiciens exceptionnels avec un univers envoûtant bien à eux. Leur prestation m’a régalé : définitivement un groupe de live.

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