Foals – Total Life Forever

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Un « grower » qu’ils disent. Un album qui grandit et prend tout son sens d’écoute en écoute. Après un Antidotes aussi frais qu’inattendu, le quintet d’Oxford se devait de passer cette deuxième étape de la même manière que la première : avec classe, force et vigueur. Car le groupe était attendu au tournant, et possédait toutes les cartes en main pour se vautrer avec profondeur et conviction, sans aucune forme de procès.

Image de Foals - Total Life Forever Nom d’album couillon, pochette ambigüe, single par-delà les limites de l’abominable (Miami) : le Foals cuvée 2010 s’annonçait donc comme une prise de risque fatale, menant droit vers l’oubli et la disgrâce. Fait qui, après moult écoutes répétées, s’est révélé fort heureusement totalement caduc, car Total Life Forever est un album qui prend son temps pour se développer, grandir et réellement finir par occuper ta boîte crânienne. Beaucoup plus riche et subtil que son prédécesseur, l’ouverture traîtresse de Blue Blood est à l’image du tout dans lequel il s’inscrit : atmosphérique, lent à s’installer, mélancolique, mais n’oubliant pas les tendances remuantes qui faisaient leur réputation. Spanish Sahara, l’autre single, beaucoup plus respectable, en est également le parfait exemple : certes trois plombes pour se mettre en place, mais l’attente paye et le groupe est là pour te remettre dans le droit chemin au moment le plus opportun : montée extatique, intensité dramatique, tension biblique, mélodie à se tirer une balle, simplement et incroyablement prenant, le meilleur morceau du groupe jusque-là.

L’album titille d’ailleurs à plusieurs reprises ce niveau d’excellence, mais les deux maîtres mots pour en savourer la plus pure essence sont à respecter avec ferveur : patience et implication. Plus aérien, moins direct qu’Antidotes, le chant de cette tête à claques de Phillipakis se fait beaucoup plus présent, c’est lui qui mène les morceaux, ce qui faisait la force du quintet sur le premier n’a pas été foutu au frigidaire, mais le léger changement de cap est à appréhender comme il se doit. Le ton est vraiment plus éthéré, triste et vaporeux même si les occasions de secouer du bassin ne manquent pas, le Foals a réellement décidé de passer au niveau supérieur en terme d’écriture, mettant la mélodie au-dessus du rythme (le batteur n’est pas devenu manchot, on sent simplement un léger revirement par rapport à l’équilibre mélodie/rythme). Le spleen se fait donc véritablement collant, jusqu’à atteindre des sommets, particulièrement sur les quatre derniers morceaux, arrivant sans soucis à te faire proprement tirer la larme à l’œil. Seule ombre au tableau, Miami, totalement incompréhensible, sorte de tentative désespérée de funk moisi jusqu’à la moelle, à supprimer définitivement de ton cerveau à la seconde même où cet étron indigne aura traversé ton système auditif.

Tu l’auras compris, les petits d’Oxford auront retenu la leçon et fournir un Antidotes de plus leur aurait été plus que funeste. Mission accomplie, les gaziers ont légèrement épicé leur tambouille, et le tout, s’il se révèle au début assez déroutant, prend toute sa saveur quelques écoutes attentives passées. Tu seras prévenu.

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