Flyingdeadman – W.e.n

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Atterrissage: on s'enfonce en douceur dans la terre quelques secondes après avoir tutoyé le bruissement des astres. Séquences d'électronica litanique dépassée par des saturations de guitares lancinantes. D'où vient ce courant atmosphérique ? De flyingdeadman, qui nous livre un album faisant la part belle à l'introspection et à l'alchimie de genres musicaux convergeant vers un psychédélisme noir.

Image de À l’ambiance tout à la fois lourde et aérienne, le nouvel album de flyingdeadman use de de son don pour aménager de belles plages de musique planante, avant ou après un chaos sonore. Basés sur des mélodies dépouillées et florissantes aux accents métalliques, ça et là appuyées par des rythmes et des basses puissants, les morceaux de W.e.n sont balayés par des envolées de guitares tour à tour nerveuses et plaintives. Pour cette particularité, le nom de Sigur Ros est quelquefois évoqué, et nous pouvons rattacher l’album de flyingdeadman à l’opus ( ) du groupe islandais (et pas seulement à cause du chant sans paroles).

C’est effectivement dans la deuxième partie de cet album que Sigur Ros va explorer les passages entre instants purement atmosphériques et montées subites de la tension musicale. Profondément homogène, conceptuel, l’album du groupe islandais partage avec W.e.n cette faculté de poser la musique en art abstrait : la voix, rangée parmi les instruments, libre de toute parole intelligible, nous encourage comme les autres éléments de l’album à les explorer d’un côté plus émotionnel que cérébral. La voix, bien qu’assez éloignée de la qualité vocale de Jonsi, a le mérite d’être particulièrement expressive, et de se laisser deviner derrière l’ensemble sombre de la musique comme un cri sous la glace.

Les remixes troubleront à peine l’homogenéité de l’album: chose relativement rare, ils sont ici particulièrement réussis et offrent des variations dignes d’intérêt. Loin d’être de simples bonus-tracks, ils prennent place dans la structure de W.e.n. Sunday 12 en est assurément le plus sublime, offrant une mélodie introductive au piano, profonde et mélancolique. Drifting alone se zappe en revanche assez vite, tant sa succession de plages rythmiques monocordes est l’essence même de trop de remixes et finit par lasser. Qu’importe, flyingdeadman parachève son œuvre sur Its en forme d’autodestruction : un nuage sonore couve une tension électrique, la voix livre son testament et voilà que déferle le cri blackmetal de Saw, dernière surprise de l’album et dernière alchimie musicale.

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En savoir +

flyingdeadman, W.e.n (Flying Prod)

Site web : http://flyingdeadman.bigcartel.com/

Myspace : http://www.myspace.com/flyingdeadman

A propos de l'auteur

Image de : Originaire de Franche-Comté, Eymeric est étudiant dans les métiers du livre à Aix en Provence et prépare les concours des bibliothèques. Il aime le cinéma, pour lequel il préférera toujours l'esthétique au scénario et la littérature quand elle touche à l'intime et au quotidien. Côté musique ses goûts se portent vers la psyché-folk mais aussi vers le trip-hop, version des origines et vers le rock des vingt dernières années, du moment que les guitares sont saturées et qu'elles multiplient les effets. Il s'intéresse également aux médias, à la culture populaire et, avec du recul, à la politique. Blog: http://legendes-urbaines.over-blog.fr/

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