Festival This Is Not A Love Song – Jour 4 | Paloma | Nîmes (25.05.2013)

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Dernier jour de ce petit cousin de Primavera Sound à Barcelone que l’on espérait depuis tant d’années dans le sud. Pour cette dernière soirée, l’accent est mis sur des vieux de la vieille (Daniel Johnston et The Breeders) et les groupes francophones (Fauve, La Femme, Griefjoy, HifiKlub, Grindi Manberg) sans oublier Hanni El Khatib et Busy P. Sans surprise, la fréquentation est nettement plus importante dès le début de soirée.

Arrivés bien trop tard, nous ratons les habitués du MIDI festival, les toulonnais de HifiKlub pour débarquer au milieu du passage de Griefjoy qui fut une agréable surprise pour ce début de soirée. Ces niçois charismatiques nous ont présenté une musique dynamique, riche et maîtrisée à la Phoenix, où se rencontrent pop, power rock et d’envolées club bien dansantes. On vous invite par ailleurs à écouter leur bon petit EP sorti le 25 février dernier « Touch Ground ».

Griefjoy

Ensuite vient le tour de Grindi Manberg, des rémois qui ont tirent plus vers Radiohead avec une pop très électronique comportant de nombreux passages avec des longues nappes synthétiques du plus bel effet.

Puis vient le tour de la surprise personnelle ! On ne le connaissait pas il y a encore 4 jours avant que notre collègue de Concert&co nous en parle dans sa liste des artistes à voir de toute urgence pendant TINALS… On se présente donc en avance et c’est là qu’un personnage qui ne paie pas de mine arrive sur scène. Daniel Johnston entre timidement sur scène, comme un peu perdu. Quand il demande au public « Dans quel pays sommes nous ? Vous non plus vous ne savez pas ? » avec une voix bizarre, on se questionne s’il est sérieux ou pas. Quand il commence à chanter en lisant les paroles posées devant lui… on se questionne encore plus.

Daniel Johnston

Sauf que non, même en voyant ce personnage plutôt malade, bidonnant, tremblant qui se donne tant bien que mal, on occulte ce que l’on voit pour se focaliser sur ce que l’on entend. Et cet homme a quelque chose, quelque chose auquel il s’accroche et on admire. Tout est sur le fil, touchant, bouleversant même. La mélancolie touche là où ça fait mal pendant qu’il nous partage sa vie, ses questionnements et ses angoisses mais pourtant on garde le sourire, on encaisse. Et pour couronner le tout, ses musiciens assurent!
Et d’ailleurs, nous avons aussi été étonnés de l’excellent accueil donné par le public au rendez-vous, généreux en applaudissements.

Petit aparté : on ne l’a pas assez répété, mais s’il y a bien une chose sur laquelle nous n’avons pas assez insisté, c’est l’excellente qualité sonore des ces quatre soirs, ainsi que de la bonne ambiance qui a régné tout au long du festival. Pourtant, impossible de ne pas mentionner l’attitude de certains festivaliers pour assister au concert de Fauve.

Alors que l’on avait le sourire devant Daniel Johnston, on déchante rapidement en essayant d’aller voir les, visiblement très hype, Fauve dans la plus petite salle, le club. Les gens font la queue devant pour rentrer, la première fois dans le festival. En soit, ça aurait pu ne pas être grave si ce n’était pas des centaines de personnes qui attendaient… La plupart n’ayant pu rentrer dans la salle qu’à la fin. L’ambiance devient tendue.
Nous même n’avons pas pu y assister. Ce sera donc partie remise pour Fauve qui sera à l’affiche de nombreux festivals cet été.

The Breeders

On se détend donc en attendant l’arrivée des Breeders, groupe américain fondé par la bassiste des Pixies, Kim Deal, qui a connu un succès phénoménal avec l’album « Last Splash » sorti en 1993 et surtout le tube culte dont tout le monde reconnaîtra la petite ligne de basse au début :Cannonball. D’ailleurs ce soir, c’est cet album qui est à l’honneur, pour fêter ses 20ans et il sera jouer du début à la fin, dans l’ordre. Un grand moment, un peu bref (surtout pour nous), selon les retours de nombreux spectateurs et de mes collègues.

Parce que nous, pour ne pas reproduire le problème de Fauve, nous nous pointons dans le club 15 minutes avant le début de nos petits favoris de La Femme. Et nous n’avons pas eu tort, la salle finit très rapidement pleine à craquer.

La Femme

Et encore une fois, ce concert de La Femme, qui a sorti un premier album depuis nos précédentes fois, fut un véritable plaisir. On a eu un petit peur au début, un peu calme, sans folie avec L’amour dans le MotuPackshotLa Femme. Sauf que tout cela a changé du tout au tout avec le final du Blues de Francoise qui fusionnera avec l’apocalyptique Paris 2012. C’est parti, le public se soulève et la rebelle Si un Jour suivi du tube de leur début Sur la Planche ne feront que renforcer la chose! Tout le monde danse, Sacha Got vient foutre le bordel au bord de la scène, un poil défoncé visiblement en plus d’être torse nu depuis le début.
Et pis vient Antitaxi, la bombe est lâchée, c’est le bordel total! Ya pas à dire « La Femme nous donne [toujours] du plaisir ».

On sort de la salle … déjà des centaines de personnes (Crédit photo : Prescilia Vieira-coëlha) en train d’attendre Hanni El Khatib, 50 minutes avant le début … affolant . L’organisation a clairement sous-estimé la hype autour des artistes programmés ce soir dans le club. Et c’est dommage, les gens sont à cran, certaines personnes nous arrachent nos badges presse dans le faux espoir de pouvoir rentrer plus vite, les gens nous lancent des regards méchants quand on essaye de rejoindre la salle presse qui demande de traverser la foule. Certains en ont même profité pour arracher des cadres de l’exposition Beastie Boys … Bref l’ambiance si bonne jusque là a un peu disparue autour du club et c’est vraiment dommage.

Jackson & His Computer Band

En contrepartie, Jackson & his Computer Band …  a pour lui une grande salle bien vide. Ce qui est fort dommage aussi tellement c’était intense entre Electronica et Techno IDM bourrine à la LFO aussi chez Warp Records. On notera aussi sa superbe installation à base de miroirs.

Après cela,  nous passons forcément notre tour sur Hanni El Khatib pour attendre impatiemment le final en apothéose que va nous présenter le fort sympathique Pedro Winter a.k.a. Busy P, le big boss d’Ed Banger. Et pour l’occasion il va nous jouer un formidable mix pour fêter les 10 ans de son label avec bien entendu les stars JusticeSebastiAn,Breakbot, le vétéran Mr. Oizo, mais aussi les moins connus comme UffieKrazy Baldhead avant de finir sur feu DJ Medhi et son tube Signatune remixé parThomas Bangalter, un des Daft Punk, bien entendu.
Que dire de plus en dehors du fait que l’on a passé un superbe moment de nostalgie et de pur plaisir avec ce Megamix. Busy P en clôture, c’était parfait, merci à lui!

Merci aussi à la Paloma et Come on people pour avoir réussi à organiser ce genre de festival qui manquait tant au Sud. En plus, c’est la bonne période pour rameuter les artistes internationaux qui vont au Primevera et ne plus se contenter des miettes que l’on avait auparavant. On espère vraiment qu’il y aura une seconde édition d’aussi bon goût, les quelques défauts apparus ce dernier jour en moins.

IBusy PBusy PBusy PExpo Beastie BoysExpo Beastie BoysJackson & His Computer BandJackson & His Computer BandJackson & His Computer BandJackson & His Computer BandJackson & His Computer BandJackson & His Computer BandLa FemmeLa FemmeLa FemmeLa FemmeLa FemmeLa FemmeLa FemmeLa FemmeThe BreedersThe BreedersThe BreedersThe BreedersThe BreedersDaniel JohnstonDaniel JohnstonDaniel JohnstonDaniel JohnstonDaniel JohnstonGrindi ManbergGrindi ManbergGrindi ManbergGriefjoyGriefjoyGriefjoyGriefjoyGriefjoyGriefjoy

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: Passionné de musiques électroniques et synthétiques, il est toujours en quête perpétuelle de sons et de vagues de boucles synthétiques qui l'accompagnera de longues heures. Grand rêveur originaire des Bouches du Rhône (13) voguant à présent dans les îles de France, il cherche à partager ses coups de coeur par tous les moyens possibles.

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