Festival Pantiero – Jour 3 : Crystal Fighters vole la vedette… | Cannes | 13.07.2013

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La triptyque de ce week-end du 14 juillet est enfin bouclée : après les deux soirées passées au festival Lives au Pont, nous voilà à présent à Cannes, sur la Croisette, pour assister à ce troisième et dernier jour de concerts aux côtés du festival Pantiero. Au programme de ce 13 juillet, le groupe local Griefjoy, les déjantés Crystal Fighters, un DJ que l'on présente plus (Kavinsky) puis un ultime tour de chauffe en compagnie de Lescop.

Conservant cette traditionnelle faculté à se dédoubler, Discordance auront donc réussi à vous faire vivre, au même moment, deux des trois soirées de Pantiero et l’intégralité de Lives au Pont. Un travail d’équipe sans faille où, Cédric était d’ailleurs seul pour vous faire vivre le premier soir de Pantiero. La seconde chose que nous pouvons souligner, c’est également notre étonnement lorsque nous avons monté les marches du Palais des Festivals : pas de doute, nous sommes bel et bien sur la Côte d’Azur ! La terrasse surplombe la Croisette tandis que le fond de scène donne en plein sur le vieux Cannes. De la pelouse synthétique pare le sol, de petits cendriers et des pots de végétaux font offices de décoration d’appoint. A la fois très coquet et même plutôt hype à notre goût, nous voilà plongés dans un univers assez déconcertant, finalement peu commun à ce que nous avons l’habitude de couvrir. Mais concentrons-nous davantage sur la musique…

Griefjoy toujours sur la rampe de lancement

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Pour ce premier concert de la soirée, ce sont les niçois de Griefjoy qui lancent les hostilités. Quasi à domicile, le quatuor, qui doit sortir son premier opus en septembre prochain, n’a pas laissé en reste un public qui s’est au fur et à mesure laissé emporter par le son electro/pop des ex-Quadricolor. Il a fallu d’abord s’armer de patience devant le début assez poussif des quatre garçons. Avec un seul EP à leur actif (« Touch Ground ») sorti cette année et un premier album attendu pour la rentrée, on sent bien que Griefjoy est encore en rodage : il n’y a rien de véritablement nouveau dans ce son electro/pop, où le synthé est clairement mis en avant.Griefjoy veut faire danser, apprivoise les claviers, et envahit la terrasse de nappes synthétiques. Presque noyé sous les sons, on frôlerait presque la techno sur l’intro de Taste Meavant qu’une vague electro viennent soupoudrer la compo. Sur Kids Turn Around, les guitares ressortent davantage mais basse et machines sont toujours en première ligne.

Finalement, c’est dans la seconde partie du set que Griefjoy a mis tout le monde d’accord : en balançant son « hit », Touch Ground, que l’on peut entendre sur les radios rock prisées de la bande FM, la mayonnaise n’a pas tourné. Un son bien plus rock, un refrain entêtant, une ligne de basse bien incisive, Griefjoy se réveille enfin. Faisant monter crescendo l’ambiance sur la grande terrasse de Pantiero, Griefjoy a achevé son concert comme il l’avait souhaité : en faisant danser son public, même si on s’attendait à un show un peu plus personnel et moins trituré par les machines. Patience, Griefjoy a encore le temps d’arriver à maturité…

Crystal Fighters décroche le prix du public

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La nuit est enfin tombée sur le Pantiero et le groupe le plus dérangé de l’édition finit par débarquer. Les anglo-espagnols se font attendre, lorsque les lumières s’éteignent, c’est une étonnante intro sur Jay Z qui retentit. Après quelques coups d’oeil qui paraissaient un peu perdus, Crystal Fighters peut lancer, d’entrée, son premier brûlot, Solar System, titre d’ouverture de son premier album (« Star of Love », 2011). Si beaucoup n’ont pas su à quelle sauce ils allaient être mangés, ils ne peuvent que se laisser embrumer. Des riffs bien rock pour des machines en ébullition, la batterie s’en donne déjà à coeur joie pour donner le tempo. Le chanteur, complètement déjanté (et un peu entamé) pouvait reprendre avec son choeur féminin ses « solaaaaar system ».

Fort d’un lancement de concert qui a eu le don d’attirer tous les festivaliers devant la scène, Crystal Fighters a pu faire avancer les pièces de son puzzle. Dotée de samples survitaminés et d’influences de tout horizon (folk, electro, pop, rock, musiques trad’), la machine des Crystal Fighters est un cocktail démoniaque pour faire la fête. L’énergie, telle qu’on l’a perçoit, n’est jamais sur le déclin : même sur Follow, un des nombreux hits de ce même premier album, Crystal Fighters vous amène vers des contrées basques sur fond folk avant de brutalement s’emballer et permettre aux samples de faire cavaliers seuls…

Et avec le soleil dans sa poche et un happy smile comme fil directeur, Crystal Fighters n’hésite pas à s’envoler sur l’autre continent en lançant un battle de percus, pendant que guitare sèche et tropical music se mettent à entraîner cette joyeuse bande à chanter LA Calling. Entre légèreté et énergie, le groupe a démontré qu’il savait calmer le jeu et faire une pop raffinée : sur Champion Sound, tout est contenu et susurré… avant que le track s’emballe copieusement en enchaînant sur le fracassant I Love London. Sur les tams tams de l’Afrique, la compo se sature brutalement, les machines reprennent le contrôle et le public en redemande. S’il était bien peu connu par les festivaliers, Crystal Fighters s’est payé le luxe de jouer son morceau inédit enregistré avec FeedMeLove Is All I Got, plus électronique que jamais, aux frontières du métissage des cultures.

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Jamais à court d’énergie, Crystal Fighters n’a jamais renié sur ses nouveaux morceaux particulièrement prisés : You & I, amené par le rythme du ukulélé, percus et autres instruments qui rappellent la plage sous les cocotiers… Le Pantiero, qui s’imagine déjà les pieds dans l’eau, se verrait bien se déplacer quelques centaines de mètres plus bas : Plage« do you want to go at the plage with me ? » est inévitable, et, presque de manière complètement mécanique, une vague d’ondes positives se répand dans Pantiero. L’arrivée de Love Natural, cruellement groovy, provoquera une irrésistible envie de passer par dessus la barrière, mais Wave nous rappellera que Crystal Fighters a besoin de l’électrique pour pouvoir continuer…

Un dernier appel à la transe est clairement envoyé : de la ballade d’At Home, deux derniers assauts sont déclenchés. In The Summer, presque drum’n'bass, est allé réveiller ceux qui auraient raté le show de Crystal Fighters. Nul doute qu’ils se seront remis d’aplomb pour une ultime claque, Xtatic Truth, trompeuse. Après une intro qui sonnerait presque asiat’, les machines n’en font qu’à leur tête, à coups de gros beats dévastateurs, limite dubstep, avant le guitariste s’en aille déverser ses riffs posté sur son caisson…

Un finish de feu pour un cocktail maîtrisé de rat à zèbre, Crystal Fighters est le symbole d’une alchimie parfaite entre les genres et les influences. Taillé pour la scène et bourré d’énergie, il est carrément dommage de ne pas avoir fait ce concert sur la plage ! Pour un public qui n’était forcément un connaisseur, les voilà conquis ! Avec une facilité déconcertante…

Kavinsky, le gros flop

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On ne saurait dire si la prestation de Kavinsky a été éclipsée par celle de Crystal Fighters, mais il semblerait que le DJ ne puisse même pas se cacher derrière celle-ci tant son show est paru insipide. Car il faut être honnête, le public était en masse venu pour lui. Et pourtant, ô diable que Kavinsky a progressivement sombré au fur et à mesure de son set… Lui qui a déjà écumé la Côte d’Azur depuis un bon nombre d’années n’avait rien de bien neuf dans sa platine, allant piocher des tracks entendus et ré-étendus. Son mix, sans aucune touche novatrice, n’a pas créé l’hystérie espérée. Même Get Lucky, de nos chers amis Daft Punk, n’a pas eu d’écho favorable. Il faudrait peut-être souffler à Kavinsky qu’il y a une vie après la BO de DriveDrive ? Parlons-en. Nightcall, balancée en clôture du set, s’est transformée en véritable friture sonore, indigeste, triturée, coupée et recoupée qu’elle est parue complètement dénaturée. Quelle bien triste fin, Mr Kavinsky !

Lessivé par les deux jours de Lives au Pont et ce troisième jour à Pantiero, la soirée s’arrête ici. Lescop, à la Rotonde, a repris le flambeau de l’intensité en proposant un set clairement rock, tandis que Trust, cinquième et dernier groupe de ce dernier soir de Pantiero, a annulé et n’a pas été remplacé. Pantiero s’achève donc dans la chaleur… et le bruit !

Crédits photos : Cédric Oberlin

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A propos de l'auteur

Image de : Etre thésard et mélomane, c'est possible. Enfin du moins pour l'instant ! Véritable électron libre dans le Sud de la France navigant entre Montpellier, Nîmes, Avignon et Marseille, je conserve cette passion à partager mes coups de cœur, mes trouvailles... et aussi mes coups de gueule. Pour ceux qui auraient envie d'en savoir un peu plus, vous pouvez toujours jeter un œil à mon site perso, Le Musicodrome (www.lemusicodrome.com).

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