Festival Pantiero – Jour 1 : Le rock et le punk se donnent rendez-vous sur la croisette | Cannes | 11.07.2013

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Cette année, Discordance se redéplace sur la côte d’Azur pour assister au festival Pantiero à Cannes pour la 12ème édition qui se passe cette fois-ci en juillet au lieu du mois d’août comme auparavant. Les festivités prennent toujours place sur la terrasse du Palais des Festivals habillée de gazon synthétique, mais aussi, c’est la première fois, dans la salle annexe à celle-ci nommée la Rotonde pour que la fête continue jusqu’à 3h du matin !

Au programme, The Hives, Kavinsky, Amon Tobin pour ce qui est des têtes d’affiches mais aussi des groupes qui méritent les honneurs comme Crystal Fighters, Frustration, Ghospoet, Lescop, Duchess Says, Griefjoy et nous en passons. Bref, ne perdons pas de temps, il y a beaucoup à dire rien que pour ce premier soir !

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Dirty Beaches, « Il n’y a pas que les plages qui sont sales »

La soirée commencera avec les canadiens de Dirty Beaches que nous avions personnellement découvert en 2011 grâce à leur EP split avec l’excellente Ela Orleans.

La jauge ne doit guère dépasser la centaine de personne mais c’est parti, une longue introduction synthétique lente et très noire se fait entendre. L’ambiance s’installe. Puis arrive d’un pas nonchalant, ou plutôt distrait, le chanteur en train de regarder le vieux port de Cannes visible derrière la scène. De toute façon, il chantera quasiment tout le temps de profil par rapport au public, ce qui est toujours mieux qu’un Jim Morrison qui leur tournait le dos …
Musicalement, on tombe dans le Blues lo-fi, très lo-fi et noisy. Le tout est planant –surtout sur Lord Knows Best-, brut et parfois rockabilly et centré sur des thèmes autour de l’angoisse, le voyage et le temps qui passe.

On y retrouve du Suicide (ou même plus globalement Alan Vega), du The Cramps, mais aussi, tiens donc, du The Doors, et même du Lynch pour le côté cinématique de l’ensemble. Bref, c’est crade, saturé, distordu, sauvage. La découverte en live nous a laissé une bonne impression, mais pas sûr qu’une seconde fois passera aussi bien. Un peu comme les albums en fait.

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Frustration, punk-rock exigeant

Changement de scène et voilà les Frustration, formation punk rock de la région parisienne qui porte plutôt bien son nom. On commence direct avec Worries, l’ouverture de leur dernier excellent album « Uncivilized », bien placé pour prétendre au meilleur album punk de l’année en ce qui nous concerne. Le son est net et précis, la voix claire et puissante au service d’un bon punk rock qui a su ingérer ce qu’il faut de post punk et de cold wave pour s’enrichir.

Le concert tournera en grande partie autour des chansons du dernier album. De It’s gonna be the same, magnifié en live, à la presque electro-clash Premeditation, la très Joy Division-nesque We Miss You et surtout la bien-nommée Assassination à la basse entêtante. Avant de finir avec brio sur le bon vieux « tube » Blind et l’étrange Dying City. Les bombes sont lâchées progressivement, mais peut être trop lentement pour toucher l’ensemble du public.
Bon concert dans l’ensemble mais il en ressort une impression de longueur avec pas moins de 17 chansons jouées qui contrairement aux habitudes dans le punk rock ne sont pas si courtes que ça et l’intensité s’en ressent.

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The Hives, Ninjas et Toréadors suédois

On attend maintenant le passage de la tête d’affiche de ce soir, The Hives, alors que des ninjas préparent la scène (oui oui).Le public, finalement pas très nombreux -à vue d’œil, un tiers de la jauge maximale de la terrasse- se masse devant la scène tout en prenant des photos du fond de scène fort sympathique avec une sorte de marionnettiste fou en noir et blanc.

Le groupe se fait attendre mais quand ils arrivent, c’est directement avec Come On! que l’on commence. Ça ne traine pas, le public est servi, le guitariste fonce déjà dans la foule, le chanteur y fait des allers retours, sollicite le public et il répond. Leur son garage est un peu brouillon et pas très précis, mais on s’en fout, c’est la fête ! Incisif à souhait, le public se soulève, danse, crie sur l’ensemble de leurs tubes qui y passeront tous : la géniale Main Offender, Walk Idiot Walk, Go Right Ahead, Hate to Say I Told You So sans oublier l’inévitable Tick Tick Boom… Une débauche d’énergie, une bonne prestance et le public qui a répondu à l’appel. Bref, un concert comme on les aime.

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Duchess Says, « Chansons dansantes pour public fou »

Là où dans les éditions précédentes, la fête était quasiment finie à cette heure, cette année, on est donc invité à rentrer à l’intérieur d’une grande salle ronde où est posée une scène au centre. c’est là que les canadiens de Duchess Says vont remuer les plus vaillants. Et il faut dire que des vaillants, il n’en restait plus beaucoup, guère plus d’une centaine, mais ce n’est pas grave, grand bien leur fera à eux, le meilleur les attend ! Et tant pis pour les autres!

Parce que si The Hives ne nous avait pas subtilisé nos dernières forces, Duchess Says et surtout la chanteuse Annie-Claude va nous les arracher, que nous ne le voulions ou non.
Le concert commence, seuls les musiciens sont sur scène … pourtant on entend quelqu’un chanter, enfin … faire du bruit pour être plus précis. Et c’est là que nous voyons le fil du micro par terre … on le suit et … oh mais en fait la chanteuse se balade dans la salle en dansant bizarrement !

La performance est dure à décrire, mais commençons par situer le groupe. Musicalement, c’est de l’énergie punk, des pulsions electro, des rythmiques groovy et du chant vindicatif, épris de folie, qui se télescopent pour un cocktail electro-punk qui fera pensé à du B52′s survolté mais aussi à The Fall dans son penchant le plus primal.

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Mais ce qui les distinguent réellement, c’est clairement Annie-Claude, la duchesse, qui a insufflée un peu –beaucoup- de folie dans la soirée (les photos en témoignent). Dans ce concert chaotique, on danse comme un demeuré, on pogote, on saute, on s’amuse avec la chanteuse qui s’allonge par terre, on fait de même, on pédale dans le vide, on se roule par terre, on gueule dans le micro avec elle, on partage des fruits et du champagne offert (oui oui …), on tape par terre avec les mains, on monte sur scène pour faire nawak et on observe cette furie qui hurle des onomatopées, chante parfois, ne tient jamais en place et passe plus de temps dans la foule et sur les barrières que sur scène, une vraie tornade qui emporte tout sur son passage. De Narcisse à Antepoc, Gainsbourg, Tenen Non Neu et leur tube discoïde Black Flag, on ne s’arrête jamais de bouger. Autant vous dire que l’on a vite shooté pour vite rejoindre la fête, on ne pouvait pas rester passif devant cela.

Épuisant, jouissif et cathartique, c’est la seconde fois que nous les voyons, la surprise est peut être passée mais … PUTAIN on prend son pied avec Duchess Says !!!

I.R.O.K., « la république intergalactique du Kongo »

Par contre après Duchess Says, forcément, les survivants ne se font vraiment plus très nombreux pour assister au dernier concert de la soirée, probablement lessivé, et/ou juste à cause de l’heure. Moins d’une trentaine à vue de nez.

Mêlant son afro et punk sous acide, on se retrouve une fois de plus face à un groupe indescriptible, la fatigue n’aidant pas. Le chanteur avait l’air de se présenter comme un prophète anarchiste et hédoniste, un poil moralisateur contre les différentes formes d’autorité, -et Kap Bambino mais ça, nous n’avons pas compris pourquoi-. Les ultimes survivants se sont laissés aller, tout était là pour encore danser jusqu’à la fin. Malheureusement, nous ne pourrons pas détailler plus pour vous, nos souvenirs étant flous (hé oui).

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Lessivé, 3h du matin passé, il était temps pour nous de reprendre la route avant de revenir le Samedi pour Crystal fighters, Kavinsky, Griefjoy et Lescop. Restez branché!

Crédits photos : Cédric Oberlin

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A propos de l'auteur

Image de : Passionné de musiques électroniques et synthétiques, il est toujours en quête perpétuelle de sons et de vagues de boucles synthétiques qui l'accompagnera de longues heures. Grand rêveur originaire des Bouches du Rhône (13) voguant à présent dans les îles de France, il cherche à partager ses coups de coeur par tous les moyens possibles.

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