Festival Ososphère

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On arrive (un peu juste) en retard, mais peu importe. Une place de parking VIP, contre la promesse de partir avant 6h…

Strasbourg – Automne 2008

ezekiel4Salle déjà comble à l’ Ososphère, qui se donne les moyens de bien faire jouer Ez3kiel avec ce grand écran qui permet à Yann Nguema de laisser exploser tout son talent dans ses créations virtuelles, comme cette époustouflante horloge endiablée sur Break and Die, totalement synchronisée avec les instruments. Le public est transporté, la machine Ez3kiel s’affole. Beauté des anciens morceaux, comme Le lac des signes, reprise du célèbre ballet, sur un son de boîte à musiques pour enfants estoniens. Et pourquoi pas !

Un son parfois délicat et féerique, parfois vraiment puissant et rock ! Sur Firedamp la machine crie, hurle, pousse la note jusqu’à son paroxysme. Et puis des fois ça commence par des petites ritournelles gentillettes, cocasses, mais tout ça n’est que jeu pour vite laisser place à l’Art. C’est tordu, saturé, torturé, mais ça rentre partout en nous, « c’est meilleur que tout, meilleur que la vie », pour reprendre Guillaume Canet .

Ils reviennent pépères avec une bière pour un long rappel de qualité, reprennent de la puissance et offrent les dernières notes d’un concert irréel. Dans le public, ça plane, végète pour certains, sévère. A la sortie, l’impression d’être encore dans une espèce de transe ne nous quitte que très doucement. On savoure.

En très bref, après avoir gentiment repris pied dans l’ambiance reposante du bar à champagne, un petit tour chez Roni Size & Mc Dynamite, de Reprazent, collectif de drum’n bass où règne un p… de gros bordel. Des remix en guise d’intro servent à accrocher le public et à le faire vibrer. Un joyeux mélange de jazz, soul, funk, house, ragga (dû aux origines jamaïcaines de Roni, DJ et producteur). Avec la présence du bassiste renommé S i John pour cette tournée.

Hip hop et dérision chez Puppetmastaz, dont les 20 membres sont représentés par des marionnettes : « Le premier et le plus trash Gangstoy band de la scène hip-hop européenne », c’est pas le rap des Schtroumpfs, mais des histoires de Yoda, du lapin à la carotte, et de magiciens. Who is the puppet and who is the master ?! Il fait 70°C, « On va tous crever » comme dirait ce bon vieux Didier, mais on se marre bien.

ezekiel2-2Allons nous « culturer » à l’étage art contemporain, (à apprécier sous ecstasy). Selon R. « C’est pour les schyzos ici ». Le seul « truc » dont on a à peu près compris l’intérêt : bruiter (très fort) des cris d’animaux dans une boîte à écho. Ça c’est hyper-cool.
Bon les sons de Détroit dans des tubes à essais ou le capteur de pas répercuté sur l’écran, ou encore filmer les gens se prenant des tubes dans la tête, il fallait certes avoir l’idée.

Après ça repos-dodo sur les chaises longues devant la Laiterie ; il fait nuit, froid, le décor est plus qu’urbain mais l’essentiel de la beach attitude est là : farniente, musique, potes, et bien sûr les stands de frites-knacks.

Et puis moment altruiste de la soirée, l’écriture de cartes postales aux habitants du quartier c’est géant ! Après avoir passé une demi-heure à trouver quelle adresse pourrait bien correspondre à quelle personne sur la carte postale, – « Mais toi t’es con t’a déjà entendu un mec s’appeler Martine ! » – on s’est mêlées au public de Naïve New Beaters, kitsch à mort, un mélange de disco-hippie, mais une musique efficace et des refrains entêtants. En plus le chanteur nous appelle Baby et il a sorti le futal en cuir de requin, « pour préserver l’environnement ». (Pas compris, vous pouvez répéter la blague ?.).
Super cons mais assez cocasses, ces obsédés de la dreamed California. Discoclub !

Et puis et puis, Elisa Do Brazil, une valeur sûre de la drum & bass version jungle tribal. Super long (2h30.elle n’a pas peur des performances) mais super bon, surtout pour une fin de soirée. D’autant plus que le monde était encore là pour clore la 9e édition des Nuits Électroniques de l’ Ososphère .

Entre des « Hands up everybody » ou  » Fuck Bush  » et  » Peace « , quoique l’on pense de sa musique, la DJ brésilienne a réussi à garder une super ambiance pendant tout son concert. Elle est actuellement en préparation d’un nouvel album dont la sortie est prévue au printemps 2009.

Le mot de la fin sera de Joan d’ Ez3kiel : « N’oubliez pas, y a la paix, y a le métal, et y a la paix dans le métal ! ». Electro, métal, variété française, où est la différence à 7h du mat’ ?

Une ambiance étrange, un autre univers.

7h30 : Merde la voiture avant 6h.Le sourire désarmant de N . au vigile fera passer tout ça.

Le jour – humide, blanc et dégueulasse – est là. La loose.

Kill everything that you love and be free.

Crédits Photo: [Natacha W.-> http://www.myspace.com/tamarispicturesprivate]

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A propos de l'auteur

Image de : Journaliste free-lance presse écrite / web - Sur Discordance dans les rubriques Musique/Médias/Société - Tente de s'intégrer mais c'est pas évident. @LaureSiegel

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