Festival Marsatac – Jour 6 : Caféine, robots et sons synthétiques | Dock des Suds | Marseille | 29.09.2012

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Exit le hip-hop pour ce dernier jour de Marsatac. Place à présent aux musiques électroniques, mais le rock et la pop s'invitent aussi à la fête, pour faire de cette soirée de clôture de la 14ème édition quelque chose de différent... mais de tout aussi bon !

Mais voilà, les troisièmes jours de festivals, c’est toujours très dur. Le dernier jour de Nimatac la semaine dernière l’a encore prouvé. Quand on en est au sixième jour, même réparti sur deux weekends qui se suivent et que la semaine entre temps n’a pas permis de recharger les batteries … et bien c’est encore plus dur ! Malgré tout, on puise dans nos réserves (et celles de Redbulls, dans toutes ses déclinaisons) pour ne rien manquer des curiosités de cette ultime soirée et  les partager avec vous.

Ayant déjà vu Mina May au festival Pantiero à Cannes il y a presque 2 mois et Stuck in the Sound (jeter un œil au papier de Laura sur Rock en Seine 2012) à deux reprises cette année, nous optons directement pour Kas Product, vieux groupe de cold wave français qui s’était formé en 1980 pour stopper leur activité 10 ans après. Depuis, rien de bien concret en dehors de quelques concerts par-ci par-là en 2005 et 2011 mais les revoilà, avec une vraie tournée de 9 dates dont celle de Marsatac ! Kas Product mérite donc amplement notre attention.

Et malgré les trente années passées, force est de reconnaître que Kas Product n’a pas trop vieilli. Leur musique entremêlant rythmes technoîdes et mélodies synthétiques eighties produite par le très placide Spatsz… Ça sonne toujours très bien, sûrement grâce à tous les groupes actuels qu’ils ont du inspirer, notamment dans l’electroclash/pop/punk et tous ces dérivés. Mais ce qui fait aussi la différence c’est la voix si particulière de la bien conservée Mona Soyok, chaude, féline et sans aucun doute parce que les morceaux tiennent toujours la route (Never come backPussy x, etc…).
Les seuls défauts seront sûrement d’avoir opté pour le format d’un vrai concert avec son lot de chansons plus molles qui ont tendance à faire très vite décrocher les festivaliers venus par curiosité…  De plus, la fâcheuse manie de la chanteuse à s’adresser (ou plutôt marmonner) au public en anglais n’a pas arrangé le tout.

Ensuite, direction la scène extérieure où Kap Bambino va se produire. Oui très tôt dans la soirée, 22h15. Et oui, encore eux, nous les avions déjà vu la semaine dernière, mais que voulez-vous, on en redemande ! Et à cette heure de grande visibilité, le groupe s’est fait plaisir et a tout donné. Ce coup-ci, fatigue oblige, nous avons assisté au show à distance, loin des premiers rangs habituels mais rien à faire, même si c’est une 3ème fois en leur compagnie, on se reprend encore une énorme claque ! Khima France est possédée, Groupgris fait preuve d’une technicité remarquable et le public danse n’importe comment… Que dire de plus à part une citation d’Anticlimax sur Twitter qui résume tout : « Si t’as pas besoin de boules quies pendant kap bambino c’est que tu es déjà sourd. Quelle puissance! #marsatac« 

ambiance

Changement radical (pour ne pas dire ultra violent) avec la pop de l’anglais Baxter Dury qui, à notre arrivée, a enchaîné ses titres les plus calmes avant de finir sur l’excellente Cocaine Man. Une chose est sûre, il avait l’air complètement torché mais ça ne l’a pas empêché de faire de ce concert, le dernier de sa tournée d’ailleurs, un vrai régal.

En mode « en vadrouille », rien ne parviens à capter notre attention … Mince, après l’énergie de Kap Bambino (passé bien trop tôt d’ailleurs), tout a l’air de paraître bien fade en plus d’avoir forcément entamé une partie des batteries restantes !
D’un côté, il y a la curiosité de la soirée, Mekanik Kantatik, un aixois qui nous invite à assister à une expérience électroacoustique où homme, piano et machine ne font qu’un. Lui et son piano particulier équipé de claviers d’ordinateurs et de divers modules réussissent à mixer pop, électro-jazz, parfois de la house ou même de la techno. Le mélange est vraiment particulier et intéressant mais nous avons trouvé le tout vraiment répétitif, comme son jeu de scène … Mais c’était un peu le but.  Nous pensons qu’il triche, cet homme est déjà un robot !

De l’autre, un peu par flemme de retourner dehors et braver la foule, la résignation l’emporte et on décide de retourner voir Breakbot dans la salle d’à côté. Le public y est présent en masse et … c’est toujours la même chose qu’auparavant : le set est agréable mais il semble plutôt facile en piochant allègrement dans la French Touch/House de l’âge d’or de la fin des années 90/début 2000 quand les Daft Punk, Cassius, Phoenix, Stardust trustaient les charts. Quand l’infâme Irfane arriva encore sur scène, il était temps de fuir. Au moins il y eut un évènement déclencheur.

Heureusement, un groupe allait se trouver rédempteur : la généreuse bande de jeunes de La Femme, un groupe des plus efficaces qui pourtant n’invente rien. Le passé et le présent de la pop française copulent avec La Femme. En bon alchimiste, on prend un peu de Taxi Girl, de la surf music et même un peu de Post Punk à la Young Marble Giants et ça donne un bonne idée de ce qu’est La Femme. Du moins en partie.

Parce que chez La Femme, on pourra aussi bien tomber sur des morceaux un peu plus disco que sur des morceaux très pop qui rend le yé-yé à papa plus du tout ringard, ainsi que sur des titres froids et mélancoliques comme From Tchernobyl With Love. Et quand on a besoin de Surf à fond, la désormais célèbre (il suffit de voir la réaction du public) Sur La Planche répond à l’appel. Le set finira avec brio sur la mémorable Anti-Taxi au phrasé découpé qui rappelle ces groupes français de new wave des 80′s, Taxi Girl en tête, et c’est ça aussi la force de La Femme. On crie « Prend le bus! Prend le bus! Anti Taxi« . C’est con, mais qu’est ce que c’est bon !

Même lorsqu’on pense que le groupe a terminé, non, ce n’est pas fini. La Femme revient sur scène alors que les lumières de la salle viennent de se rallumer. Les enceintes de la salle, elles, crachent un morceau de hip hop pas très fort mais suffisant pour couvrir le groupe. On réussit pourtant par percevoir la voix de Clémence, grâce aux retours toujours allumés, qui se met à chanter l’hypnotique La Femme Ressort. Il faudra bien une minute avant de récupérer sons et lumières, mais merci à eux ils ont maintenu Discordance en vie !

Rapide coup d’œil du côté de la scène extérieure où James Murphy finit son set en allant se réhydrater après la chaleur étouffante de la salle 1. Ça avait l’air assez calme, dans le plus pur style DFA records.

A 2h50, voilà les très attendus belges de 2 Many DJ’s qui ont la lourde tâche de faire danser pendant 2h les survivants de Marsatac. Et ce fut un déluge de bon gout avec des titres de tout genre, de tout horizon, tous plus dansant les uns que les autres. De Hot chip  à The Hacker remixé par Gesaffelstein en passant par du The Clash, Prodigy, Donna Summer, Puff Daddy et même Dutronc et Arcade Fire. Rock, Pop, Disco, House, Techno, … Tout y passe ! Ces mecs sont impressionnants, tout fait mouche, ils maîtrisent tout de bout en bout, c’est ça que l’on appelle un vrai bon DJ Set … Enfin je crois, je ne sais même pas comment on a fait pour survivre jusqu’à 5h du matin, vide, physiquement épuisé et, la caféine ayant disparue de notre sang depuis fort longtemps, l’intellect aussi commençait à décliner.

Marsatac a fait de moi un robot, si ça continue ce n’est même pas moi, mais une entité supérieure qui écrit à ma place. Et peut-être même que …

Non, laissez tomber, je vais hiberner …

Crédits photo : Cédric Oberlin

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: Passionné de musiques électroniques et synthétiques, il est toujours en quête perpétuelle de sons et de vagues de boucles synthétiques qui l'accompagnera de longues heures. Grand rêveur originaire des Bouches du Rhône (13) voguant à présent dans les îles de France, il cherche à partager ses coups de coeur par tous les moyens possibles.

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