Festival Marsatac – Jour 5 : Hip-Hop et Electro font bon ménage | Dock des Suds | Marseille | 28.09.2012

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Après un jeudi soir très agréable aux multiples saveurs, vendredi, Marsatac affiche complet pour une soirée toujours orienté très hip-hop mais où, cette fois, les musiques électroniques viennent se faire une place. Et que ce soit avec ou sans hip-hop.

Gros programme en ce vendredi pour une soirée qui se déroule de 20 h 45 à 4 h 30. Différence notable par rapport à hier, la grande scène, à l’extérieur, mais couverte, ouvre ses portes. Avant même d’arriver dans l’enceinte du Dock des Suds, une ambiance digne d’un stade Vélodrome en fusion se fait entendre… mince ! Serions-nous en retard ?

Le Hip-Hop français à l’honneur

Il n’en est rien, c’est juste le public, déjà présent en masse et ultra impatient, attendant l’arrivée de 1995 sur scène. Wow, ça promet!

Dès 21h, une telle ambiance c’est vraiment très rare ! Et pendant tout le concert, il en sera ainsi. Mais le public a beau être à fond dedans, nous, nous avons assisté à un concert finalement très scolaire : le son a beau avoir des accents jazzy fort sympathiques, les mélodies restent basiques et les lyrics peu inspirés. Quand on entend que 1995 est la relève du rap français, ça a tendance à nous faire sourire… 1995 ou l’année de naissance d’une bonne partie du public. Bref, nous avons vu du bien meilleur hip-hop jeudi.

Après cette déception, c’était le tour du tout aussi attendu, Orelsan que l’on ne finit plus d’entendre à la radio avec La Terre est Ronde ou Plus rien ne m’étonne.  Et là, on a l’impression de se retrouver il y a tout juste un an à Marsatac avec l’arrivée sur scène de Stupeflip :  longues robes noires, capuches sur la tête, avant qu’Orelsan finisse par se dévoiler avec son fameux masque à la Nightwing. Accompagné de deux MC’s et de nombreux musiciens, il mettra vite le feu dans le public. L’enchaînement de Mauvaise Idée avec le public qui chante en même temps, 1990 et un improbable survêt Waikiki, avec une cynique et lapinesque Plus Rien Ne M’étonne, tout cela se révèle très efficace.

On peut ne pas aimer ce qu’il fait, mais il faut avouer que le personnage attire la sympathie, il a la pêche, dégage de la bonne humeur et de la simplicité. Musicalement, nous ne nous attendions à pas grand-chose avec ses « tubes » comme La terre est ronde, mais sur scène, son groupe assure, le son est riche. Les morceaux prennent une autre ampleur en live avec la batterie, la basse et les synthés là où sur l’album on a droit à des prods très (trop) vues et revues dans le rap français, pour ne pas dire ultra mainstream.

On déplorera également que la chanson sur sa copine (Pour le pire) nous a fortement ennuyé, mais le concert était au final pas si mal. Il était toutefois à des lieux de la performance que nous avons eu droit avec le Klub des Loosers la semaine dernière à Nîmes. Plus sobre, mais bien plus efficace.

Mix Up Maroc, un vrai brassage culturel

Initié par le collectif Marsatac, il regroupe les membres de Nasser, le mâalem Hassan Boussou accompagné de deux musiciens, mais aussi un rappeur du nom de Marrakchi Komy ressemblant autant à Jay-Z qu’à JoeyStarr. Avec ce beau monde, on se retrouve devant un mélange d’electro-rock (la spécialité du groupe marseillais Nasser), de hip-hop, de fusion et de gnawa dont Hassan Boussou est un maître-musicien (d’où le titre de Mâalem).

Ce mélange culturel est vraiment des plus intéressants sur le papier et sur scène, il faut avouer que la sauce prend bien. On retrouve une vraie énergie à travers la musique des différents musiciens alors que Komy occupe la scène à merveille. Même pendant les « instants 100% gnawa », donc plus world, l’énergie reste présente, les gens se laissent entraîner par ces rythmes marocains ancestraux. On peut considérer sans hésitation que c’est une réussite.

Les petites brèves : Les festivals, ce n’est jamais facile quand on veut conjuguer plaisir et exhaustivité. En ayant fait les 3 premiers jours de Marsatac à Nîmes, on se retrouve avec des groupes que nous avons déjà vus, mais c’était tellement bon que l’on y retourne ! Soirée sold out, 3 salles tournant en même temps, cela signifie aussi déplacements difficiles et attente partout.

Vous retrouverez donc à la suite, les groupes correspondant à ces cas suscités.

Aucan : Embourbé dans la masse de gens présents ce soir (complet oblige) et les autres concerts dans les différentes salles, nous arriverons trop tard pour assister au concert d’Aucan, signé chez les Lyonnais de Jarring Effects que nous apprécions énormément. Nous n’avons pu qu’écouter le morceau final, des plus épiques et planant avec leur subtile mélange de rock, trip-hop et de dub. Dommage d’avoir raté ça.

- C2C, les Experts des platines : Une semaine après leur concert à Nîmes, nous nous sommes repris la même tarte. Même avec l’effet de surprise passé, C2C garde toute sa saveur. Véritable démonstration, leur musique sincère nous fait toujours sauter sur place, sourire, crier, lever les bras. Bref C2C, c’est de la bonne !

- Murkage : Petit coup d’œil éclair du côté de Murkage, le crew anglais mêlant hip-hop et UK Bass (dubstep et jungle notamment)  que nous avions déjà vu plus amplement à Nîmes. Que dire de plus en dehors qu’ils ont toujours la patate ? Leur son est toujours aussi démoniaque. Quelle prestance sur scène… OBEY !

Spank Rock : Nette déception avec le live très moyen du MC Spank Rock à présent seul avec sa sélectât. Leur live prenait la forme d’un pauvre DJ set avec un peu de chant par-ci, par-là. Très convenu et sans surprise en dehors de la DJ qui est venu shaker son booty devant tout le monde… C’est peut-être ça qui les a fait rester !

Foreign Beggars : Comme à Nîmes, les Foreign Beggars étaient là. Et à notre arrivée dans la salle 1, en intérieur, c’était une véritable fournaise. Quelle chaleur ! On a frôlé le choc thermique … La salle 1 est pleine à craquer, l’ambiance bouillonnante et c’est la grosse fiesta autant sur scène, plein d’invités d’autres groupes, même les photographes présents sur scène se sont laissés aller au jeu, que dans le public avec crownsurfings et mains en l’air en masse. Il y a du jus sous le capot des Foreign Beggars !

Dope D.O.D. brûle tout sur son passage !

Vous vouliez un groupe qui représente au mieux le logo du festival (un cocktail molotov) cette année ? Dope D.O.D est très bien placé pour y prétendre. Ces hollandais, trois MC’s et un DJ, sont plus que corrosifs, loin du hip hop aseptisé du tout début de soirée. Violent, ils ont littéralement foutu le feu avec un rap hardcore comme on en faisait dans les années 90 avec des flows précis, noirs et dévastateurs, le tout accompagnés de beats lourds et écrasants à base de dubstep et de D&B. Dès leur arrivée sur scène, ils foutaient aussi les jetons, surtout Skit que l’on croirait sorti d’un groupe de Death Metal… le genre de mec qui nous ferait changer de trottoir avec sa taille, son allure, sa tête à moitié dégarnie et son œil de zombie qui arrivera avec une cagoule représentant le masque de Jason, du célèbre film Vendredi 13.

Le show sera si énergique que l’on oubliera presque que l’on est dehors à presque 3h du mat’. Chaque MC impose son flow devant un public réceptif et pas prêt de s’endormir! Et quand la fin pointe son nez, What Happened finira par dynamiter le Dock des Suds. Très efficace déjà sur CD, et encore plus en clip, elle prend encore plus de puissance en live. Viscérale, on ne pouvait pas mieux finir que sur celle-là, les BPM s’accélèrent, c’est la folie avant l’arrêt presque brutal. Frustrant presque tellement on était haut ! Une chose est sûre, on reprendra un peu de Dope, un jour, sans hésiter.

Noisia et la fin en apothéose

Ou plutôt apocalyptique, devrait-on dire. En voilà un groupe qui porte bien son nom ! Nous attendions avec grande impatience le concert de ces producteurs de Drum&Bass/Dubstep néerlandais, et on peut dire que l’on a pas été déçus !

Explosif Noisia, c’est une puissance musicale surprenante, et une ambiance qui ne redescend jamais… On se prend sans relâche des beats à la sulfateuse pendant que les sons de batterie électroniques nous tombent dessus tels des obus ! Pendant plus d’une heure, on danse comme des tarés comme si notre vie en dépendait pendant que les vagues sonores viennent marteler ce qu’il peut nous rester de neurones disponibles après une telle soirée (et les environs de 4 h du matin). Bien sûr pour rendre le tout mémorable, les membres de Foreign Beggars et Dope D.O.D viendront foutre le bordel sur scène entre 2 distributions de bouteilles d’eau avec des slams, mais aussi pour chanter sur l’incroyable Shellshock entre autres. Les mortiers hollandais continuent à nous envoyer bombe sur bombe avant de finir sur un gros remix (bien fat comme diraient certains) de Smack my Bitch Up de Prodigy et un ultime morceau tellement énorme que le nom ne nous revient même pas. Apocalyptique que l’on vous dit!

Si vous avez survécu à tout ça, l’ultime soirée de cette 14e édition de Marsatac pourra sûrement vous achevez avec les démoniaques Kap Bambino, mais aussi les Kas Product qui ont reformé, Stuck in the Sound, Don Rimini, James Murphy (de feu LCD Soundsystem) et les formidables 2 ManyDJ’s qui auront la superbe tâche de clôturer. Et encore, là, ne sont cités que les groupes présents sur la plus grande des scènes.

Avec la participation de Dimitri L

Crédits photo : Cédric Oberlin

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: Passionné de musiques électroniques et synthétiques, il est toujours en quête perpétuelle de sons et de vagues de boucles synthétiques qui l'accompagnera de longues heures. Grand rêveur originaire des Bouches du Rhône (13) voguant à présent dans les îles de France, il cherche à partager ses coups de coeur par tous les moyens possibles.

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