Festival Marsatac – Jour 3 : La décadence ! | Paloma | Nîmes | 22.09.2012

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Paloma, festival Marsatac. Troisième soir. Après 20h de son, 18h de taf, 15h de sommeil et 5h de trajet en 3 jours, voilà ce que ça donne...

Cédric Oberlin

Trois soirs de festival, c’est usant. Les lecteurs ne se rendent pas compte de toutes les contreparties du métier. Matériel sur le dos, rencontres avec des artistes souvent arrogants, obligés de faire du social pour être bien vus, sans parler des contraintes administratives avant chaque évènement… Enfin bon, c’est comme ça.

Ce soir, il faut reconnaître que l’on traine des pieds. Pas d’excitation, pas de réelle envie de se déplacer, il fait moche dehors. D’autant plus que la soirée est dominée par le label d’Ed Banger, encore une bande de Parisiens qui vient se la raconter ici (SebastiAn, Busy P, Breakbot). Même pas le droit de prendre des photos sur SebastiAn, aurait-il quelque chose à cacher ? Bref, ce samedi est bien morose.

Pour débuter, direction le Club pour assister au premier show de la soirée : Reflex. Une petite demie heure de live seulement, mais une machine à danser qui s’est lancée dès la première minute. C’est disco disco, dégoulinant à souhait, et d’entrée, ce samedi part sous de très bons auspices. C’est tellement groovy que l’on se dit que l’on tient déjà une perf’ de la soirée.

Déboussolés par cette entrée en matière, la Grande Salle nous tend les bras. Malheureusement cet élan ne durera pas longtemps. La Shark, quintet britannique, nous demande sur ce que l’on peut bien faire ici. Encore un groupe qui tente de se faire une place dans le monde de la pop en essayant de pomper la voix de David Bowie, c’est loufoque. Et quand cela se rapproche d’Iggy Pop, cela devient pathétique. Pensant avoir un concert barré, on tombe finalement sur un groupe complètement inhibé. Pour ceux qui ont bien voulu accepter les coups, La Shark aurait pu essayer de faire des efforts de s’adresser au public en français. Il n’en est rien. La rock’n'roll attitude ne s’invente pas, voilà une bien belle leçon que les Anglais devraient apprendre… Avec une musique peu communicative et un chanteur très pudique, La Shark a été très décevant.

Avec un moral de nouveau dans les chaussettes Spoek Mathambo se charge de prendre le relai de la médiocrité. Avec son air de rappeur à trois francs six sous, il faudrait lui dire que porter des lunettes de soleil dans une salle de concert, cela ne sert à rien ! Avoir des racines d’Afrique du Sud, c’est une chose, profiter d’un éclectisme musical, c’est une autre. Le public ne s’y trompe pas : statique, il est toujours en quête de ces fameux mélanges hip-hop, post-punk, électro, rock, musiques africaines… En proposant un concert pas du tout rythmé, Spoek Mathambo, dont la joie de vivre était restée au vestiaire, est indéniablement un des flops de la soirée.

Et malheureusement ça ne s’arrête pas là, un pauvre mec un peu perdu arrive dans la grande salle, vous en avez sûrement déjà entendu parler avec sa musique trop rétro reprenant le plus mauvais de la French Touch : oui c’est bien de Breakbot que nous parlons. Visez moi ce look, chemise à fleurs, cheveux longs même pas coiffés, c’est un hippie des 80′s qui sort de sa cure de désintox sans fin ou quoi ?

Et pis il a vu sa table de platine avec des grosses lèvres ? Il n’y a pas plus kitsch. Non, franchement, il attendait quoi ? Qu’on l’embrasse ?

Il nous ressert encore son piètre remix d‘Extraball de Yuksek :sic: un peu de Daft Punk :doublesic: et ses tubes que l’on se demande bien pourquoi il a du succès. Le pire dans tout cela est de sortir un album en chocolat en plein été, c’est l’assurance du bide complet. Bah oui c’est mou, CQFD.

Olivier Audouy

À 23 h, c’est le tour d’un groupe qui porte très bien son nom en plus d’être analphabète : le Klub des Loosers. Le meilleur pote d’Orelsan a probablement confondu carnaval et salle de concert, en même temps il avait de quoi se cacher. Cynisme au placard, manque de personnalité, on n’y dit pas « Encore merci ». Là où ses fans se comptaient sur les doigts d’une main, à quoi bon chanter « le hip-hop est mort ! » lorsqu’on n’est pas capable d’assurer la relève du rap français ?

Sous ses apparences de mec sympa, Busy P préfère rester dans le noir ! À croire qu’il craint d’être pris pour cible pour ses choix de musiques (Disclosure, massacre de Genesis de Justice entre autres), Busy P n’a visiblement pas l’habitude de côtoyer de grands groupes. Un DJ Set fade, monotone qui nous laisse (encore) de marbre.

Nguzuguzuguzu. Pardon ? Répétez, monsieur ! Nguzunguzu. Voilà c’est mieux. Alors là, c’était magnifique. De la superbe house, bien dansante, teintée de world… avec une intrusion de Shakira du plus bel effet. On part avec beaucoup d’a priori sur cette pauvre fille. Si l’on retient plus son physique que sa musique, c’est avant tout parce qu’on se voile la face. Rajoutez de grosses doses de UK Bass, une envie sincère de jouer en France et une belle communion avec le public, Nguzun**** est un groupe que l’on retiendra de leur passage à Marsatac.

Avec des étoiles plein les yeux, la Grande Salle commence à se vider, comme si elle avait senti que la pire prestation de la soirée allait se produire, là, sans crier gare. Voici un mec qui s’est payé le luxe de se faire passer pour Napoléon. Ah non, hors question de réfléchir, de toute façon on n’aime pas l’histoire. Merde, le monsieur se montre pourtant très persuasif avec ses « OBEIS » projetés en fond de scène. Avec un pupitre à la hauteur de son fiasco SebastiAn s’est pris d’une envie soudaine de coup d’État. Avec une intro très patriotique (bleu/blanc/rouge), le voilà, bras levés, parti en croisade de collecte de suffrages. À croire qu’il nous prend vraiment pour des moutons sous ses airs de Tati des temps modernes avec sa clope au bec (oui, ce n’est plus la pipe), SebastiAn a balancé une electro brute de décoffrage. SebastiAn n’aura fait que confirmer nos dires : ce soir, le public ne s’est certainement pas déplacé pour la bande d’Ed Banger. Ça se serait su ! Quant à lui, il aurait dû tirer les conséquences d’un tel échec et se retirer de sa carrière de DJ.

Heureusement qu’un ultime groupe allait parapher cette dernière soirée de Marsatac de la plus belle manière : The Zombie Kids. C’est à penser que ce sont les Espagnols qui excellent dans les musiques électroniques. Pendant près d’une heure, le Club était plein à craquer pour assister à leur show. Lorsqu’un DJ est un ancien pensionnaire du milieu punk/rock/hardcore et que son acolyte traine dans le funk et la soul, on se dit que leur reconversion dans un club d’Ibiza est tout à fait légitime. Du bon gros son qui tache à la David Guetta, voilà ce que Marsatac attendait depuis trois jours ! Les Zombie ont été exceptionnels, merci !

Vous y étiez ? Vous n’avez rien compris ? Vous pensez que l’on se fout de vous ? Vous avez raison : cette troisième journée de Marsatac était tout le contraire ! Relisez la chronique à l’envers. Et vous comprendrez.

Crédits photo : Cédric Oberlin et Olivier Audouy

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: Etre thésard et mélomane, c'est possible. Enfin du moins pour l'instant ! Véritable électron libre dans le Sud de la France navigant entre Montpellier, Nîmes, Avignon et Marseille, je conserve cette passion à partager mes coups de cœur, mes trouvailles... et aussi mes coups de gueule. Pour ceux qui auraient envie d'en savoir un peu plus, vous pouvez toujours jeter un œil à mon site perso, Le Musicodrome (www.lemusicodrome.com).

2 commentaires

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  1. 1
    le Jeudi 25 octobre 2012
    Youpi a écrit :

    Ecrire que le klub des loosers est un groupe « analphabète » en dit long sur votre goût pour le rock festif et autres groupes électros dont vous n’avez manifestement jamais fait l’analyse textuel. Votre ton « je-pète-plus-au-que-mon-cul » vous assure cependant une place dans le monde des chroniqueurs amateurs du web ; je vous y souhaite cependant de vous y cantonner car pas sûr que l’insulte et le discrédit facile fasse office de live report digne de ce nom. Je sais qu’il existe toujours une notion de subjectivité et de second degré, mais là on sent le mépris, l’ »analphabétisme » touchant une partie non négligeable de notre population, il serait de bon ton de policer un peu son langage pour ne pas heurter la sensibilité de ceux qui ne pourront jamais vous lire. Peut-être ces derniers ont-ils de la chance ?

  2. 2
    Dimitri L
    le Jeudi 25 octobre 2012
    Dimitri a écrit :

    Youpi, viens, entre, nous t’attendions avec impatience ! Crois-moi, je vais parler à la première personne même si nous avons été deux à la plume, j’ai été étonné de ne pas avoir à « subir » de tels affronts à la suite de ce live report quelque peu particulier… Cela aura mis du temps à arriver, plus d’un mois après la fin de Marsatac. J’avoue, je suis surpris.

    Bien sûr que le but d’un tel article était de choquer, d’énerver, d’interpeler le lecteur, et comme tu peux le constater, tu m’en vois ravis que le petit effet ait marché.

    Cependant, laisse-moi quelques minutes pour me justifier : as-tu lu le papier jusqu’au bout ? As-tu remarqué les trois dernières lignes : « Vous y étiez ? Vous n’avez rien compris ? Vous pensez que l’on se fout de vous ? Vous avez raison : cette troisième journée de Marsatac était tout le contraire ! Relisez la chronique à l’envers. Et vous comprendrez. »

    Tout semble clair dans ton commentaire : tu penses que l’on s’est foutu de toi en écrivant un papier de la sorte… et tu as parfaitement raison ! C’était exactement le but recherché. Le live report discrédite les artistes (mais qui suis-je pour juger, moi, qui suis incapable de faire de la musique ?), mais les choses rentrent dans l’ordre en conclusion de la review. A condition de TOUT lire.

    On ne parle pas de second ou de troisième degré, on nage dans le 14e et 15e degré, et tu as marché. La machine s’est mise en route. En relisant « à l’envers » des mots, tu aurais du comprendre qu’en critiquant ouvertement le Klub des Loosers…nous l’avons adoré.

    Le ton donné était volontaire et assumé, l’équipe de Marsatac l’a elle-même approuvé. Si tu as eu la curiosité de regarder les autres reports du festival (nous avons couvert les 6 soirs), tu remarqueras que chaque papier a eu sa griffe, histoire de rompre avec la monotonie des reports habituels. Après, attention à ce que tu peux dire : quand tu parles « d’insulte », non, à aucun moment il en a été profané.

    Je t’invite en tous cas à lire les autres reports pour te faire une idée.

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