Festival Marsatac – Jour 1 : l’excellence, une nouvelle norme | Paloma | Nîmes (19.09.2013)

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Cette semaine, les gamers de la planète entière ont d'abord patienté, puis trépigné, pour enfin se délecter du tout nouvel opus de la série des Grand Theft Auto, à savoir GTA V. Lui qui vient de rapporter plus de 800 millions de dollars à ses développeurs (pour sa seule journée de lancement !) vient déjà de frapper un grand coup. Par contre à Nîmes, depuis jeudi, ce sont tous les amateurs de la culture urbaine qui se sont donnés rendez-vous à Paloma, la récente SMAC de la métropole nimoise, pour le premier soir de la 15e édition du festival Marsatac. Comme l'année dernière, c'est "Nîmatac" pendant 3 soirs avant d'aller poser ses valises, la semaine prochaine, du côté de la cité phocéenne.

Et pour ouvrir ce premier soir comme il se doit, direction Los Santos. Une grandeur à perte de vue, un design toujours aussi soigné pour un lieu parfaitement calibré pour recevoir ce type d’événement. Familier à cet univers et fin connaisseur des moindres recoins, un premier tour d’horizon permet de noter les améliorations esthétiques, pratiques (le bar) et d’accueil. Pendant que certains faisaient, mardi, plus de 2h de queue sous la pluie dans les grandes enseignes de Navarre, nous voilà aptes à passer dans cet open world.

Thomas Azier, « la quête annexe »

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Comme dans tous les jeux, et encore plus dans la série Grand Theft Auto, la quête principale focalise l’attention, renvoyant au plan secondaire les quêtes annexes. Il faut dire qu’au-delà de beugler « j’ai fini le jeu à 100% », on y voit quelques fois un intérêt moindre. Malheureusement pour Thomas Azier, sa programmation très tôt dans la soirée (20h) a joué contre lui. Dans un Club loin d’être rempli, le jeune artiste néerlandais découvert par Woodkid aura assuré son show, sobrement, balançant son Angelene que les amateurs attendaient. Cette pop noire, amère, teintée d’electro, où lyrisme et balades romantiques sont le fil rouge de ses compos, a imprégné Paloma. Douce violence maîtrisée, dommage que la chaleur ne soit montée qu’après.

Sexy Sushi, « à trois, c’est mieux »  

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Enlevez bien de votre esprit toute allusion obscène ou perverse à propos de Sexy Sushi, bien au contraire. Comme dans GTA V, il y a désormais trois héros en première ligne. On s’attache aux personnages, on aime leur impulsivité, leur force de frappe, ils sont complémentaires…Rebeka Warrior, au chant, est complètement allumée tandis que Mitch Silver, aux machines, est habité. Sur le coup, on a cru que leur electro-clash s’était calmée : en ouvrant leur set sur des nouvelles compos (J’aime mon pays, Mendiante, 1000 morceaux), Sexy Sushi se rapprochait plus d’un registre à la Brigitte Fontaine que leur techno-punk des débuts. Mais avec une mise en scène déjantée, le show s’est brutalement enflammé : d’abord à la sauce Stupeflip (entrée quasi-sectaire, encapuchonnés, massacre à coups de caisses), la mayonnaise a finalement tourné à la rouille (disqueuse comme Punish Yourself). Avec des textes toujours aussi acérés et évocateurs, beaucoup d’amour (« je t’enc*** putain de public car j’en veux qu’à ton fric ! »), de quoi tous se mettre A Genou. En ressortant quelques vieilles compos des tiroirs (I’m Afraid) ou le très sensuel (Sex Appeal, hum), Sexy Sushi a bien bichonné son public : « je te bénis ! » (avec de la bière, à chaque fois que quelqu’un montera sur scène) ou au milieu des furieux pendant une bonne partie du set. Le conseil donné aux photographes était justifié : « à vos risques et périls ! ». Après tout, Love les Tartes !

Polysics, « le braquage parfait »

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Avec plus de 70 missions principales, il y en a forcément qui vous marqueront plus que d’autres. Comme auparavant, ce sont les braquages de banque qui décrochent le pompon. Riche, soignée, carrée, c’est une perf’ digne d’un braquage à mains armées de japonais. LesPolysics ont débarqué d’une autre planète, apportant leur univers acidulé… et agité. Formation classique, à trois désormais, constituée d’un guitare/chanteur, d’une bassiste/chanteuse et d’un batteur. Munis de Vocoder et synthétiseur, le groupe chante bien entendu en japonais, en anglais… mais aussi en n’importe quoi ! Charabia volontaire, tenue orange de Guantanamo, imaginez un Devo sous acide qui mélangerait du punk, du rock japonais, et de grosses doses de sons technicolor toutes droit sorties de génériques de mangas… Surboosté et survitaminé, Polysics a tout retourné. Ils sont fous, ces japonais !

Vitalic, « des situations aussi jouissives que variées »  

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Le Gard l’avait déjà vu au festival Lives au Pont tout près de Nîmes mi-juillet, en tous cas le public a une nouvelle fois répondu au clairon qui sonne. Vu entre temps à Rock en Seine où le DJ était un peu trop tombé dans la facilité, Vitalic a retrouvé sa force tranquille habituelle, offrant un set electro puissant et toujours aussi dansant. Des plus récents (Rave Kids Go, Stamina, Fade Away, No More Sleep)… aux incontournables (La Rock 01, No Fun, My Friend Dario…). La rupture musicale de son dernier opus en date « Rave Age » (2012) avec les précédents, moins pop mainstream et plus proche de l’electro formatée, n’a pas empêché de voir un concert où il ne fallait être qu’à un seul endroit : sur le dance-floor !

Troumaca, « des temps de chargements un peu longs »  

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Après les claques précédentes, on ne peut que reconnaître que la perf’ de Troumaca n’a guère été suivie. Petit passage toutefois au Club pour voir ce qu’il en était. Difficile de formuler un avis concret sur la chose, mais la pop british de Troumaca ne nous a pas captivé. A la fois réservé et calme, le groupe s’est paré de nappes synthétiques pour envoûter ceux qui n’accrochaient pas Vitalic… Envoûtant, certes, mais cruellement tranquille vu l’intensité depuis le début de la soirée.

Laurent Garnier, « 3 fins différentes… mais pas franchement marquantes »

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Inutile de présenter, une nouvelle fois, Laurent Garnier. Une des figures majeures de la techno française était en effet à Marsatac, hier soir, pour prendre le contrôle du vaisseau Nîmatac. Un peu déçu, à vrai dire, du show de Laurent Garnier : peu de travail aux platines, peu de libertés sonores, ce dernier se contenta de balancer du gros son. Ceux qui en contente toujours, soyons clairs. Mais la répétition des montées en puissance qui n’explosent pas toujours, le rendez-vous est pris du côté de Jon Hopkins… A voir le monde encore présent par le patio, inutile d’être devin pour se dire que le public s’est avant tout déplacé pour Vitalic.

Jon Hopkins, « le dernier maître de l’air » 

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Laissez tomber la voiture, elle est devenue hasbeen… mais prenez plutôt un sous-marin ou mieux, un hélicoptère ou un jet privé ! C’est la grande innovation de ce dernier volet, ou du moins, son perfectionnisme dans le domaine. Vous y retrouverez peut-être en fond de cale Jon Hopkins, le dernier maître de l’air de cette soirée. De l’electronica comme on l’aime ! Planante, effleurée, sa musique dérive pourtant progressivement vers des sonorités technos. Gardant aussi des influences de ses « restes » de pianiste, Jon Hopkins repousse les frontières. C’est à la fois poétique, atmosphérique, et même quand ça fini par monter, Jon Hopkins retombe toujours sur ses pieds. Dommage seulement qu’il se soit montré aussi peu communicatif avec son public !

Une première soirée pleine (qui s’est achevée d’ailleurs avec Boris Brejcha et Juan Maclean), des groupes bourrés de qualités pour une nuit qui en annonce bien d’autres, il y a eu finalement beaucoup de similitudes avec la grande première de GTA V et celle de Marsatac. Un monde différent où les réalité se rencontrent parfois, mais après tout, chacun d’entre nous ne demande qu’à s’amuser.

Crédits photos : Photolive30

Sources chroniques GTA 5 : 
http://www.gamekult.com/jeux/test-grand-theft-auto-v-SU3010010088t.html
http://www.jeuxvideo.com/articles/0001/00018921-grand-theft-auto-v-test.htm

Jeudi 19 septembre 2013, Paloma, Festival Marsatac, Jour 1. 

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A propos de l'auteur

Image de : Etre thésard et mélomane, c'est possible. Enfin du moins pour l'instant ! Véritable électron libre dans le Sud de la France navigant entre Montpellier, Nîmes, Avignon et Marseille, je conserve cette passion à partager mes coups de cœur, mes trouvailles... et aussi mes coups de gueule. Pour ceux qui auraient envie d'en savoir un peu plus, vous pouvez toujours jeter un œil à mon site perso, Le Musicodrome (www.lemusicodrome.com).

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