Festival de la Meuh Folle – Jour 1 : La météo fait sa peau de vache | Capra | Alès (05.04.2013)

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Le coup d'envoi de la 10e édition du festival de la Meuh Folle a été donné hier soir tambours battants devant près de 1500 personnes. Si l'affluence est un poil en dessous du premier jour de l'année dernière, la Meuh Folle a déjà remporté plusieurs paris : imprégner une bonne ambiance dans ce Capra terriblement froid tout en le rendant plus que vivant pour sa toute nouvelle configuration. Et quand la musique suit, c'est déjà une première victoire.

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Les vendredis soirs procurent toujours cette étonnante sensation : après des mois de préparation et de travail d’arrache pied, la programmation va enfin être passée au peigne fin… Et comme à chaque vendredi soir, l’excitation fut mêlée au doute, aux craintes et cette fameuse appréhension. Cette année, cette tension s’est sentie avant l’ouverture des portes : avec des pré-ventes en demie-teinte, bien malin celui ou celle qui pouvait se prononcer sur les tendances de cette nouvelle édition de la Meuh Folle. Avec un parking mettant sérieusement du temps à se remplir et une météo devenue subitement capricieuse, les premiers festivaliers se sont finalement amassés dans le Capra.

En tous cas cette année est particulière pour la Meuh Folle : des goûts et des couleurs, un bus de jeux, des animations et stands en tous genres accompagnées de quelques vaches ayant jouées le jeu fleurissent un peu partout dans le parc des expositions. Il y a un air d’anniversaire, ça se sent ! Comme si la Meuh Folle, en l’espace de deux soirs, se transformait en véritable fête foraine. Au Moyen-Age, la fête foraine était considérée comme un cabinet de curiosité, un lieu extraordinaire où se côtoient divertissement, rêve, imaginaire et instruction. La Meuh Folle en mode pêche aux canards ? Oui, pourquoi pas. Après tout la Meuh Folle fonctionne comme les fêtes foraines de l’Ancien Temps : ses affiches envahissent les écriteaux, les vitrines et tout autres lieux culturels avant de sonner le glas. Et même s’il n’y a pas de barbe à papa, on peut trouver des cocktails de fruits atypiques les uns par rapport aux autres ou voire même rencontrer l’Amiral Ketchup. Ballade au milieu des allées…

La curiosité Guimbal

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Vous connaissez peut-être un certain Franck Lantini qui se produisait à travers des spectacles forains. Ce cher monsieur était surnommé ‘l’homme à trois jambes ». Un phénomène incroyable : trois jambes, deux arrières trains, quatre pieds et seize orteils. Quelques siècles plus tard, Guimbal s’est avéré être, à son tour, la curiosité de cette grande fête. Guimbal a lui aussi une troisième jambe, son didgeridoo, un tambourin en guise de quatrième pied et une panoplie d’instruments qu’il utilise par séquences ou en simultanée. Accompagné d’un harmonica, d’une stomp box et de deux guitares, Guimbal a assuré le show navigant vers différents rivages, entre folk, blues, world et musiques traditionnelles… Et comme toutes les curiosités, Guimbal a ouvert haut la main cette soirée. On a rarement vu autant de monde devant la scène pour une première partie.

Un tour d’autos-tamponneuses avec les Tambours du Bronx

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Une fête foraine n’est pas digne de ce nom si elle ne propose pas une attraction d’auto-tamponneuse. D’ailleurs, c’est une des choses que l’on veut faire dès que l’on arrive. On pense tous connaître les règles, mais il est utile de rappeler quelques conseils de base : la pratique des autos-tamponneuses est généralement déconseillée aux personnes ne pouvant pas supporter des chocs légers, comme les très jeunes enfants, les femmes enceintes ou les personnes âgées. Attention, elles ne sont pas sur des coussins d’air et ne sont pas équipées de ceinture… C’est arrivé vite et surtout très fort : les Tambours du Bronx, au nombre de dix sept, ont offert une véritable démonstration de puissance. Rien à faire face à cette armée des ombres, chaude et métallique. Enragés et quasi-cyber punk, les Tambours du Bronx présentent toujours une synchronisation dans l’action impressionnante, tapageuse. Les coups sont précis, l’impact métallique est assombrissant, la meute est plus vivante que jamais. Tel un claquement presque industriel, cette partie de passe-passe a été gagnée sans aucune résistance de la part de leurs adversaires. De quoi fêter un double anniversaire après avoir coupé les gaz : celui des 10 ans de la Meuh Folle et surtout la tournée des 25 ans des Tambours.

Merzhin, l’homme canon qui a manqué de poudre

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Après l’effort, le réconfort. On se pose calmement, reprend ses esprits avant de poursuivre l’escapade. A la recherche d’exclusivité, la Meuh Folle s’est taillée une petite bavette en invitant l’homme canon. L’homme canon reste une attraction atypique, peu présente sur nos terres pour être ignorée. Le spectacle de l’homme canon de Merhzin, essentiellement joué dans la moitié Nord de l’Hexagone, a donc créé la petite sensation. Pourtant par homme canon on s’attendait à voir un show qui décape, qui en jète, un rock festif à la sauce de La Ruda… mais finalement Merzhin a manqué de poudre pour pousser les murs du Capra. L’homme botté et casqué a volé, volé, volé en déviant de sa trajectoire, Plus Loin Vers l’Ouest. Propulsé par des bonnes vibrations de rock breton, Merzhin a envoyé du jus avec Western, Les Nains de Jardin, La Rue Calumet, Liberté, sans pour autant tirer son épingle du jeu. Original et imprégné d’influences celtiques, le show de Merzhin a cependant manqué de hauteur par rapport à ses compos studio.

Le Scratch Bandits Crew, trois prestidigitateurs hors pairs

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Le turntablism est à la mode, il attire toujours plus les foules (Birdy Nam Nam, C2C…). Le Scratch Bandits Crew s’y essaie depuis plusieurs années et finit enfin par récolter ce qu’il a semé. Mieux, les trois DJ’s endossent le costume de prestidigitateurs. On parle beaucoup de C2C, de leurs shows très démonstratifs et de leurs hits à la pelle… Une fête foraine doit savoir jongler entre les disciplines, les attractions mais aussi les spectacles. Le Scratch Bandits Crew est l’apprenti sorcier de la prestidigitation, levier de l’illusionisme. Créateurs de leurs machines hybrides, les trois DJ’s se sont entraînés pour créer les illusions qui leurrent nos sens : des effets visuels apparaissent et disparaissent, ils défient la gravité, transforment la matière en samples et tout s’emballe. Le Scratch Bandits Crew ne cherche pas à rendre son tour forcément accessible : ici, nous parlons de maîtrise technique, d’electro profonde presque poétique (Heart Beat), qui alterne des ondes digitales (Scratch Lunaire, World Premiere) et des hits corrosifs taillés pour le live (Do Your Thang, Check It Out). Entre les séquences plus jazzy pour apprendre le scratch (En Petites Coupures…) et les remix faits maison (Requiem For A Dream, Five To One des Doors, Break Ya Neck de Busta Rhymes), le Scratch Bandits Crew a su détourner l’attention du public pour faire parler toute sa dextérité… Seul hic, ils étaient tellement doués en magie qu’ils ont réussi à faire disparaître du set 20 minutes sans que (trop de) personnes s’en rendent compte.

La fête foraine de la Meuh Folle a bien tourné, dans un bon état d’esprit. Mais nous avons aussi envie d’en savoir un peu plus : au Moyen-Age, les traditions de fêtes foraines remonteraient à celles des saltimbanks… Curieusement, HK et les Saltimbanks est à l’affiche de ce second soir. Une préméditation ?

Vendredi 5 avril 2013, Jour 1, Festival la Meuh Folle à Alès (30). Crédits photos Olivier Audouy et Cédric Oberlin.

 

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: Etre thésard et mélomane, c'est possible. Enfin du moins pour l'instant ! Véritable électron libre dans le Sud de la France navigant entre Montpellier, Nîmes, Avignon et Marseille, je conserve cette passion à partager mes coups de cœur, mes trouvailles... et aussi mes coups de gueule. Pour ceux qui auraient envie d'en savoir un peu plus, vous pouvez toujours jeter un œil à mon site perso, Le Musicodrome (www.lemusicodrome.com).

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