Festival de la Meuh Folle – Jour 2 : Comme un vent de folie… | Capra | Alès (31.03.2012)

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Après une première soirée satisfaisante en terme d'affluence, le festival de la Meuh Folle d'Alès change de peau ce soir. L'électronique laisse sa place au rock français avec des groupes comme Babylon Circus et La Caravane Passe qui vont se succéder sur les planches du Capra. Une soirée où ça va encore swinguer !

Contrairement à la veille, les festivaliers sont arrivés de bonne heure pour pouvoir profiter pleinement des quatre groupes de ce samedi soir. Et même s’ils sont moins nombreux que l’énorme second soir de l’édition 2011, l’affluence totale a dépassé le fameux seuil symbolique des 4 000 entrées avec 4 005 festivaliers ! Lorsqu’on dit que des soirées ne tiennent à pas grand-chose, c’est tout à fait vrai. Samedi, le Capra baignait dans un parfum différent, un parfum de grande soirée. Et en peu de temps, tout a basculé.

Lefekiskou : entre provoc’ et efficacité

Lefekiskou. Un nom atypique pour un groupe atypique. Chargée de chauffer la salle avant que les ‘grands’ arrivent, cette bande de copains de Saint-Ambroix (proche d’Alès) a fait son petit effet dès l’ouverture des portes. Trois quarts d’heure pour ne pas passer inaperçu et mettre un joyeux bordel. À mi-chemin entre costumes et déguisements à la Marcel et son Orchestre, Lefekiskou ne cherche pas à être irréprochable d’un point de vue musical, mais arbore surtout un côté déglingué attachant. Tantôt punk, tantôt rock (pour ne pas dire aussi reggae et ska), Lefekiskou se paye un set énergique et surtout comique devant les festivaliers déjà sur le pied de guerre. Toujours en train de chatouiller le public, Lefekiskou a même réalisé une sortie à la Stupeflip : « vous en voulez une dernière ? Oui ? Allez on se casse ! » pour finalement faire sursauter une poignée de festivalières étourdies en montant brutalement le son des enceintes durant l’inter-scène. Simple, mais efficace !

La Caravane Passe… à toute allure

Il y avait les fans et les sceptiques. Sincèrement, il fallait jouer les têtus pour rester insensible à la performance de La Caravane Passe. Dire qu’à la même heure, la veille, on se demandait si l’ambiance allait bien finir par monter, il aura fallu moins de dix petites minutes pour que La Caravane Passe mette le feu aux poudres. Une introduction à la limite du dub pour un groupe qui, grossièrement, s’est vu coller une étiquette de rock manouche sur le front. C’est bien connu, les étiquettes sont des raccourcis stupides et très réducteurs, à vous de les décoller !

Une fois les œillères et autres préjugés mis de côté, imaginez-vous « salade, tomate, oignon, qu’est ce que tu mets dans ton kebab ? » en musiques gitanes. Second degré, humour, délires en tout genre, La Caravane Passe dépasse tous les stéréotypes inimaginables. Surnommée la « Mano Negra des Balkans », on s’imaginerait presque les Gypsy King en train de faire de l’électro : Like a Sextoy, en clin d’œil aux femmes, en a d’ailleurs fait sourire plus d’un…

Entre deux ou trois versions de balkan zouk comme sur l’épatant Zinzin Moreto, La Caravane pioche dans différents styles : musique tzigane, rock, ska, dub, électro… Difficilement contrôlable, Moustache On The Stage est poilant et cruellement jumpant avant que tout le Capra se mette à chanter à tue-tête le refrain de Bulibasha. Ayant cette incroyable faculté à faire danser quelque soit le rythme imprégné, La Caravane Passe et ses Balkanski Bal en aura fait voir des vertes et des pas mûres… Avec un tel oaï durant plus d’une heure, c’est Babylon Circus qui devait presque se demander si on ne lui avait pas voler la vedette : la copie rendue par La Caravane Passe a été ravageuse.

Babylon Circus enfonce le clou

La fête, la convivialité, le partage. Après La Caravane Passe, le show du Babylon Circus ne pouvait que se dérouler de cette façon. Esprit manouche, rock festif proche de la fanfare par moment, les neuf membres du Babylon Circus se sont chargés d’enfoncer le clou durant l’heure trente restante. Telle une grosse machine, les mille concerts déjà dans les jambes du Babylon en près de 17 ans d’existence n’ont pas du tout lassé Biloul, le chanteur au chapeau survolté de Babylon. Toujours aussi explosif et désireux d’en faire encore plus, ce fut aussi l’occasion de partager un nouveau grand moment de fête.

En guise de bagage, le Babylon Circus use sur les routes son petit dernier « La Belle Etoile », qui remonte déjà à 2009. La tournée, elle, est plus que rodée. Avec un show maîtrisé de bout en bout, Babylon n’a jamais craché sur l’ancienne époque. Un dernier opus frôlant la chanson française et la pop ne lui a pas fait oublier d’où il vient : « Au Marché des Illusions » ou « Dances of Resistance » sont loin d’être enterrés. Si beaucoup de tracks de « La Belle Etoile » ont été joués, les morceaux se sont intercalés de manière assez juste.

Si le début peut surprendre avec notamment Sur La Tête et ses notes aux synthés, les racines ont refait surface : très rapidement, De la Musique et du Bruit ou J’aurais Bien Voulu reviennent au galop. Dans les sonorités plus anciennes, Babylon Circus n’a pas oublié ce bon vieux Sista à la limite du raggamuffin et finit par se lâcher. Presque en continuité du concert précédent, La Caravane déclenche une nouvelle vague de pogos sur des « la caravane passe… la caravane passe, elle ne fait que passer et les chiens n’ont pas fini d’aboyer ! ». Terriblement revitalisant, le Capra s’est presque surpris d’être happé par cette onde positive dégagée sur scène. Et histoire de rester dans le dur, le Babylon en a profité pour présenter quelques nouveaux morceaux de son futur album, prévu pour la seconde moitié de 2012. Que l’on n’oublie pas que nous sommes tous des fils de manouche, une première pique a été lancée en vue des présidentielles de ce mois-ci.

Entre l’imagination d’un journal télévisé qui traiterait objectivement l’information et une cruelle révélation sur Le Fils Caché du Pape, Babylon Circus a aussi mûri à travers ses chansons. La complicité qu’il cultive avec son public n’est pas anodine, il a cette faculté particulière de faire la main mise sur ses concerts. Entre L’envol ou La Cigarette Après l’Amour, ses histoires sont racontées avec malice auquel le public peut s’y identifier… Un signe qui ne trompe pas.

Entre une invitation de mariage au soleil et l’occasion de se remémorer, en acoustique, les souvenirs du temps qui passe, inutile de préciser que Babylon Circus a encore décroché la cible…

Djemdi termine en beauté

Il est assez rare de le souligner, mais ce samedi soir (qui avait soulevé quelques doutes) s’avère être un carton plein. Dans l’effervescence provoquée par les deux précédents groupes, Djemdi n’a fait que perdurer la bonne humeur ambiante. Les Grenoblois de Djemdi ont tombé le masque pour s’emparer de didgeridoos, percussions, djembé avec une basse bien placée. Partis dans leur délire des couleurs, chaque compo portant le nom d’une couleur, Djemdi est allé marteler une dernière fois le parc des expos avec une trance entraînante. Là où le festival avait déjà expérimenté ce type de dernière partie, les méconnus de Djemdi se sont montrés aussi efficaces que les cadors français tels que Hilight Tribe de passage à la Meuh il y a 2 ans.

Partie à la chasse aux rythmes effrénés, la soirée ne pouvait se ponctuer que par un tonnerre d’applaudissements. Et se dire comme à chaque fin de festival : « à l’année prochaine ! ».

Galerie photo à venir… (crédits photo : Olivier Audouy)

En savoir +

Festival de la Meuh Folle, samedi 31 mars 2012 au parc des expositions d’Alès (Gard).

- Site du festival : http://www.meuhfolle.com/
- Site Babylon Circus : http://www.babyloncircus.com/blog/fr/
- Site La Caravane Passe : http://www.lacaravanepasse.com/
- Myspace Djembi : http://www.myspace.com/djemdi
- Myspace Lefekiskou : http://www.myspace.com/lefekiskou

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Festival de la Meuh Folle – Jour 1 : L’électronique prend le pouvoir
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: Etre thésard et mélomane, c'est possible. Enfin du moins pour l'instant ! Véritable électron libre dans le Sud de la France navigant entre Montpellier, Nîmes, Avignon et Marseille, je conserve cette passion à partager mes coups de cœur, mes trouvailles... et aussi mes coups de gueule. Pour ceux qui auraient envie d'en savoir un peu plus, vous pouvez toujours jeter un œil à mon site perso, Le Musicodrome (www.lemusicodrome.com).

1 commentaire

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  1. 1
    le Mardi 3 avril 2012
    Keke a écrit :

    Salut mon bon jeune !
    Si tu pouvais juste corriger le nom du groupe c’est DJEMDI et pas djemBi.
    Merci pour ton article !
    Bises
    Kéké

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