Festival de la Meuh Folle – Jour 1 : L’électronique prend le pouvoir | Capra | Alès (30.03.2012)

par |
9e édition pour le festival de la Meuh Folle d'Alès dans le Gard ce week-end. Au programme, deux soirées à thèmes : en ce vendredi soir, c'est l'électronique qui prend le pouvoir du Parc des Expositions.

Avec Le Peuple de l’Herbe, Tha Trickaz, One Noise et Arthis, les organisateurs ont tablé sur une valeur sûre : les lyonnais sont toujours aussi fédérateurs et le fameux seuil des 4000 festivaliers est toujours l’objectif à dépasser. Mais sachant que les vendredis de Meuh Folle ne se passent jamais comme prévu (Cf l’édition 2011), gare aux mauvaises surprises !

Sur le papier, la programmation était un peu moins fringante que l’édition précédente. Du moins pour le samedi soir. Pourtant, attention à ne pas attribuer trop d’importance aux a priori. La réussite d’une soirée tient souvent à peu, c’est un tout, un ensemble, une performance collective dont il est difficile de prévoir.

Tha Trickaz s’est battu avec ses armes

Pour ce qui est du vendredi soir, le Cercle des Étudiants de l’École des Mines d’Alès avait donc décidé de le placer sous le signe de l’électronique. Une démarche appréciable tant, jusque-là, peu de groupes de ce registre n’avaient eu carte blanche toute une soirée. Après une première partie locale pop-rock Arthis, le parc des expos passait donc sous le contrôle de Tha Trickaz. Avec les deux félins parisiens aux manettes (ceux que l’on surnomme Tha Vietnamists par leurs origines), la vague dubstep était ainsi annoncée sur le Capra dès 21 h. Malheureusement, c’était sans compter sur un public cruellement amorphe sur la première partie de set. Trop peu de monde (seulement quelques centaines de personnes au début du set de Tha Trickaz) et voilà que le groupe voyait sa tâche se compliquer. Les deux DJ’s ont essayé derrière leur masque d’enflammer leur show, progressivement, et à force de se battre avec leurs armes, ils y sont parvenus.

Véritable bric-à-brac électronique, platines, mpc, synthés analogiques et machines ont fini par prendre le dessus. Dubstep, électro, hip-hop, les deux DJ’s puisent dans leur armoire à son. En pleine bourre, les festivaliers ont eu droit à un inévitable remix de Skrillex pour rester dans l’actu, tandis que Dj Pho et Dj iRaize se démenaient pour balancer les bons samples. Avec de l’énergie à revendre, le groupe a repoussé les frontières obscures de l’électronique : du hip-hop à la drum’n'bass, l’incontournable Megaphone a rendu la basse vrombissante avec une instru surboostée pour le live. Les habitués se seront notamment régalés sur le track Tha Vietnamists, à coups de bons vieux scratchs et de sonorités indiennes. Indiennes, car Tha Trickaz n’a pas oublié ses racines et n’hésite pas à métisser ses shows… Cette dimension ne tardera pas à gagner en intensité sur l’effroyable Saïgon to Paris, aller simple dans le riche univers des deux matous !
Face à un public qui a enfin daigné se montrer à la hauteur de la qualité du groupe, Tha Trickaz répond de la meilleure des manières : en balançant leur remix de Miss Chang (Chinese Man), un des Dj’s finit par se dresser debout sur sa table de mixage puis slame dans la foule…Tha Trickaz est définitivement adopté !

Malgré cette heure et quart de haute volée, le show de Tha Trickaz laissera pourtant un goût amer : si les absents ont toujours tort, la faible affluence de première partie de set a irrémédiablement canalisé l’ambiance. À se demander si ce n’est pas une erreur de les avoir programmés si tôt dans la soirée…

Le Peuple de l’Herbe réveille le Capra

Têtes d’affiche de ce vendredi soir, les Lyonnais posaient pour la première fois leurs valises en terre alésienne. Après que la Meuh ait déjà fait venir auparavant High Tone et Kaly Live Dub, il semblait tout à fait cohérent que leurs voisins du Peuple de l’Herbe leur emboitent le pas.

Avec leur tout nouvel album sorti en ce début d’année (« A Matter of Time »), les Lyonnais n’ont guère tardé à enflammer la foule. Avec près de 1700 personnes amassées contre les barrières, Judge Not a été le premier à allumer la mèche. Il faut dire que les deux MC’s Sir Jean et JC 001 étaient relativement en forme. La fameuse patte du Peuple ne tarde pas à se faire ressentir : machines électroniques, flow tantôt ragga tantôt hip-hop, et la célèbre trompette de N’Zeng est bien sûr présente.

Pour faire monter la foule à température, les gros brûlots purement électroniques ont martelé le Capra : Dopebeats fut un régal par sa saturation et fit voler la fosse en mille morceaux… Le constat est identique sur The Fall où, noyés dans la fosse, quelques lycéens ont dû apprendre durement le BABA des pogos. Par temps de rage, même si nous n’avons pas eu droit à l’excellent track Parler le Fracas en featuring avec La Canaille, Le Peuple a parfaitement maîtrisé les différences de rythme : pour récupérer son souffle, rien de mieux que le titre éponyme de l’album « A Matter of Time », parlé, mais aussi marqué par une séquence de beatbox.

Entrecoupés de vieilles compos, c’est toujours avec bonheur de retrouver des tracks comme Traces, frénétiques à souhait comme si l’on partait à la recherche du temps perdu. Mais au rayon des flows dévastateurs, Le Peuple en détient une flopée : l’irrésistible Look Up !, grosse tambouille entre les différentes influences du groupe, a soulevé le Capra. Bien décidé à ne pas lever le pied, le quart d’heure de gloire n’était pas bien loin : Le Peuple est allé ressortir des tiroirs un incontournable qu’il avait arrêté de jouer, le fameux Herbman Skank qui l’a fait connaître il y a plus de 10 ans. Boosté, cuivré, revisité mais toujours aussi fracassant, une bonne dose ragga pour tous les rude boy qui ne l’attendaient plus. A la limite de la drum’n'bass, la puissance des MC’s au micro fut à couper le souffle… Et lorsque No Escape pointa le bout de son nez, il semblait bien que les aiguilles se soient arrêtées de tourner !

Inépuisable, Le Peuple s’est fait plaisir. Et cette communion avec le public n’allait pas se terminer ainsi… Après ce passage plus roots, les derniers coups de boutoir retentirent : History Goes, un des nombreux piliers de « Radio Blood Money » (2007), raisonna à travers ses beats industriels avant que Not a Test passe en mode digital ! Numbers, également issu du petit dernier, transforma une dernière fois le Capra en un immense dancefloor…

Le Peuple de l’Herbe a encore frappé, le parc des expos a succombé…

One Noise, la déception

Après un tel affront, on pouvait s’imaginer que la soirée allait pouvoir s’achever paisiblement… Il faut dire que la tâche ne s’annonçait pas de tout repos pour One Noise. Jeune groupe gardois, ce dernier avait comme mission de clôturer la soirée, mais surtout de maintenir l’intensité qui s’était propagée dans le Capra.

En programmant du dub après Tha Trickaz et Le Peuple de l’Herbe, le choix paraissait tout à fait logique et la majorité des ingrédients étaient réunis pour terminer la soirée comme il se doit. Trop fatigué ou tout simplement démotivé, le public n’a pas répondu très favorablement à l’appel du pied du duo gardois. Avec un set très linéaire, des morceaux parfois longuets, il a manqué ce petit brin de folie du côté de One Noise. Dommage…

Les trois coups ont donc été lancés avec cette soirée consacrée aux déclinaisons de l’électronique. Si l’affluence a été bien supérieure à celle du vendredi de l’année dernière (1 700 contre 1 300 personnes), il apparait dommage que celle-ci ait été fluctuante : peu de monde sur Tha Trickaz et une ambiance qui n’a atteint son pic que sur le Peuple de l’Herbe. Pourtant la qualité, elle, était bien au rendez-vous.

Galerie photo à venir… (crédits : Olivier Audouy)

En savoir +

Festival la Meuh Folle, vendredi 30 mars 2012 au parc des expositions d’Alès (Gard).

Site du festival : http://www.meuhfolle.com/
Myspace Tha Trickaz : http://www.myspace.com/thatrickaz
Site Peuple de l’Herbe : http://www.lepeupledelherbe.net/
Myspace One Noise : http://www.myspace.com/onenoisefactory
Myspace Arthis : http://www.myspace.com/arthismusique

Vous avez aimé cet article ? Partage le !

Image de
: Etre thésard et mélomane, c'est possible. Enfin du moins pour l'instant ! Véritable électron libre dans le Sud de la France navigant entre Montpellier, Nîmes, Avignon et Marseille, je conserve cette passion à partager mes coups de cœur, mes trouvailles... et aussi mes coups de gueule. Pour ceux qui auraient envie d'en savoir un peu plus, vous pouvez toujours jeter un œil à mon site perso, Le Musicodrome (www.lemusicodrome.com).

Aucun commentaire

Abonnez vous au Flus RSS des commentaires

Réagissez à cet article