Dans la série des Inaperçus

par Elodie|
"C’est maintenant que ça se passe". Dans la série des Inaperçus l’aura bien compris. Florilège bruyant de la scène indépendante, le festival attirait, du 5 au 9 février dernier, curieux amateurs et avertis à l’affût de nouvelles expériences sonores et visuelles.

archive3Dans l’ambiance chaleureuse et bobo typique de Glaz’art, situé Porte de la Villette, se dévoilent les nouveaux talents de la scène rock française. Venus de tous les coins de l’hexagone, les groupes se succèdent et dévoilent un panel créatif allant de l’expérimental à la fusion. Grâce à une programmation plutôt bien découpée, les soirées se succèdent sans se ressembler. Entre la pop rock dynamique du premier soir, le calme presque plat des deux soirs suivants et l’explosion du vendredi et du samedi soir, il résulte de ces 5 jours une impression de plénitude de sons.

L’exposition et les projections font partie intégrante du festival qui ne semble négliger aucun de nos sens. « Mes yeux sont les témoins de mes oreilles. » Difficile de contredire la photographe Natydread qui propose jusqu’au 2 mars au Glaz’art, un véritable arbre généalogique de musiciens. La scène surveillée par Iggy Pop et PJ Harvey, les artistes n’ont qu’à bien se tenir !

Démarrage en trombe du festival avec Cascadeur, offrant une entrée digne de Mohammed Ali, mégaphone en plus. Le gagnant du concours CQFD des Inrocks ne déçoit pas. Il dévoile ses compositions, dont le très lucide Song for the stars. Cascadeur semble vivre dans un monde à part. Un monde à lui, tel un enfant dans sa bulle, fidèle à lui même envers et contre tout. Chercheur de bruit, baignant dans un univers à la Toy Story dans lequel des jouets traficotés servent d’instruments, il utilise des samples pris en direct. Un peu à la manière de Dionysos quelques années auparavant Cascadeur a un bel avenir devant lui.

La soirée CQFD continuera avec les Koko Von Napoo qui nous embringuent dans des volutes, à la fois classieuses et déjantées. Désireux de rester accessibles à tous en gardant leur position underground, les Poster Moderne ont comme les autres, soif de réussite. Dans cette célébration de la nouveauté et de l’innovation, chacun se livre, sans concessions, en toute intégrité.

Comme le premier soir, le second commence lui aussi plutôt en retard, le public n’étant pas vraiment au rendez-vous pour une soirée chanson tout en douceur. Il faut dire que malgré une théâtralité à toute épreuve et des propos bien aiguisés, l’ambiance est loin de la folie de la veille. Les petits problèmes techniques en guise de chapeau, la soirée semble sombrer. Quand finalement, en noir et rouge, talons hauts, La Féline investit l’espace glacé. Le charisme de la belle brune n’en viendra pas à bout. Le public restera bras croisés devant ce trio aux instruments multiples, et il en sera de même pour les C++ qui leur succèderont.

archive1La soirée folk du jeudi redonnera du peps aux festivaliers avec Angil et son folk langoureux et mélodique, mais surtout avec les Da Brasilians et les Cornflakes Heroes qui bénéficient d’une notoriété toute récente.

On dit souvent que la première et la dernière impression sont les plus importantes. Pour la dernière du festival à Glaz’art avant de se déplacer au Divan du Monde avec le concert de Theo Hakola, la salle est enfin comble. Microfilm, Arnaud Michniak et Experience offrent un show aux influences hip-hop. Batterie martelante, émotions, support vidéo, expérimentation. Rien n’a manqué pour celui qui a l’esprit ouvert.

En bonus l’excellent rockumentaire La Route est longue aura été projeté aux spectateurs de la soirée du jeudi et du vendredi. Un documentaire inédit qui trace le portrait croisé de trois groupes dits intermédiaires : Kunamaka (carnaval core), Kafka (rock expérimental) et Géraud (rock). Un documentaire inédit qui pose de façon intelligente la question des indépendants en France.

Crédit photos: phiL B.

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3 commentaires

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  1. 1
    le Lundi 25 février 2008
    Anonyme a écrit :

    Bonjour,

    je me réjouis de lire enfin quelque chose de quelqu’un qui y était! Bon, je ne dirai pas que le public était glacé, mais certes la salle était passablement vide, ceci explique un peu cela… Bonne continuation à ce webzine visiblement soigné et vivant!

    Agnès

  2. 2
    Stedim
    le Lundi 25 février 2008
    Stedim a écrit :

    ALors, comme ça, le public n’était pas particulièrement au rdv ? J’imaginais que « Les Inaperçus » attiraient tout Paris ou presque (comme quoi, il faudrait que j’arrête de croire les discours promo) ! ;)

  3. 3
    Philippe Barbosa
    le Jeudi 28 février 2008
    phiL a écrit :

    Il semble que le premier soir (ou j’ai été absent) ai rameuté du beau monde, une salle pleine à craquer, aux dires d’Elodie ! Ensuite, c’était plus calme, et le concert de Theo Hakola au Divan était plutôt bien rempli ;)

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