Festival Ardèche Aluna – Jour 1 et 2 : le choc des cultures ! | Ruoms (13+14.06.2013)

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Cette année, l'Ardèche Aluna Festival s'est mis en tête de brasser les cultures, les générations, les styles et les goûts. Après les quelques 37 000 personnes en 4 soirs de concerts, 2013 retrouve sa formule traditionnelle avec trois soirées (jeudi, vendredi et samedi). Trois soirées bien distinctes avec un public très différent, c'est pourtant une succession de têtes d'affiches qui a sévit sur la grande scène du Sunelia. Pour ce premier grand week-end estival de l'année, tout était réuni pour passer un grand moment.

Le retour du soleil, des températures au-delà de 30°C, l’été, enfin, est bien là. Nous commencions à trouver le temps long ! Pour cette 6e édition du festival Aluna, le site a été revu : ayant pris en considération le gros problème des accès souligné l’année dernière, la configuration a été améliorée. Chose particulièrement rassurante, le nombre d’issues de secours a également été repris. L’année dernière, la jauge max atteinte sur Manu Chao (plus de 20 000 personnes) rendait le lieu étouffant. De ce constat, le site s’est offert une petite extension sur sa partie haute afin de rendre, par la même occasion, la petite scène plus en vue. Bien pensé ! Au-delà de la réorganisation totale du village presse bien plus accessible, les améliorations furent rapidement visibles.

Jeudi 13 Juin – Jour 1 : l’Aluna hausse le ton !

En cette première soirée de festival, on ne peut pas dire que les foules se soient déplacées. Les 5 000 personnes feraient presque vides face à l’immensité du lieu, mais jeudi soir oblige ! Peu importe, ce soir, ça va dépoter ! Cette soirée commence dès 17h, et il fallait franchement être déjà sur place pour, déjà, savourer. C’était un de nos artistes coup de coeur de cette édition, Harold Martinez, qui ouvrait le bal se chargeant de donner le ton. Les nîmois ont une nouvelle fois réussi leur tour de force : même avec un seul album (« Birdmum »), l’univers du groupe s’affirme. Un rock noir, léché de guitares tendant vers la folk ou le blues, où les festivaliers se voient bercer par les influences de 16 Horsepower. C’est incisif, poignant, un rock comme nous n’avons plus l’habitude d’en voir… Des rythmes  »hey hey » tapageurs de Faith Healer aux envolées acoustiques de Quicksand Boy, chaque mélodie est bien pesée, d’une justesse sans faille. Un dernier tour d’honneur avec la planante Birdmum, on a sincèrement envie de s’échapper avec eux !

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La seconde séquence découverte de la soirée fut toute aussi intéressante… Sans transition, l’équipage de La Mine de Rien a endossé une autre facette de cette soirée qui s’annonçait colorée ! Avec un répertoire très festif et poétique, on a semblé retrouver les influences des Têtes Raides dans la voix du chanteur, assez grave, mais aussi musicalement. Cuivres, guitare, accordéon pour un rock finalement rythmé et festif, La Mine de Rien s’est offert une petite session appréciée par le public présent, La Tête Allant Vers.

De l’autre côté, pas le temps de gamberger : les Fatals Picards, sur la grande scène, étaient déjà en place. Moins de 5 minutes pour dévaler la pente et prendre place parmi un public qui n’était pas forcément connaisseur. Tambours battant, pied au plancher, les Fatals Picards avaient 50 minutes montre en main pour mettre un joyeux bordel. Déjà vu le week-end précédent aux Rocktambules de Rousson (30), les Fatals Picards ont donc coupé à tout va dans leur set pour rentrer dans les créneaux. Exit quelques classiques (Dors Mon Fils, L’Amour à la Française, Moi Je Vis Chez Amélie Poulain, Seul et Célibataire, Mon Père Était Tellement de Gauche…) pour se concentrer vers l’essentiel : de l’énergie. Des incontournables Bernard Lavilliers ou encore Djembé Man, les Fatals Picards se sont une nouvelle fois fendus la poire. Contre le nucléaire… et le gaz de schiste, nous avons eu droit à un explosif Touriste à Fukushima ou un détonant Pogo d’Amour. Assumant son côté punk refoulé (Punkachien), les profs en ont pris pour leur grade (La Sécurité de l’Emploi) en gardant leur Combat Ordinaire. Entre un hilarant Le Retour à la Terre et leur fameux morceau hommage Noir(s), il y a beaucoup d’énergie rock’n'roll absurde dans leur set. Une victoire acquise d’avance !

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Après cette première débauche, la mécanique des fluides finit par s’exprimer. Ceux qui étaient en bas remontent, et vice-versa. Pour Saez, changement de décor. Le public bien plus jeune finit par prendre place aux premiers rangs, qui, visiblement, est toujours sous le charme de sa vedette. Qualifiant le show d’assez linéaire, Saez aura pourtant fait du… Saez. Appuyé par son groupe, imprégnant le rythme avec des guitares bien présentes, Saez est resté dans son registre. Noir, pas très emballé par la vie et toujours défenseur de son J’accuse, la recette a fonctionné.

Requinqué par ce petit moment de répit, la première grosse tête d’affiche de la soirée nous aura démontré que sa capacité à transformer les foules est énorme. Skip The Use, martelé par son propre chanteur Matt Bastard, a littéralement retourné l’Aluna. Grosses guitares, grosse machine en soutien pour un rock teinté d’influences disco et électro, Skip The Use a mis le feu. Des cocktails diaboliques sans scrupule (People in The ShadowPIL, Bastard Song) ont répondu des morceaux repris en masse : Ghost, le hit du groupe, a succédé à leur fameuse reprise dont les fans se délectent (Song 2 de Blur). Toujours aussi dansant (Cup of Coffee, Give Me Your Life), l’arsenal de Skip The Use a frappé là où ça faisait mal. De quoi lessiver tout un public qui se montre encore plus impatient connaissant la suite…

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Et cette suite est suédoise, elle se nomme The Hives. En mode garage, punk et rock, The Hives fut vraiment le chouchou de cette soirée rock’n'roll. Avec un décor finalement simple mais qui en jetait, leur dégaine est toujours aussi déjantée. The Hives a en tous cas parfaitement rempli les attentes du public. Brutalement efficace, un Come On!, nous referait plonger en pleine gloire de la scène punk du début des années 90. Incisif à souhait, cette bombe sale n’a fait qu’appeler du pied les suivantes (You Got It All…Wrong, Walk Idiot Walk, My Time is Coming)… De l’explosivité, de la prestance et une débauche d’énergie incomparable dans la soirée, un finish de feu sur l’inévitable Tick Tick Boom, la déflagration n’a épargné personne !

Presque à bout de souffle de ce nouveau show, les plus vaillants ne lâcheront pas l’affaire pour autant… car cette année, les fins de soirées sont également de haute volée. Etienne de Crécy s’appropria les lieux à sa manière, installant ses célèbres cubes pour remettre à l’ordre du soir son show beat’n'cubes. Avec son immense structure qui s’est allumée en fonction des mix du DJ, nous connaissions déjà cette tournée, mais l’effet est toujours bien là : la scène est aussi impressionnante et épatante. Elle lui a obéi au doigt et à l’oeil !

Vendredi 14 Juin – Jour 2 : -M- en grand patron 

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A peine remis de cette première soirée en pleine semaine, le vendredi pointe déjà son nez. Boulot, trajet, fatigue, nous arrivons plus tardivement sur les lieux qui ont déjà pu profiter de deux séquences découvertes d’une quarantaine de minutes, en l’occurrence Olivia Dorato etGribz. C’est toujours aussi délicat de rallier le festival si tôt en semaine, nous arrivons sur les derniers instants des BB Brunes. De quoi profiter pleinement du concert des Lilly Wood & The Prick.

Déjà vus à Rock en Seine lors de leur dernier passage (tournée de leur premier album), Lilly Wood arrive avec son second bébé sous les bras. Avec une chanteuse visiblement contente d’être là, il aura toutefois manqué un p’tit quelque chose pour éviter que la mayonnaise prenne… Avec déjà plus de 10 000 festivaliers répartis sur l’ensemble du site, elle a réussi à capter leur attention sans apporter ce grain de folie espéré. L’intense transpiration aura prouvé que la chanteuse s’est franchement laissée aller à son jeu de scène. Pourtant, malgré quelques parades électriques, les nouveaux morceaux ont sincèrement peiné. On appréciait le premier album rempli de pop, folk et de soupçons electro dansants, le second a, par contre, manqué de saveur. Peu de différences avec la galette studio finalement, il aura fallu attendre les hits pour voir un public devenir réactif (Hey It’s OK, Down the Drain…). Dommage.

Un gros quart d’heure plus tard, on sent que les fans purs et durs venus pour -M- et ils commencent à s’activer. Pourtant, il y a encore un groupe qui doit passer sur la grande scène, à savoir Olivia Ruiz. La donne change complètement : ce sont près de 16 000 personnes qui répondent à l’appel. Résolument en forme, Olivia Ruiz a d’abord surpris tout le monde en débutant un set avec des claviers très marqués. Avec un univers musical riche où la pâte deMathias Malzieu (Dionysos) se fait toujours sentir, le bateau à voile d’Olivia Ruiz a gravi les courants sans gène. Rock, pop, chanson française, influences latines, le show a été bien plus rythmé que Lilly Wood. Des classiques Météores et Crêpes aux Champignons, le public attendait les tubes tels que J’Traine des Pieds ou encore La Femme Chocolat. Nul doute, Elle Panique, Belle à en Crever, Olivia Ruiz s’est dévoilée progressivement au fur et à mesure de son set. Le public a apprécié.

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Mais la seule et unique tête d’affiche de la soirée se nommait -M-. C’était lui que le public voulait. Voir enfin, pour de nombreuses personnes, ce que Matthieu Chedid avait dans le ventre. Le site est quasi-comble lorsque les lumières s’éteignent et la scène, mobile, permet de faire avancer ce trio vraiment atypique. Si le dernier album a été quelque peu décrié par la presse, cette dernière avait souligné, aussi, que les tracks seraient taillés pour le live… Cela s’est vérifié ! Elle est murmurée avant de se laisser embarquer par les guitares et ses « toi qui m’entends ! » La Grosse Bombe, acérée, finit par exploser ! Sans parler du Mojo, hit que toutes les radios passent en boucle depuis des mois… Alternant les époques et les albums, -M-n’a pas vraiment eu le temps de faire de longs solos de guitares que nous attendions tout particulièrement, mais il a jonglé en matière d’intensité. Très franc, il n’a pas fuit les bains de foule et n’a pas hésité à inviter des gosses (Nostalgic du Cool) sur scène avec qui il s’est vraiment amusé. Généreux, il a ressorti quelques bons hits des débuts comme le très dansantMachistador ou le très énervé Le Complexe du Corn Flakes. Partant dans des délires reggae, disco ou encore electro avec une guitare équipée d’un clavier, nous avons même eu droit à une petite reprise des Daft Punk.

Déçu dans la première demie-heure de la mise en scène qui paraissait un peu trop carrée, il a fallu attendre le Mojo pour voir vraiment le show scénique des grosses prod’ d’Universal. Un  »M »de lumière et de spots étaient fixés au plafond, descendant, pivotant en faisant des jeux de lumières franchement boostant. Alternant des lunettes miroirs qui renvoyaient les projecteurs ou tout simplement illuminées, tout est monté en puissance. A remettant à l’ordre du jour leGimmick, coup de coeur sur Je Dis Aime en hommage à sa grand mère sous une pluie d’étoiles, avant qu’un Mama Sam bien plus rock que l’origine ne retentisse…

-M- a carburé et a emporté le public. Dommage que quelques classiques se soient perdus en chemin, mais il faut dire qu’il a eu à peine 1h20 de show… Honnête et joueur, -M- a conqui les coeurs !

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Breakbot, DJ de fin de soirée, lui, n’a pu que constater les dégâts… Il ne reste plus grand monde sur la grande scène qui, une fois -M- parti, semblait bien vide. Un set teinté de funk et d’influences disco à dominance electro, Breakbot nous a encore dévoilé sa grande bouche qui lui sert de platines… Du déjà vu, mais ça a fait bouger !

Et de 2 pour l’Aluna ! Après un premier soir très poussif en terme d’affluence, ce vendredi soir a battu son plein. Bien moins intense que la veille d’un point de vue musical, il y en avait cependant pour tous les goûts.

Crédits photos : Photolive30

 

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A propos de l'auteur

Image de : Etre thésard et mélomane, c'est possible. Enfin du moins pour l'instant ! Véritable électron libre dans le Sud de la France navigant entre Montpellier, Nîmes, Avignon et Marseille, je conserve cette passion à partager mes coups de cœur, mes trouvailles... et aussi mes coups de gueule. Pour ceux qui auraient envie d'en savoir un peu plus, vous pouvez toujours jeter un œil à mon site perso, Le Musicodrome (www.lemusicodrome.com).

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