Festival Aluna – Jour 1 : Rock en stock avec Shaka Ponk, Izia et Lou Reed

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L’Aluna Festival de Ruoms change de dimension : 4 soirs, 22 groupes, 50 000 personnes attendues… Et pour ce premier soir, Shaka Ponk, Izia, Lou Reed, Julian Perretta, The Elderberries et La Bestiole vont se succéder sur les planches de la grande scène de l’Aluna.

Voilà, les quatre coups ont retentis. 5e édition pour le festival Aluna qui aura connu une ascension fulgurante pour devenir un des plus gros évènements musical de l’été dans le Grand Sud. Après deux premières éditions discrètes, les choses se sont rapidement décantées : Alpha Blondy, Massilia Sound System, Renan Luce, Carmen Maria Vega, Gaëtan Roussel sont venus pour la troisième ; Yannick Noah, M, Louis Chedid, Joe Cocker, Louis Bertignac pour ne citer qu’eux à la quatrième… et les dès furent jetés. Cette année, l’Aluna frappe encore plus fort : c’est toute la crème française du milieu rock qui va succéder sur les planches de Ruoms. En attirant des pointures internationales et en ajoutant même un soir spécial consacré à la venue de Johnny Hallyday, l’Aluna a décidé de côtoyer les sommets.

Tandis que près de 50 000 personnes sont attendues en 4 jours, ce premier soir compte déjà 12 000 festivaliers dans les starting block. Chose appréciable, les spectateurs se sont mobilisés très tôt dans la soirée puisque le duo d’ouverture, La Bestiole, pouvait déjà profiter dès 17h de la bonne humeur de ce premier soir. Une chaleur estivale, des sourires sur les visages et une envie certaine de faire la fête, la soirée ne s’annonce pas de tout repos.

The Elderberries, rock’n’roll attitude

Si les premières parties ne sont pas forcément de hautes volées, il est certain qu’il ne fallait pas être en retard à l’Aluna pour, d’entrée, apprécier de la bonne musique. Loin des pointures nationales et internationales qui vont se succéder durant quatre jours, le show d’une heure des Elderberries n’a pas laissé insensible un public qui commençait à investir les lieux.

Le groupe, composé de trois anglais et d’un français, a surtout rapidement pris la tangente : si l’on s’attendait à entendre un punk/rock plutôt lisse, The Elderberries fut une agréable découverte ! Loin des mélodies de bas étage ou de sonorités entendues et ré-entendues, The Elderberries a proposé un son pur, du rock regorgeant d’influences des Queens Of The Stone Age, Foo Fighters ou encore de Led Zeppelin. Un manque d’innovation me direz-vous ? Pas nécessairement : en rechargeant les batteries avec un son made in 70’s, The Elderberries a fait suer Ruoms. Des riffs bien lourds, du bon vieux heavy rock saignant à point, le dernier album éponyme sorti au printemps dernier a pu faire rugir l’Aluna ! Mention spéciale à Thermostat 7, véritable bombe hard rock ou le célèbre track Hellphone qui sonne très AC/DC ! Nul doute qu’une programmation plus tardive dans la soirée aurait été encore plus corrosive…

Julian Perretta, de près ou de loin

La programmation de Julian Perretta est surprenante : du moins elle semble contraster avec la belle brochette de groupes présents sur les quatre soirs. Surtout par son impact médiatique qui n’a de cesse gonflé depuis la sortie de son unique album, « Stitch Me Up », à la fin de l’année 2010. A 23 ans, il attire déjà toutes les minettes qui s’empressent de s’amasser devant les barrières pour être au plus près de leur idole.

Attentif, de loin, au show du jeune britannique, Julian Perretta aura donc disposé d’une heure pour convaincre un public par forcément acquis à sa cause. S’il a très bien su investir les planches de l’Aluna, l’artiste a avant tout cherché à donner un coup de polish à ses chansons. Musicalement assez proche de la pop moderne, Julian Perretta n’a pas lésiné sur ses hits qui l’ont fait révéler : on se laisse facilement entraîner sur le très réussi Wonder Why, on l’est beaucoup moins sur une reprise beaucoup trop dénaturée de If I Ever Feel Better de Phoenix.

Les habitués auront eu le plaisir de se délecter des morceaux phare de l’opus tels que Ride My Star, Stitch Me Up et ses envolées aux synthés ou encore Let Me Love You. Si les sessions acoustiques sont à souligner, le public fut coupé en deux : les adeptes d’un côté… et les sceptiques de l’autre.

Lou Reed, comme un souffle


The Cranberries étaient particulièrement attendus du côté de l’Aluna avant que l’annonce ne retentisse comme un coup de tonnerre : à moins d’un mois du festival, il faut trouver un remplaçant de taille… et vite. Mais c’était sans compter sur les jokers que l’organisation gardait au chaud, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle disposait de nombreux atouts !

Second coup de tonnerre, c’est le célèbre Lou Reed, ex-membre du groupe The Velvet Underground formé dans les années 60, qui assure le show. Il est certain que l’on ne touche pas forcément le public qui se serait déplacé pour les Cranberries mais l’Aluna peut être fier d’avoir programmé un grand monsieur du rock international ce soir.

Même s’il y a toujours des indifférents, des festivaliers qui ne se laissent pas bercer par la chaleur du septuagénaire new-yorkais, que voulez-vous, le conflit des générations ne fait pas tout le temps bon ménage… Pourtant, bon nombre de festivaliers n’ont montré aucune résistance à entrer dans la danse. Entre les novices attentifs à forger leur culture rock et les amateurs de la vieille époque qui retrouvent leur jouvence, Lou Reed a parfaitement tenu son rang d’un point de vue musical… mais a, comme souvent, été assez avare en terme de communication.

Toujours adepte de ses compos « parlées-chantées » et composées très rarement en dessous des 5 minutes, les différentes tendances du chanteur n’ont guère tardé à se dessiner : le blues rock de I’m Waiting For The Man, les influences garage de I’m So Free, Vicious ou de White Light White Heat auront eu le don de réveiller une foule très attentive et spectatrice.

Enfin, Lou Reed n’a pas été victime de ses sauts d’humeurs comme lors du festival des Vieilles Charrues l’année dernière : le public a eu droit à cette célèbre ballade sombre du côté de Berlin, le glauque Heroin, et surtout, pour faire chavirer les cœurs, Walk On The Wild Side. Ce track indémodable a pu suspendre une vague de souvenirs au-dessus de l’Aluna, Lou Reed vient d’arrêter le temps…

Izia, de la maturité à l’exaltation

Après le carton du premier album éponyme en 2010 et ses Victoires de la Musique engrangées, le talent de la fille de Jacques Higelin n’est plus à prouver. La peste du rock’n’roll français endossait ainsi le costume de la gamine agitée et comptait bien changer de ton par rapport aux perf’ précédentes.

Avec un second album sous les bras bien plus abouti (« So Much Trouble ») sorti l’année dernière, Izia a su gagner en cohérence et en assurance. Toujours aussi souriante, toujours aussi foldingue, son show est tout à son image : une patate d’enfer pas forcément canalisée, mais une capacité à dynamiter les foules inchangée ! A la limite de la transe sur I Can Dance, le combo guitare/batterie est d’une redoutable efficacité (The Light, Top Of The World).

Bien décidée à présenter ses nouvelles compos, Izia tombe le masque à plusieurs reprises : on ne peut que rester méduser devant la force des mélodies de Twenty Times A Day (qui lança un nouveau slogan, la révolution du téton !) ou la justesse du chant sur Sugar Cane, remis à l’ordre du jour.

La féline que l’on connaissait n’est pourtant jamais bien loin : sur Baby,  la chanteuse, à la fois sauvage et sensuelle, manque de peu de faire disjoncter l’Aluna : très sex, cette dernière aura rugi durant de longues minutes.

Si elle est tout à fait consciente que le public l’attend aussi sur ses compos endiablées, Izia ne compte pas défier la chronique : les brûlots sont là, prêts à exploser. Le punk/rock surgit : Lola, Back in Town et, bien sûr, Let Me Alone lancent la charge. Un petit The Train pour la route, et Izia a fait le boulot. Avec un sourire aux lèvres toujours aussi plaisant et une facette imprévisible, Izia aurait fait une nouvelle fois une performance remarquée. On s’y attendait.

Shaka Ponk en mode rouleau compresseur

Après Lou Reed et Izia, le choix de programmer Shaka Ponk en clôture de soirée est sans détour : retourner l’Aluna et finir en un feu d’artifice rock, pop, électro. Les gardois, nombreux en terre ardéchoise, attendaient avec impatience que les enfants terribles du Shaka Ponk repassent dans les environs. Gravée dans les mémoires, la première partie de The Offspring assurée aux Arènes de Nîmes l’été dernier a laissé des traces. Les traits, encore tirés, en disent long sur la puissance du groupe.

Ceux qui avaient frappé fort en 2006 en signant la bande sonore de la publicité d’une célèbre boisson orange étaient attendus de pied ferme. Face à un public visiblement connaisseur mais aussi sérieusement rajeuni grâce à la dernière galette « The Geeks and The Jerkin’ Socks » (2011), Shaka Ponk n’a fait qu’une bouchée de l’Aluna.

1h30 de son, une intensité qui n’est plus à prouver, une mise en scène toujours aussi carrée, Shaka Ponk a réutilisé ses traditionnels ingrédients à succès. Une ouverture en fanfare annonce la couleur : les tendances plus électro/pop du dernier opus se font ressentir, mais des tracks tels que Let’s Bang ou I’m Picky conservent tous leurs attraits grâce à des lignes de basses bien pesées et synthés bien dosés.

Le nouveau tube My Name Is Stain, gardé pour le rappel, n’a pas été oublié. Shaka Ponk peut commencer à retrouver ses vraies valeurs : dans un immense fracas, Shiza Radio lance le début des hostilités : en alternant l’espagnol et l’anglais, la furie s’empare de l’Aluna sous des variantes électro/punk avant que le rythme ne bascule sur les grandes embardées des albums précédents… Plus saturé, plus puissant, How We Kill Stars se pare d’une dorure plus rock qu’à l’accoutumée.

A coups de riffs, Shaka Ponk retrouve la virulence qu’on lui connaissait sur des morceaux plus sombres et plus lourds tel que Te Gusta Me.

Jamais avide de parade aux synthés, le groupe se devait bien de faire souffler une dernière fois l’Aluna : en ressortant des placards des compos plus propices à la récupération,  Reset After All redonne du pep’s avant que Prima Scene ou le tant attendu Hell’O relance la machine.

Là où le public a pu apprécier sans ménagement un show autant visuel que sonore, les Shaka Ponk ont été largement à la hauteur des espérances : avec une patate d’enfer et plus d’une heure de débauche, le groupe pouvait lancer son incontournable French Touch Puta Madre en guise de point final.

Crédits photos : Olivier Audouy

Ardèche Aluna Festival, vendredi 22 juin 2012, Ruoms.

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A propos de l'auteur

Image de : Etre thésard et mélomane, c'est possible. Enfin du moins pour l'instant ! Véritable électron libre dans le Sud de la France navigant entre Montpellier, Nîmes, Avignon et Marseille, je conserve cette passion à partager mes coups de cœur, mes trouvailles... et aussi mes coups de gueule. Pour ceux qui auraient envie d'en savoir un peu plus, vous pouvez toujours jeter un œil à mon site perso, Le Musicodrome (www.lemusicodrome.com).

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