Féloche : un son pas si déglingué

par Elodie|
Féloche émerge de la scène rock française. Nouvelle révélation 2010 ? L’album, « La vie cajun » est sorti le 26 janvier, chez Ya Basta!/Naïve. Le groupe donnait un concert le 27 janvier à la Boule Noire, à Paris. Ils sont trois, quatre sur scène avec le violoniste. Ambiance contrebasse, mandoline, trompette, samples et accordéon. Chronique d’un groupe qui change.

Les notes aiguës de la mandoline se répandent dans la salle comme des créatures espiègles. Cordes pincées, Féloche a de quoi se faire remarquer. La musique intrigue, grâce à ses nombreuses influences piochées un peu partout. Ce qui est revendiqué emprunte à la musique traditionnelle de Louisiane. La musique cajun, comme le souligne le titre évocateur de l’album, « La vie cajun ». Pour jouer à fond cette carte acadienne, le groupe avait même fait venir un groupe des environs de Bâton Rouge pour mettre ses spectateurs dans l’ambiance en première partie. On retrouve ensuite Féloche, composé des instruments typiques de la musique cajun. Christophe Malherbe s’empare de la contrebasse alors que Félix, le chanteur, gratte sur sa mandoline ces notes aiguës presque drôles. Prendredes sonoritées oubliées, les intégrer à petite dose à ses compositions, tel un antidote à la morosité ambiante de la scène française, Féloche semble avoir débusqué un bon filon. Mais le groupe ne se contente pas de ça. Il joue de cette musique piquée aux Américains en la mélangeant à son propre répertoire.

Quand le punk ukrainien, la transe et l’humour font bon ménage

Sur « Et toi », l’ex-membre du groupe de punk ukrainien (Vopli Vidopliassova) qu’est Félix se dévoile. Rythme accéléré, coups d’archet acérés et interjections évoquant l’est : « Nasdarovia ! ». Le trio ravi sur scène dans ce style affirmé. Pourtant, Féloche ne s’y cantonne pas et enveloppe ses sonorités empruntées des deux continents d’une aura semi-mystique. Car Féloche ne retire de la musique vaudou que la transe.

Sur « Dr John », alors que le début sonne comme une chanson de Dionysos, les musiciens partent dans une transe. Une transe agréable et légère, teintée d’humour. Sans complexe, ils nous emportent avec eux. Affublés de masques d’animaux, ils dansent tout en jouant et en déambulant nonchalamment. « C’est un showman !», s’exclame une jeune femme venue assister au concert. Et pour cause, le spectacle en est bel et bien un. Léa Bulle, la troisième membre du groupe, constitue à elle seule, une performance. Elle alterne les instruments, passant de l’accordéon à la trompette en balançant de temps à autre quelques samples. Elle utilise sa voix comme un instrument à part entière. Cet aspect expérimental n’empêche pas à Féloche d’être léger, frais et drôle. Se lâcher sans se prendre au sérieux tel pourrait être l’enseignement à retirer de ce concert.

À la manière anglaise

Chez Féloche, impossible de déceler un sens aux paroles. Alors sur « Laisse aller », le constat est fatal : seuls les Beatles, ou les Britanniques pouvaient se permettre de sortir un texte pareil avec  » Let it be « . Heureusement, l’assemblage de sonorités offre un potentiel dépaysant suffisant pour qu’on oublie les textes, sans compter sur la théâtralité d’un ex-chanteur de punk ukrainien, ce qui ne manque pas de style.

Partager !

Aucun commentaire

Abonnez vous au Flus RSS des commentaires

Réagissez à cet article