Feed

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Si vous ne souffrez pas d’épilepsie, de troubles cardiaques ou d’asthme, alors vous pouvez entrer dans l’expérience Feed.

feed-2En effet, avant de pénétrer dans la salle de l’installation de Kurt Hentschläger, il faut signer une décharge ôtant toute responsabilité aux organisateurs. Loin de me décourager, la consigne n’a fait qu’exciter ma curiosité et j’étais prête à vivre l’expérience sensorielle unique promise par le descriptif de l’installation.

Artiste autrichien installé aux Etats Unis, Kurt Hentschläger s’intéresse depuis plusieurs années aux perceptions humaines et au développement envahissant des nouvelles technologies au travers d’installations audiovisuelles présentées dans le monde entier. En 2004, il crée nature04 pour Lille, alors capitale européenne de la culture, une performance lumineuse étonnante. Feed a été créée pour la Biennale de Venise de 2005, et a été présentée dans plusieurs pays depuis, avant de s’arrêter à Québec à l’occasion de la neuvième édition du festival d’arts multidisciplinaires et électroniques, le Mois Multi .

Dans cette nouvelle création, c’est l’auditoire qui est au coeur de la dynamique, tout en étant complétement soumis aux effets créés par l’artiste et donc aux technologies utilisées.

Les spectateurs sont assis dans une salle, face à un écran. L’installation se compose de deux phases : dans la première, des corps androgynes en 3D flottent sur l’écran comme en apesanteur, leurs mouvements et leurs vibrations synchronisés créant une trame sonore étrange.

Puis un épais brouillard, produit par des fumigènes du type de ceux utilisés en salles de concert, remplit l’espace et isole chaque spectateur qui ne peut même plus voir son voisin. L’ écran de fumée formé, un clignotement stroboscopique commence, remplissant le champ de vision de formes et de mouvements jusqu’à la perte de tout repère spatial. Une fois passée l’étape d’adaptation, l’expérience est totalement psychédélique et on peut commencer à se nourrir de stimulations visuelles. Les couleurs et les formes évoluent en des mouvements et des clignotements intéressants, poussant le cortex dans ses retranchements.

A la fin du spectacle et après avoir dû retrouver son sens de l’orientation pour sortir de la salle enfumée, on s’étonne de voir qu’une heure s’est déjà écoulée. Le temps passe vite quand on voyage dans l’espace.

En savoir +

Photos et extraits vidéo : http://www.hentschlager.info/portfolio/feed/feed.html

Site du mois multi : [http://www.moismulti.org/
->http://www.moismulti.org/]

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